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RDC : un film belge provoque une controverse autour des opérateurs étrangers (PAPIER D'ANGLE)
2009/07/24
 

PAR Gema et SHU Shi

KINSHASA, 24 juillet (Xinhua) -- Un film documentaire réalisé par le Belge Thierry Michel provoque depuis un mois une controverse autour des rôles et des pratiques des opérateurs étrangers en République démocratique du Congo (RDC), surtout des Chinois.

"Katanga Business" est tourné dans la province du Katanga (sud-est de la RDC), une région riche en ressources minières qui jouxte la Tanzanie et la Zambie. Il met en scène des prédateurs des ressources, des multinationales européennes comme des opérateurs chinois et indiens, alors que la population locale vit sous le seuil de la pauvreté.

Le film a tendance à montrer du doigt des Chinois qui, selon M. Michel, "se comportent en prédateurs absolus". "Ils achètent les minerais volés par les creuseurs sur les concessions des multinationales ou de la Gécamines (Générale des carrières et des minerais, société congolaise des mines) et les font sortir en fraude vers Kasambulesa", déclare le réalisateur belge.

Mais les mauvais rôles qu'il attribue aux opérateurs chinois ont été démentis par des Congolais, l'ambassadeur chinois à Kinshasa, et dans une moindre mesure par Thierry Michel lui-même.

"Les mauvais rôles attribués aux opérateurs chinois dans ce documentaire n'est qu'une manière subtile de son réalisateur de faire croire aux Congolais que les Chinois sont aussi prédateurs au même titre que les Occidentaux, alors que les Congolais, comme les Africains en général, apprécient la politique chinoise de +gagnant-gagnant+ qui crée de la jalousie chez les habitués de l'exploitation éhontée des richesses africaines et congolaises sans contre-partie substantielle, à l'inverse de la Chine", commente le magistrat Albert Kalemba.

Echo aux tentatives du FMI contre les contrats sino-congolais

Selon M. Kalemba, il s'agit du prolongement de la lutte que des institutions financières sous contrôle de l'Occident mènent contre les contrats miniers signés entre la Chine et la RDC et qu'ils veulent tout simplement voir sauter, puisqu'ils ne s'inscrivent dans leur politique.

"Or, nous savons que ces institutions financières occidentales n'oeuvreront jamais pour le développement de notre pays comme la Chine s'est engagée", ajoute M. Kalemba.

Pour Pierre Biyoya, expert et professeur des relations internationales à l'Université de Kinshasa, les contrats chinois étant basés sur le système de troc et donc sans incidence aucune sur la dette extérieure de la RDC comme le prétend le Fonds monétaire international (FMI), il serait "malheureux" de se laisser influencer par des documentaire à caractère impartial, "puisque le film ne montre pas comment les multinationales qui exploitent les minerais au même titre que les Chinois, entendent participer au développement du pays".

De son côté, Wu Zexian, ambassadeur chinois à Kinshasa, qui apparaît dans ce film prononçant un discours lors de la signature des accords sino-congolais, a soulginé qu'il ne faut pas confondre les opérateurs chinois reconnus par Beijing et les entreprises privées, du reste minoritaires.

Le diplomate chinois a réaffirmé que les opérateurs chinois en contrat avec la RDC respecteront non seulement les clauses des accords signés, mais aussi les lois du pays hôte.

Exploitation des ressources naturelles et développement local

Le réalisateur lui-même reconnaît qu'il y a des Chinois qui, avec des contracts signés entre la RDC et la Chine, viennent "construire des routes et des hôpitaux" au Katanga.

En avril 2008, un consortium regroupant China Railway Engineering Corp, Sinohydro et la Banque Exim a signé des accords avec la Gécamines. Ces accords prévoient la construction par la partie chinoise d'une route nationale, d'universités, de centres de santé dans le cadre d'une exploitation en commun des ressources naturelles.

Face à la crise financière mondiale, les entreprises chinoises n'ont pas ralenti le rythme des travaux dans leurs chantiers, en contraste avec les vrais prédateurs qui n'ont pas hésité à plier bagages, a observé Martin Enimo, journaliste au Groupe de presse le Potentiel.



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