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Conférence de presse du 21 août 2020 tenue par le Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2020/08/21

Le Premier ministre du Conseil des Affaires d'Etat Li Keqiang participera le 24 août à la troisième réunion des dirigeants de la Coopération Lancang-Mékong (LMC). La réunion sera coprésidée par le Premier ministre Li et le Premier ministre du Laos Thongloun Sisoulith, dont le pays assume la coprésidence de la LMC. Le Premier Ministre du Cambodge Hun Sen, le Président du Myanmar U Win Myint, le Premier Ministre de Thaïlande Prayut Chan-o-cha et le Premier Ministre du Vietnam Nguyen Xuan Phuc y participeront. La réunion se tiendra par liaison vidéo.

La Chine et le Vietnam organiseront un événement à la frontière sino-vietnamienne le 23 août pour célébrer le 20e anniversaire de la délimitation de la frontière sino-vietnamienne sur terre ainsi que le 10e anniversaire de la pose de bornes pour délimiter la frontière. Le Conseiller d'Etat et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi et le Vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères du Vietnam Pham Binh Minh assisteront à l'événement.

CCTV : Vous avez annoncé que le Premier ministre Li Keqiang participera à la troisième réunion des dirigeants de la Coopération Lancang-Mékong. Comment la Chine apprécie-t-elle la coopération Lancang-Mékong actuelle et qu'attend la Chine de cette réunion ?

Zhao Lijian : La Chine et les pays riverains du Mékong sont de bons voisins, partenaires et frères. La coopération Lancang-Mékong (LMC) est un nouveau type de mécanisme de coopération sous-régionale initié et mis en place par six pays selon le principe dit de « concertation, synergie et partage ». Depuis son lancement il y a plus de quatre ans, ce mécanisme a réalisé des progrès rapides avec un renforcement croissant des institutions, un élargissement constant des domaines de coopération et en donnant une plus grande impulsion à la croissance, ce qui a apporté des avantages tangibles aux peuples des six pays. Depuis la survenue du Covid-19, les six pays se sont entraidés, ont endigué efficacement la propagation du virus et ont contribué à la lutte contre le Covid-19 en Asie de l'Est, voire dans le monde. Tout en surmontant les impacts de la pandémie, nous poursuivons notre coopération pragmatique pour contribuer à la reprise des activités dans nos pays respectifs et à la reprise économique dans la région.

Cette réunion aurait dû avoir lieu au début de cette année à Vientiane, au Laos, mais elle avait été reportée en raison de la pandémie. Toutes les parties estimaient qu'il était nécessaire de tenir cette réunion de manière flexible dès que possible, afin de fournir des orientations stratégiques à la LMC dans les nouvelles circonstances. La Chine attache une grande importance à cette réunion. Le Premier ministre Li et les dirigeants des autres pays examineront les résultats et l'expérience de la coopération, et élaboreront un plan global pour la coopération future, en particulier dans des domaines clés tels que les ressources en eau, l'interconnexion et la santé publique. Ceci contribuera au bien-être des populations des pays riverains et à la paix, la stabilité et la prospérité régionales.

Global Times : Le 20 août, le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a soumis une lettre au Président du Conseil de sécurité des Nations unies pour ce mois-ci afin de demander le déclenchement du mécanisme de snapback comme le prévoit la résolution 2231. Il a affirmé que le Conseil de sécurité allait rétablir toutes les sanctions de l'ONU contre l'Iran dans 30 jours. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La Chine a pris note de la lettre envoyée par les Etats-Unis. La Mission permanente de la Chine auprès des Nations unies a déjà exposé la position de la Chine. Comme nous l'avons souligné à maintes reprises, le retrait unilatéral des Etats-Unis du JCPOA signifie la renonciation à leurs droits en tant que participant à l'accord, et ils ne sont pas en mesure d'exiger la mise en place du mécanisme de snapback. Par conséquent, les participants au JCPOA et l'écrasante majorité des membres du Conseil de sécurité estiment que la demande américaine n'a pas de base juridique et que le mécanisme de snapback n'a pas été activé. Autant que je sache, les participants concernés, dont la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Iran, ont envoyé des lettres au Président du Conseil de sécurité. Les Ministres des Affaires étrangères britannique, français et allemand ont également publié une déclaration pour exprimer leur opposition à la décision américaine.

