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Conférence de presse du 1er avril 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2020/04/01

Hier, la Chine et l'ASEAN ont tenu la deuxième vidéoconférence sur le COVID-19 pour partager leurs expériences et approfondir leur coopération. En tant que proches voisins, la Chine et les pays de l'ASEAN s'entraident depuis le début du COVID-19. Le 20 février, des experts cliniques de la Chine et des 10 pays de l'ASEAN avaient organisé la première visioconférence pour échanger leurs expériences en matière de contrôle de l'épidémie. Hier, une deuxième visioconférence a été tenue sous l'égide du Ministère chinois des Affaires étrangères et de la Commission nationale de la Santé, avec la coordination du Secrétariat de l'ASEAN, réunissant plus de 80 délégués, dont des diplomates, des responsables de la santé et des experts médicaux de Chine et des 10 pays de l'ASEAN, ainsi que des représentants du Secrétariat de l'ASEAN. Les experts des deux parties ont procédé à des discussions approfondies, pendant plus de trois heures, sur les méthodes de test, la recherche des cas d'infection, les mesures de prévention et de contrôle, le traitement clinique et les cas asymptomatiques. La conférence a donné de bons résultats. Les deux parties estiment que cela aidera les pays de la région à déployer des efforts concertés et à renforcer la coopération Chine-ASEAN dans la lutte contre la pandémie.

CCTV : Le Ministère des Affaires étrangères a annoncé hier que le gouvernement envisageait la question du retour en Chine des étudiants chinois à l'étranger. Quelles mesures spécifiques seront prises ensuite ?

Hua Chunying : Le Comité central du PCC attache toujours une grande importance aux étudiants chinois à l'étranger, dont il se soucie profondément. Après l'apparition du COVID-19 dans de nombreux endroits à travers le monde et conformément aux décisions du Comité central du PCC, le Ministère des Affaires étrangères a demandé à tous les ambassades et consulats accrédités à l'étranger de prendre des mesures globales et de tout faire pour transmettre les soins et la sollicitude du Parti et du gouvernement à chaque étudiant chinois à l'étranger. Récemment, la Chine a spécialement organisé des liaisons aériennes temporaires pour transporter de manière ordonnée les personnes confrontées à des situations particulièrement difficiles en Iran et en Italie. Dernièrement, en raison de la propagation de la pandémie, le nombre de vols internationaux de passagers a été fortement réduit et certains étudiants chinois séjournant à l'étranger rencontrent des difficultés sur le chemin du retour en Chine. Une fois informés de tels problèmes, les ambassades et consulats chinois en Éthiopie, au Cambodge et dans d'autres pays sont immédiatement passés à l'action et ont tout mis en œuvre, en insistant de toute urgence auprès des pays d'accueil, de façon coordonnée avec les départements concernés chinois, pour trouver une solution judicieuse au problème, dans le but d'aider les étudiants chinois à l'étranger à rentrer sains et saufs dans la mère patrie.

Compte tenu de la situation actuelle au Royaume-Uni et des difficultés rencontrées par les étudiants chinois dans ce pays, notre Ministère se coordonne activement avec l'Administration de l'aviation civile de Chine (CAAC) et d'autres départements pour rapatrier les étudiants dans le besoin par un vol supplémentaire demain, le 2 avril.

China National Radio : Récemment, la revue Science a publié une étude effectuée de concert par des chercheurs américains, anglais et chinois. L'un des auteurs, un chercheur d'Oxford, a déclaré que, sans l'interdiction de voyage à Wuhan et sans l'état d'urgence en Chine, décrétés par le gouvernement chinois, il y aurait eu plus de 700 000 cas confirmés de COVID-19, hormis Wuhan, au 19 février. Selon cette étude, les mesures de contrôle prises en Chine ont réussi à rompre la chaîne de transmission du virus et à empêcher le contact entre les sources de l'infection et les personnes vulnérables, et à faire gagner un temps précieux aux autres villes. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Les conclusions de l'étude en question sont conformes à l'opinion de l'OMS et au consensus des dirigeants et experts de nombreux pays. Comme le monde entier l'a vu, le gouvernement chinois a pris dans les meilleurs délais les mesures de prévention et de contrôle les plus complètes, les plus strictes et les plus rigoureuses, qui se sont montrées très efficaces. Nos efforts ont permis de gagner un temps précieux pour la lutte mondiale contre la pandémie. Comme des experts de l'OMS l'ont dit, la Chine a pris les mesures de prévention et de contrôle les plus courageuses, les plus souples et les plus actives, qui ont permis de changer le processus dangereux de propagation rapide du virus et d'empêcher des dizaines de milliers d'infections dans le pays. Nous entendons poursuivre la coopération internationale dans la lutte contre la pandémie et partager nos expériences avec d'autres pays pour vaincre le virus le plus tôt possible, et protéger au maximum la sécurité sanitaire régionale et mondiale.

