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Conférence de presse du 23 juin 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/06/23

Q : Hier, l'Union européenne a publié un nouveau document sur sa politique à l'égard de la Chine intitulé « Éléments pour une nouvelle stratégie de l'UE à l'égard de la Chine ». Nous avons noté que le dernier document de l'UE sur sa politique à l'égard de la Chine date de 2006. Comment voyez-vous ce nouveau document publié dix ans après le dernier ?

R : Nous avons noté que l'UE avait publié hier un nouveau document sur sa politique à l'égard de la Chine. La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne Federica Mogherini a fait savoir que ce nouveau document avait pour objectif d'approfondir davantage les relations de l'UE avec la Chine, d'exploiter le potentiel de la coopération sino-européenne dans les domaines économique, commercial, diplomatique, sécuritaire et des affaires internationales, et d'orienter le développement des relations UE-Chine dans les cinq prochaines années.

En dix ans, la Chine, l'UE et notre monde ont beaucoup changé, et les relations Chine-UE ont progressé considérablement. La coopération pragmatique dans tous les domaines entre la Chine et l'Europe ne cesse de s'élargir. Leur communication et leur coordination dans les affaires internationales se sont intensifiées. Le partenariat stratégique global sino-européen ne cesse de gagner en maturité, en stabilité et en profondeur. Surtout, en 2014, lors de sa visite au siège de l'UE, le Président Xi Jinping a avancé l'idée de construire un partenariat sino-européen pour la paix, la croissance, la réforme et la civilisation, et l'année dernière, lors du 17e Sommet Chine-UE, les deux parties ont décidé de créer des synergies entre les stratégies de développement chinoise et européenne. Tout cela a permis de fixer les orientations à suivre pour le développement futur des relations sino-européennes.

La Chine envisage et développe depuis toujours ses relations avec l'UE avec une vision de long terme et stratégique. Elle entend continuer à œuvrer, sur la base des principes du respect mutuel, de l'égalité, du bénéfice réciproque et du gagnant-gagnant, au développement régulier, sain et durable des relations Chine-UE.

Q : L'UE dit dans ce document que la Chine n'a pas encore laissé le marché jouer un rôle décisif dans certains secteurs économiques importants et que l'UE est en train d'évaluer la question de l'obligation découlant de l'article 15 du Protocole d'accession de la Chine à l'OMC. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Aux termes des dispositions de l'article 15 du Protocole d'accession de la Chine à l'OMC, les membres de l'OMC doivent mettre fin, d'ici le 11 décembre 2016, à la méthode du pays analogue dans les enquêtes antidumping visant les produits chinois. Voilà une obligation internationale à remplir par tous les membres de l'OMC, indépendamment des normes nationales. Nous nous opposons fermement à ce qu'un pays, quel qu'il soit, refuse de s'acquitter de cette obligation sous un prétexte quelconque et nous rejetons le protectionnisme commercial. Il s'agit ici d'une question non seulement juridique, mais aussi et surtout politique et de crédibilité. Nous espérons que l'UE, membre important de l'OMC et acteur majeur militant pour l'état de droit au niveau international et le système commercial multilatéral, pourra remplir scrupuleusement ses obligations découlant des accords de l'OMC, mettre fin effectivement et dans le délai prévu à la méthode du pays analogue dans les enquêtes antidumping visant les produits chinois, et montrer une image responsable sur la scène internationale.

Q : Aujourd'hui, le Président indonésien a visité les îles Natuna. La visite est interprétée par certains médias comme une réaffirmation de la souveraineté de l'Indonésie sur les îles Natuna et un déni de l'enchevêtrement des revendications de droits et intérêts maritimes de la Chine et de l'Indonésie dans certaines zones de la Mer de Chine méridionale. Comment y réagissez-vous ?

R : Nous avons déclaré à plusieurs reprises que la Chine et l'Indonésie n'ont pas de différends de souveraineté territoriale. L'Indonésie a la souveraineté sur les îles Natuna. La Chine n'a pas d'objection à cet égard. Mais il existe entre les deux pays le problème d'enchevêtrement des revendications de droits et intérêts maritimes, c'est aussi une réalité. Nous espérons que l'Indonésie pourra travailler dans le même sens que nous, regarder objectivement les divergences concernées et régler adéquatement les litiges de pêche, afin de préserver l'intérêt général des relations bilatérales ainsi que la paix et la stabilité dans la région.