La demande américaine de rétablir les sanctions des Nations unies contre l'Iran n'est rien d'autre qu'une manipulation politique égoïste. Les Etats-Unis ont renié leurs engagements, se sont retirés des organisations et des traités internationaux, ont porté atteinte au multilatéralisme et à l'autorité du Conseil de sécurité et ont sapé le régime international de non-prolifération. Leur pratique consistant à faire pression en faveur d'une résolution ou à envoyer une lettre au Conseil de sécurité ne peut justifier les comportements susmentionnés. Le 14 août, un projet de résolution parrainé par les Etats-Unis pour prolonger l'embargo sur les ventes d'armes à l'Iran a été soumis au vote du Conseil de sécurité. 13 membres ont voté contre et un seul membre a voté pour, laissant les Etats-Unis isolés comme jamais auparavant. Cela démontre pleinement que la position unilatérale des Etats-Unis va à l'encontre du large consensus de la communauté internationale et que leur tentative de saboter le JCPOA ne réussira jamais. Nous exhortons les Etats-Unis à cesser de s'engager dans la mauvaise voie, sinon ils ne rencontreront que davantage d'opposition.

Il faut un dialogue sur un pied d'égalité et des consultations sincères plutôt que des sanctions, des pressions voire des menaces militaires, pour résoudre la question du nucléaire iranien. Afin de préserver le JCPOA et l'autorité du Conseil de sécurité, de maintenir le régime international de non-prolifération et de sauvegarder la paix et la stabilité régionales, la Chine est prête à travailler avec d'autres parties pour trouver une solution appropriée et faire avancer le règlement politique et diplomatique de la question du nucléaire iranien.

TASS : Selon le site d'information américain Axios, l'envoyé spécial du président des Etats-Unis pour le contrôle des armements, Marshall Billingslea, a déclaré que les Etats-Unis avaient changé leur position sur l'implication de la Chine dans les négociations sur le contrôle des armements nucléaires. Il a déclaré que l'administration Trump avait abandonné sa demande selon laquelle la Chine devrait être impliquée dans toute négociation nucléaire. Elle vise maintenant à conclure un accord politique avec la Russie pour prolonger le nouveau traité START, puis à faire pression sur la Chine pour qu'elle se joigne aux prochaines négociations et éventuellement à un traité sur le contrôle des armes nucléaires. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La Chine n'a pas l'intention de participer à une négociation trilatérale sur le contrôle des armements avec les Etats-Unis et la Russie. Cette position est claire et constante. La prolongation du nouveau traité START, le seul accord bilatéral important existant entre les Etats-Unis et la Russie sur le désarmement nucléaire, touche non seulement à la sécurité stratégique des Etats-Unis et de la Russie, mais aussi à la stabilité stratégique mondiale. La Chine soutient les Etats-Unis et la Russie dans le maintien du dialogue au sujet du nouveau traité START et la promotion de sa prolongation dans l'intérêt de la paix et de la sécurité internationales.

Dans le même temps, en principe, le pays qui possède le plus grand arsenal nucléaire du monde a l'obligation de s'acquitter de ses responsabilités spéciales et primordiales en matière de désarmement nucléaire conformément au consensus de la communauté internationale, de réduire encore plus considérablement son arsenal nucléaire et de créer les conditions permettant aux autres Etats dotés d'armes nucléaires de participer aux négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire.

CNS : Une nouvelle étude publiée par l'Institut australien de politique stratégique (ASPI) indique que la Chine cible l'expertise scientifique et technologique de pointe aux Etats-Unis et dans d'autres pays développés à travers ses 600 « stations de recrutement de talents » dans le monde. Le réseau est également utilisé par l'armée chinoise pour le recrutement. Il convient de noter que l'étude de l'ASPI serait en partie financée par le Département d'Etat américain. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

Zhao Lijian : Nous avons répondu à plusieurs reprises aux rapports mensongers et absurdes sur la Chine fabriqués par ce soi-disant institut. Les révélations médiatiques ont déjà dévoilé sa source de financement et ses maîtres en coulisses. Certains en Australie ont révélé qu'ils recevaient depuis longtemps des fonds du gouvernement américain et des marchands d'armes, et qu'ils se complaisaient à concocter et à médiatiser des sujets anti-chinois. Empreint d'une forte couleur idéologique, l'ASPI sert en fait d'« avant-garde » anti-chinoise, et sa crédibilité académique est sérieusement remise en question.

Les agissements de l'ASPI ont été largement critiqués par des personnalités clairvoyantes en Australie et ont longtemps été la risée du monde. Nous espérons et sommes convaincus que l'Australie et d'autres pays renforceront leur vigilance pour distinguer le vrai du faux, rejetteront les absurdités fabriquées par de telles organisations anti-chinoises et appréhenderont la Chine et son développement de manière objective et rationnelle.