Beijing Youth Daily : Le masque KN95 est un produit alternatif chinois au masque N95, mais la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis refuse d'autoriser son entrée dans le pays. Pouvez-vous confirmer cela ? Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J'ai lu des reportages à ce sujet, mais je ne suis pas au courant de la situation précise. Je vous le dis franchement, si l'authenticité du reportage est confirmée, je ne comprends vraiment pas pourquoi la partie américaine a pris cette décision.

Dans les circonstances actuelles, tous les pays ont un besoin urgent de masques, la Chine fait aussi face à une demande énorme. Les entreprises chinoises concernées travaillent jour et nuit en faisant des heures supplémentaires pour fabriquer autant que possible des matériels qui répondent aux demandes d'autres pays dans le cadre de leur lutte contre la pandémie.

Il est vrai que les différents pays et régions du monde appliquent des normes différentes en matière de certification de ces produits de prévention et de contrôle de l'épidémie. Mais je ne pense pas que cela constitue un obstacle à la coopération dans ce domaine.

Global Times : The Grayzone, un site d'informations indépendant américain, a publié un rapport d'enquête selon lequel des médias occidentaux ont récemment avancé l'hypothèse que le soi-disant « travail forcé » des Ouïghours dans la Région autonome du Xinjiang avait en fait été initié par une organisation australienne de droite financée par le gouvernement américain, l'OTAN et plusieurs fabricants d'armes. Les documents cités ont été repris dans des blogs de fanatiques religieux. Le site web a également révélé que les affirmations sans cesse répétées par des médias occidentaux selon lesquelles la Chine détenait un million de personnes dans des « camps de concentration » dans le Xinjiang étaient fabriquées à partir d'interviews de quelques « experts ». Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons également noté les reportages publiés sur le site web The Grayzone que vous avez mentionné. Ce que vous venez de citer en dit assez. Il est vrai qu'un nombre infime d'individus dans le monde sont engagés dans des relations sournoises avec des intentions sinistres. Tous ceux qui ont le sens de la justice et du bon sens devraient voir les faits tels qu'ils sont et rejeter conjointement ces fausses informations.

AFP : Le Roi cambodgien Norodom Sihamoni est arrivé à Beijing aujourd'hui pour un examen médical. Est-ce lié au COVID-19 ?

Hua Chunying : Comme vous le savez, la famille royale cambodgienne entretient une amitié traditionnelle très profonde avec la Chine. Elle vient en Chine régulièrement pour des visites médicales ou du repos. Je n'ai entendu parler d'aucun lien entre la visite de Sa Majesté le Roi Norodom Sihamoni en Chine et le COVID-19.

The Paper : Lors de son interview accordée au Straits Times et au Nikkei Asian Review le 30 mars, le Secrétaire d'État américain Pompeo a de nouveau accusé la Chine de répandre de fausses informations, affirmant que la décision de la Chine de forcer des médias occidentaux à quitter le pays réduirait la capacité de tous à savoir ce qui se passe là-bas. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons lu le reportage concerné. Je dois dire que ces propos de Pompeo sont dans son style habituel de « mensonge » et de « tricherie », mais ils sont totalement incompatibles avec ce que le Président Trump a dit lors de son entretien téléphonique avec le Président Xi Jinping vendredi dernier. Ici, je tiens juste à clarifier deux points.