Q : Le Président Xi Jinping et le Premier Ministre Narendra Modi auront une entrevue en marge du Sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Comment appréciez-vous l'état actuel des relations entre la Chine et l'Inde ? Quelle portée aura cette entrevue pour les relations sino-indiennes ? Si la réunion plénière annuelle du Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN), tenue cette semaine à Séoul, n'approuve pas l'adhésion de l'Inde, y aura-t-il un impact négatif sur les relations sino-indiennes ? Pourquoi le 8e dialogue économique et financier sino-indien initialement prévu pour ce lundi a-t-il été reporté ?

R : Concernant votre première question, la Chine et l'Inde sont toutes les deux grands pays émergents en rapide développement et de plus en plus influents dans la région et dans le monde. Elles sont deux forces importantes militant pour la préservation de la paix et de la stabilité mondiales. Ces dernières années, les relations sino-indiennes ont maintenu une bonne dynamique avec un développement sain et régulier. Lors de la visite en Inde du Président Xi Jinping et de la visite en Chine du Premier Ministre Narendra Modi, les deux pays se sont engagés à approfondir sur tous les plans leur coopération et à œuvrer à un partenariat plus étroit pour le développement.

Il y a quelques semaines, le Président indien Pranab Mukherjee a effectué une visite d'État couronnée de succès en Chine. Le Président Xi Jinping rencontrera aujourd'hui le Premier Ministre Narendra Modi en marge du Sommet de l'OCS à Tachkent. Je suis sûre que cette rencontre permettra de maintenir la dynamique des échanges de haut niveau, de consolider les consensus stratégiques, de renforcer la confiance stratégique mutuelle entre les deux pays et d'éclairer encore davantage le développement des relations sino-indiennes.

Concernant votre deuxième question, nous avons présenté à plusieurs reprises la position de la Chine sur ce sujet très suivi ces derniers temps par les journalistes indiens. En ce qui concerne l'admission de nouveaux membres, les membres du GFN doivent mener d'amples discussions conformément aux règles du GFN et prendre la décision selon le principe du consensus. Je ne pense pas que ce soit un sujet bilatéral.

Concernant votre troisième question, je ne dispose pas d'informations sur le dialogue économique et financier sino-indien. Je vous répondrai après m'informer auprès du Ministère des Finances.

Q : Ce matin, la Directrice générale adjointe du Département des Affaires des États-Unis du Ministère des Affaires étrangères de la RPDC Choe Son Hui a tenu une conférence de presse à l'Ambassade de RPDC en Chine après avoir participé au Dialogue sur la coopération en Asie du Nord-Est. Selon elle, la RPDC ne s'intéresse pas à la reprise des Pourparlers à six et tant que la menace sécuritaire venant des États-Unis perdure, la RPDC continue à renforcer ses capacités nucléaires. Comment réagissez-vous aux propos de Mme Choe Son Hui ?

R : Toutes les parties ont le droit de s'exprimer sur ce sujet. Quant à la Chine, ses positions sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne et les Pourparlers à six sont constantes et claires. Comme le représentant spécial Wu Dawei l'a dit hier au Dialogue sur la coopération en Asie du Nord-Est, la question nucléaire de la Péninsule coréenne est complexe et compliquée et les différents problèmes sont imbriqués les uns dans les autres. Le règlement de cette question passe par une solution globale qui s'attaque à la fois aux manifestations et au fond des problèmes. Nous préconisons que les différentes parties doivent renoncer à la mentalité de la guerre froide et poursuivre fermement leurs efforts pour la dénucléarisation de la Péninsule coréenne, la préservation de la paix et de la stabilité dans la Péninsule et le règlement de la question à travers le dialogue et les consultations.

S'agissant des Pourparlers à six, nous avons toujours souligné le rôle important des Pourparlers à six dans la préservation de la paix et de la stabilité dans la Péninsule et dans le processus de dénucléarisation de la Péninsule. La question nucléaire de la Péninsule coréenne est complexe et compliquée. Les parties doivent rechercher, par le dialogue, une solution fondamentale répondant aux préoccupations des uns et des autres et permettant de réaliser la paix et la stabilité durables dans la Péninsule. Nous espérons voir toutes les parties travailler en commun, adopter une attitude constructive et prendre des mesures concrètes pour créer les conditions favorables à la reprise rapide des Pourparlers à six.