Reuters : La Convention nationale démocrate américaine s'est clôturée jeudi soir et a adopté le programme du parti pour les élections américaines 2020. On y a constaté un changement par rapport à 2016. Le programme ne comprend plus le contenu relatif à l'adhésion au principe d'une seule Chine. Etant donné que l'administration républicaine a également adopté une position intransigeante sur les questions liées à la Chine, y compris Taïwan, la Chine craint-elle que cela puisse signifier que les deux partis politiques américains adoptent tous une position intransigeante sur la Chine ?

Zhao Lijian : La Chine a à maintes reprises exprimé clairement sa position sur les élections présidentielles américaines. En ce qui concerne la question que vous avez mentionnée, la position de la partie chinoise sur la question de Taïwan est cohérente et claire. La question de Taïwan est la question la plus importante et la plus sensible entre la Chine et les Etats-Unis. Le principe d'une seule Chine est la base politique des relations sino-américaines et un consensus partagé au sein de la communauté internationale. Nous exhortons les parties concernées à respecter scrupuleusement le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, et à traiter avec prudence et correctement les questions liées à Taïwan.

La Chine espère que les partis démocrate et républicain aux Etats-Unis pourront considérer les relations entre la Chine et les Etats-Unis de manière objective et travailler avec la Chine pour faire progresser les relations sino-américaines caractérisées par la coordination, la coopération et la stabilité, en tenant compte des intérêts communs des peuples des deux pays et du monde.

Reuters : Les Philippines ont déclaré hier qu'elles avaient déposé une protestation diplomatique contre la confiscation « illégale » par la partie chinoise d'équipements de pêche philippins. Elles se sont également opposées au brouillage radioélectrique exercé par la Chine contre les avions philippins qui effectuaient des patrouilles maritimes « légitimes » en mer de Chine méridionale. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Les garde-côtes chinois font appliquer la loi dans les eaux de l'île de Huangyan. C'est irréprochable. Les Philippines enfreignent la souveraineté et la sécurité de la Chine en envoyant des avions militaires dans l'espace aérien adjacent aux îles et récifs Nansha sous garnison de la Chine. La Chine exhorte la partie philippine à cesser immédiatement les provocations illégales.

Reuters : Selon des reportages, les travailleurs chinois qui ont reçu un vaccin chinois expérimental contre le Covid-19 se sont vu refuser l'entrée en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le Ministère des Affaires étrangères est-il au courant de cela et a-t-il un commentaire à faire à ce sujet ?

Zhao Lijian : Je ne suis pas au courant de la situation que vous avez mentionnée.

Je tiens à souligner que la recherche et le développement de vaccins en Chine suivent strictement des procédures scientifiques et normalisées, en se soumettant à une évaluation stricte de la sécurité et de l'efficacité et à un examen éthique. Dans le même temps, conformément aux dispositions légales et aux pratiques internationales, l'utilisation d'urgence de vaccins peut être effectuée sur une base volontaire après évaluation et vérification scientifiques, examen et approbation en vertu de la loi afin de protéger au maximum la santé des populations.

La question suivante a été posée à l'issue de la conférence de presse : L'envoyé spécial du président des Etats-Unis pour le contrôle des armements Marshall Billingslea, dans une interview avec un média japonais, a déclaré que les Etats-Unis avaient l'intention de discuter du déploiement de missiles terrestres de portée intermédiaire avec certains pays asiatiques. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Nous avons noté les reportages concernés.

La tentative américaine de déployer des missiles terrestres de portée intermédiaire est cohérente avec la présence militaire croissante des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique et leur soi-disant « stratégie indo-pacifique » ces dernières années. Il s'agit d'une démonstration typique de leur mentalité de la guerre froide. Les propos et actes concernés des Etats-Unis ont gravement sapé la paix et la sécurité régionales et mondiales, affecté le processus international de contrôle des armements et de désarmement, affaibli la confiance mutuelle entre les grands pays et sapé la stabilité stratégique mondiale. Cela nuit autant aux autres qu'à eux-mêmes.

La Chine s'oppose fermement au projet américain de déployer des missiles terrestres de portée intermédiaire dans la région Asie-Pacifique et exprime son vif mécontentement à l'égard de ses mouvements fréquents consistant à faire pression sur les voisins de la Chine et de ses provocations flagrantes aux portes de la Chine. Nous exhortons les Etats-Unis à suivre le courant de l'histoire, à se comporter de manière responsable et à faire des choses propices à la paix et à la stabilité régionales et mondiales plutôt que le contraire. Si les Etats-Unis n'en font qu'à leur tête, la Chine prendra les contre-mesures nécessaires pour protéger fermement ses intérêts en matière de sécurité.

Nous appelons également les pays de la région Asie-Pacifique à reconnaître en toute lucidité la véritable intention derrière la décision américaine et ses graves conséquences, et à s'abstenir d'agir comme un pion des Etats-Unis.



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