Premièrement, concernant « la décision de la Chine de forcer des médias occidentaux à quitter le pays réduirait la capacité de tous à connaître ce qui se passe là-bas », M. Pompeo devrait dire honnêtement au monde entier que le Département d'État américain a refusé sans raison un visa à 29 journalistes chinois, y compris neuf correspondants chinois, pendant les deux dernières années, et a demandé à 60 journalistes chinois de quitter les États-Unis sous 10 jours à compter du 2 mars. Quelle est la véritable intention de la partie américaine derrière cela ? Se peut-il qu'elle ait prévu que la situation épidémique aux États-Unis en arriverait là ? Se peut-il qu'elle ne veuille pas que le monde connaisse la situation réelle aux États-Unis ?

L'absence de quelques journalistes américains n'empêchera pas la communauté internationale de savoir ce qui se passe en Chine, car le gouvernement chinois a toujours été ouvert, transparent et responsable, puisqu'il publie tous les jours les statistiques relatives à l'épidémie, ce qui est unanimement salué par tous dans le monde, sauf par M. Pompeo et quelques politiciens américains. Par ailleurs, il y a encore plus de 500 correspondants étrangers en poste en Chine. Le monde n'aura aucune difficulté à connaître la véritable situation en Chine.

Deuxièmement, tout en déployant des efforts considérables pour améliorer et stabiliser la situation en Chine, le PCC, le gouvernement et le peuple chinois soutiennent et aident activement d'autres pays dans le besoin à minimiser les conséquences de la pandémie sur l'économie et la santé des populations. Nous n'avons pas besoin de mentir et de tricher pour obtenir quoi que ce soit. Tout ce que nous voulons, c'est protéger la vie et la santé des 1,4 milliard de Chinois et faire de notre mieux pour aider d'autres pays dans leur lutte contre la pandémie.

Shenzhen TV : Le Secrétaire d'État américain Pompeo a déclaré lors d'une conférence de presse le 31 mars que les contributions américaines à la lutte mondiale contre le COVID-19 étaient bien plus importantes que celles de la Chine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J'ai remarqué des reportages concernés. Le Secrétaire d'État Pompeo a compté les contributions américaines à la communauté internationale depuis 1948. C'est vraiment drôle. Je suis curieuse de savoir combien d'assistance les États-Unis ont vraiment fourni à d'autres pays ces dernières années. Les États-Unis sont la plus grande économie du monde et le pays développé avec la plus forte puissance globale dans le monde. S'ils peuvent apporter une aide plus grande aux pays en développement, la Chine s'en félicitera bien sûr, et plus il y en aura, mieux cela vaudra. C'est la responsabilité et l'obligation que les États-Unis devraient assumer en tant que le plus grand pays développé du monde, et c'est aussi un engagement que les pays développés devraient respecter envers les pays en développement.

La Chine, le plus grand pays en développement, a toujours fourni de l'aide à d'autres pays en développement, assortie d'aucune condition politique, dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Tout en combattant le COVID-19 dans le pays, nous aidons les autres pays dans le besoin dans la mesure de nos capacités. Nous agissons ainsi pour des raisons humanitaires, et pour récompenser de retour le soutien que ces pays nous ont apporté. Nous faisons tout notre possible pour cela, nous n'avons aucune intention de rivaliser avec quelque pays que ce soit.

Reuters : Première question, Taiwan a fait don de 10 millions de masques aux États-Unis et à d'autres pays. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Deuxième question, certains supermarchés, gymnases, bars, hôtels et spas en Chine refusent de servir les étrangers sous le prétexte de la pandémie. Certains disent qu'il s'agit de représailles vis-à-vis de la diabolisation de ressortissants chinois à l'étranger. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Concernant votre première question, je me rappelle qu'au tout début de l'épidémie dans la partie continentale de la Chine, les autorités de Taiwan ont publié un communiqué sur l'interdiction des exportations de masques. Maintenant, comme nous pouvons le voir, la situation aux États-Unis est très grave, et des provinces, des villes et des entreprises chinoises mettent tout en œuvre pour fournir une assistance à la population américaine. Je pense que nous sommes heureux de voir la région de Taiwan apporter de l'aide si elle le peut et si elle le veut. Mais si des individus à Taiwan cherchent à politiser la pandémie, je leur conseillerai de bien réfléchir avant d'agir.