Q : Hier, un officiel du Département d'État américain a mis en doute les chiffres avancés par la partie chinoise concernant le nombre de pays qui soutiennent la position chinoise sur la question de la Mer de Chine méridionale, disant que la Chine aurait exagéré les chiffres. D'après un média américain, seulement huit pays soutiennent la position chinoise, contre quelque 60 pays selon l'Agence Chine Nouvelle, CCTV et d'autres médias officiels chinois. Alors quelle est la réalité ?

R : Je vois que vous tenez beaucoup aux chiffres comme certains médias américains. Vous avez toujours été ponctuel à la conférence de presse, sauf ces derniers jours. Vous avez donc raté la conversation intéressante entre moi et le journaliste de Wall Street Journal.

Il m'a posé une question sur le chiffre et je lui ai répondu que je ne savais pas d'où venait le chiffre « huit ». Pourtant c'est une question mathématique très simple. Comment peut-on se tromper là-dessus si on a fait des enquêtes et des études sérieuses.

J'ai noté que des médias y compris Phoenix News avaient fait sérieusement le comptage. En dressant un inventaire incomplet des pays soutenant la position chinoise comme ce qui a été rapporté par les médias, ils ont obtenu le chiffre 47. Et c'est encore incomplet, puisqu'il y a des soutiens qui n'ont pas été rapportés par les médias. Récemment, la République du Congo, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe, Sri Lanka, le Mouvement de Libération nationale palestinienne ainsi que le Parti du peuple cambodgien, parti au pouvoir au Cambodge, ont exprimé sous diverses formes leur soutien à la position chinoise sur la question de la Mer de Chine méridionale. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Je voudrais aussi souligner que les chiffres ne sont pas ce qui est le plus important. Le plus important, c'est que sur la question de la Mer de Chine méridionale, tout pays, toute organisation ou tout individu sans préjugé soutiendra sans aucune hésitation la position juste de la Chine tant qu'il connaît l'historique de la question et le fond du soi-disant arbitrage.

Comme vous vous accrochez tellement aux chiffres, suivez la situation sur la toile. Vous y trouverez tous les reportages sur les soutiens à la position chinoise. Par contre, je ne suis pas en mesure de vous donner un chiffre précis, puisque qu'il évolue sans cesse et que tous les jours plus d'individus et de pays soutiennent la position chinoise.

Je voudrais encore ajouter quelques mots. Un journaliste américain m'a dit que certains pays appelaient la Chine à respecter la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) et la procédure d'arbitrage. Il me semble nécessaire d'éclaircir une question essentielle que beaucoup ignorent : respecter la CNUDM ne veut pas dire respecter et accepter la prétendue procédure d'arbitrage unilatéralement initiée par les Philippines. En tant qu'État partie à la CNUDM, la Chine a toujours respecté, défendu et appliqué toutes les dispositions de la CNUDM y compris celles sur la procédure arbitrale. Mais je tiens à souligner que les dispositions de la CNUDM sont un ensemble indivisible et que respecter la CNUDM, c'est notamment interpréter et appliquer les dispositions de la CNUDM de bonne foi et de manière globale et intégrale, en rejetant l'opportunisme et le deux poids deux mesures.

Par ailleurs, j'ai une suggestion à vous faire. L'autre jour, un journaliste américain a dit qu'il n'arrivait pas à trouver les informations sur certaines prises de position chinoises et sur les soutiens extérieurs à la position chinoise. D'où la question que je me pose : avez-vous couvert de manière intégrale et complète les informations que nous avons présentées et les positions que nous avons exposées lors des conférences de presse ? Si vos reportages sont plus équitables concernant la Chine et que vous faites davantage entendre la voix de la Chine au reste du monde, vous aiderez la communauté internationale à avoir une perception précise, globale et objective des faits et des positions des uns et des autres. J'invite donc la presse occidentale à faire tout son possible pour transmettre la voix juste de la Chine. Et je vous en remercie d'avance.