Quant à votre deuxième question, je n'ai rien entendu de tel. Comme vous le savez, lorsque le COVID-19 s'est déclenché en Chine tout au début, un nombre infime de politiciens américains et occidentaux ont diabolisé et stigmatisé la Chine dans leurs remarques, causant des traitements injustes et discriminatoires contre des Chinois et des Asiatiques séjournant à l'étranger. « Il ne faut pas imposer à autrui ce que vous ne voulez pas que l'on vous fasse », dit un vieil adage chinois. C'est pourquoi nous nous opposons fermement à tout comportement discriminatoire, spécifiquement à l'encontre de toute communauté étrangère, et nous ne l'autorisons pas non plus.

Vous avez dit que des gymnases et des spas ont refusé de servir les étrangers. Je ne crois pas que de tels lieux publics soient encore ouverts à ce moment particulier de la pandémie. Nous souhaitons la bienvenue aux amis étrangers qui vivent en Chine, et espérons qu'ils pourront ressentir la gentillesse, l'enthousiasme et la générosité du peuple chinois. Mais en cette période extraordinaire, des réglementations ont été mises en place en Chine aux niveaux gouvernemental et communautaire pour assurer la sécurité et la santé de la population. Nous espérons que les ressortissants étrangers séjournant en Chine pourront comprendre, soutenir et respecter les réglementations concernées. C'est à la fois pour leur propre santé et sécurité et pour la sécurité du public.

Press Trust of India : Première question, l'Inde et la Chine prévoient d'organiser d'importantes activités pour célébrer le 70e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques à partir d'aujourd'hui. Mais vu la situation épidémique à laquelle font face les deux pays, comment la Chine envisage-t-elle de mettre en application le programme de célébration prévu pour toute l'année ? Deuxième question, l'Inde projette de faire provision d'une grande quantité de matériels médicaux pour faire face à l'épidémie de COVID-19, en particulier des respirateurs. La Chine fournira-t-elle une assistance correspondante à l'Inde ?

Hua Chunying : Tout d'abord, je veux vous exprimer mes félicitations. Aujourd'hui marque en effet le 70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l'Inde. Les dirigeants des deux parties ont échangé des messages de félicitations.

Lors de leur rencontre informelle à Chennai, le Président Xi Jinping et le Premier Ministre Modi ont convenu d'organiser 70 activités de célébration pour marquer le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, ce qui permettra de renforcer les échanges et la coopération bilatéraux et de souligner les liens historiques entre les deux anciennes civilisations. Ces activités approfondiront les échanges bilatéraux dans les domaines législatif, commercial, universitaire, culturel, de la jeunesse et de la défense. Les Ministères chinois et indien des Affaires étrangères ont publié, le 22 octobre 2019, les programmes détaillés des activités prévues. Les activités commémoratives se déroulent de manière ordonnée. En raison du COVID-19, certains échanges pourront être affectés, mais ils prendront une impulsion plus forte après la fin de la pandémie. Nous espérons que les deux pays conjugueront leurs efforts et saisiront l'occasion offerte par la célébration du 70e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques pour porter les relations bilatérales à un nouveau palier.

S'agissant de votre deuxième question, nous savons que le peuple indien se bat contre le COVID-19 sous la direction du Premier Ministre Modi. Nous entendons partager nos expériences avec l'Inde et l'aider dans la mesure de nos capacités.

Quant aux respirateurs dont vous parlez, le monde en a un besoin considérable. La Chine fait face à la pression du rebond à l'intérieur du pays et nous avons également une forte demande de respirateurs. Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, les entreprises chinoises concernées tournent à plein régime jour et nuit pour fabriquer des respirateurs et d'autres matériels médicaux, afin de répondre aux demandes nationales et de fournir davantage de matériels médicaux à d'autres pays, y compris l'Inde. La production d'un respirateur de plus pourrait sauver une vie de plus.

Nous savons dans le même temps qu'un respirateur est composé d'un millier de pièces. Les principaux fournisseurs de pièces se trouvent en Chine et à l'étranger, certains en Europe. Ce n'est donc pas facile d'augmenter la production à grande échelle compte tenu de l'étendue de la pandémie. Il est également impossible de répondre immédiatement à toutes les demandes.

Par conséquent, nous espérons que tous les pays travailleront ensemble pour garantir l'ouverture, la stabilité et la sécurité de la chaîne d'approvisionnement mondiale. En un mot, nous sommes prêts à continuer d'apporter du soutien et de l'aide à l'Inde dans la mesure de nos capacités. Ce que nous sommes en mesure de faire, nous le ferons certainement.



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