Q : Selon des sources d'information, le Président philippin élu Rodrigo Duterte a fait savoir que la Chine était prête à aider les Philippines dans un projet ferroviaire, et le Ministre philippin des Transports et des Communications nouvellement nommé aurait effectué une visite en Chine. Pourriez-vous confirmer ces informations ? Le nouveau président prendra ses fonctions le 30 juin. Le Président Xi Jinping lui adressera-t-il un message de félicitations ou enverra-t-il un envoyé spécial à la cérémonie d'investiture ?

R : Je n'ai pas d'informations à vous fournir sur vos questions précises.

Le 30 mai dernier, le Président Xi Jinping a envoyé un message à M. Rodrigo Duterte pour le féliciter de son élection à la présidence de la République des Philippines. Une relation amicale, stable et saine entre la Chine et les Philippines correspond aux intérêts fondamentaux des deux pays et des deux peuples. Poursuivre et approfondir le bon voisinage et la coopération mutuellement avantageuse entre la Chine et les Philippines sont dans leur intérêt. Nous sommes prêts à travailler avec le nouveau gouvernement philippin dans ce sens.

Q : Aujourd'hui, les Britanniques commencent à voter sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Est-ce que la Chine ne veut pas voir le Brexit ?

R : Nous suivons de près le référendum britannique sur l'appartenance à l'UE et respecterons la décision du peuple britannique. La Chine soutient depuis toujours l'intégration européenne et souhaite voir une UE unie, prospère et stable qui joue un rôle important dans les affaires internationales. Elle attache une grande importance à ses relations avec le Royaume-Uni et entend poursuivre la coopération mutuellement avantageuse avec le Royaume-Uni dans tous les domaines.

Q : L'Ambassadeur de Russie en Chine Andrey Denisov a dit lors d'une interview que les tensions croissantes en Mer de Chine méridionale sont liées à l'intervention des pays hors région. Plus tôt, la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a fait savoir que la Russie était persuadée que l'implication des parties tierces ne ferait qu'aggraver les tensions dans la région. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Nous apprécions les déclarations de la partie russe qui présentent de manière objective et impartiale la situation en Mer de Chine méridionale et qui mettent en évidence l'essentiel de la question. Ces déclarations représentent la voix juste de la communauté internationale.

Depuis un certain temps, quelques pays hors région se sont immiscés dans les affaires liées à la Mer de Chine méridionale, semant la discorde entre les pays de la région, créant des tensions et encourageant la « militarisation » de la région. Nous exhortons les pays concernés à respecter réellement les efforts des pays de la région pour préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale et à jouer un rôle constructif dans ce sens.

Q : Le Président russe Vladimir Poutine effectuera une visite d'État en Chine le 25 juin. Quel message souhaitez-vous faire passer au monde à travers la rencontre entre le Président Xi Jinping et le Président Vladimir Poutine ?

R : Nous serons heureux d'accueillir le Président Vladimir Poutine en visite d'État en Chine le 25 juin prochain. Le Président Xi Jinping s'entretiendra avec lui. Le Premier Ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l'APN Zhang Dejiang le rencontreront également. Comme nous l'avons déjà présenté, les deux Chefs d'État signeront et publieront plusieurs documents politiques importants et assisteront ensemble à la signature d'une série de documents de coopération entre les départements et entreprises chinois et russes.

Nous souhaitons que la visite du Président Vladimir Poutine permette de consolider encore davantage la confiance politique et stratégique mutuelle de haut niveau existant entre la Chine et la Russie, de promouvoir et d'approfondir la coopération pragmatique sino-russe dans tous les domaines et de donner une nouvelle impulsion à l'approfondissement du partenariat de coordination stratégique globale. Cette visite sera riche en résultats et je vous invite à la suivre de près.

Q : Hier, la RPDC a tiré des missiles balistiques de moyenne et longue portée. Et selon le pays, les tirs ont été un succès. Quels sont vos commentaires sur ces tirs ? Et pensez-vous qu'ils étaient réussis ?

R : Concernant la question des missiles balistiques de la RPDC, les dispositions des résolutions du Conseil de Sécurité sont claires. La situation actuelle dans la Péninsule coréenne est complexe et sensible. Nous exhortons toutes les parties concernées à s'abstenir d'actes susceptibles d'attiser les tensions et à travailler ensemble pour préserver la paix et la stabilité dans la région.



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