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Interview écrite accordée par le Président du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois Jia Qinglin à Ethiopian News Agency
(Addis-Abéba, 27 janvier 2012)

1. Commment voyez-vous l'état actuel des relations sino-africaines ? Que fera la Chine pour aider l'Afrique à obtenir sur la scène internationale la place qui lui revient ?

Ces dernières années, les relations entre la Chine et l'Afrique n'ont cessé de connaître de nouveaux développements sur la base de l'amitié traditionnelle sino-africaine, montrant un grand dynamisme et un énorme potentiel : la confiance politique mutuelle n'a cessé de s'approfondir, la coopération pragmatique dans les domaines économique et commercial a accédé à un nouveau palier, les échanges culturels et humains ont gagné en profondeur, et la collaboration sur les questions internationales et régionales d'importance majeure a été très étroite. Sous l'impulsion du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA), le nouveau partenariat stratégique sino-africaine est en train d'accéder à des niveaux toujours plus élevés et à des domaines toujours plus vastes.

Nous nous réjouissons de constater que ces dernières années, l'Afrique joue un rôle croissant dans les affaires internationales et régionales. A mon avis, cela est dû, premièrement, au renforcement continu de l'union entre les pays africains, et deuxièmement, à l'intensification de la coopération et de la solidarité entre l'Afrique et les autres pays en développement. La coopération entre la Chine et l'Afrique, comme les faits le montrent, contribue au développement socio-économique et à l'élévation de la position internationale des deux parties et profite à la paix et au développement dans le monde.

Si je suis venu, sur invitation, assister à la Conférence de l'Union africaine (UA) et visiter l'Ethiopie, c'est justement pour faire connaître à l'Afrique et à la communauté internationale la ferme volonté de la Chine d'intensifier sa solidarité et sa coopération avec les pays africains, d'appuyer le processus de développement et d'intégration sur le continent et de soutenir le rôle accru de l'Afrique dans les affaires internationales et régionales. Nous entendons approfondir sans cesse notre coopération avec l'Afrique sur la base de l'égalité, de la confiance mutuelle et des avantages réciproques, et promouvoir ensemble avec la communauté internationale la paix et le développement en Afrique.

 

2. Quels sont les principes qui guident les actions chinoises en faveur du développement économique de l'Afrique ? Que fera le gouvernement chinois pour accroître les investissements chinois en Afrique ?

La Chine qui poursuit une stratégie d'ouverture d'avantages réciproques et de gagnant-gagnant a toujours lié son développement au progrès commun des pays en développement. Elle a renforcé sans cesse sa coopération économique et commerciale avec l'Afrique en même temps qu'elle se développe, et veillé à ce que son propre développement contribue à celui de l'Afrique. Elle s'en tient au principe des avantages réciproques et du développement partagé lorsqu'elle coopère avec l'Afrique et veille, dans son aide à l'Afrique, à privilégier les résultats concrets et à respecter la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays bénéficiaires, ce qui est très apprécié par les pays africains.

L'investissement est un volet important de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Afrique. Le gouvernement chinois a toujours encouragé et soutenu l'accroissement par les entreprises chinoises performantes et crédibles de leurs investissements en Afrique et pris des mesures pour les orienter, telles que l'octroi de prêts préférentiels, la mise en place du Fonds de Développement sino-africain et la création de zones de coopération économique et commerciale en Afrique. Toutes ces mesures ont eu d'excellents effets d'entraînement. Ces dernières années, les investissements chinois en Afrique ont crû rapidement. Plus de 2 000 entreprises chinoises opèrent dans des domaines aussi variés que les mines, la finance, la manufacture, le bâtiment, le tourisme, l'agriculture, la sylviculture, l'élevage et la pêche, avec un stock d'investissements passant de 490 millions de dollars américains à la fin 2003 à 14,7 milliards de dollars américains en 2011.

A l'avenir, la Chine est prête à explorer avec l'Afrique de nouveaux domaines, modes et moyens permettant d'accroître leur coopération en matière d'investissements pour la faire accéder sans cesse à de nouveaux paliers.

 

3. Comment voyez-vous la place et le rôle de l'UA ? Que symbolise le Complexe de Conférences et de Bureaux de l'UA, construit avec l'aide de la Chine, pour les relations sino-africaines ? Le thème du 18e Sommet de l'UA étant « Promouvoir le commerce intra-africain », quel rôle la Chine entend-elle jouer dans la promotion du commerce entre les pays africains ?

L'UA est l'organisation intergouvernementale la plus représentative et la plus importante en Afrique. Depuis sa création il y a dix ans, elle s'est imposée comme le porte-étendard pour une Afrique unie et forte en apportant une contribution majeure à la promotion de la paix, de la stabilité et du développement sur le continent. La Chine attache une grande importance à ses relations avec l'UA. Ces dernières années, grâce aux efforts conjugés de part et d'autre, les relations entre la Chine et l'UA se sont développées rapidement sur tous les plans et leurs échanges et coopération se sont approfondis sans cesse dans divers domaines. Le Complexe de Conférences et de Bureaux de l'UA, projet important retenu lors du Sommet de Beijing du FCSA, est devenu réalité à la fin de l'année dernière après à peine trois ans de travaux. Ce complexe qui se dresse sur le « Toit de l'Afrique » incarne le ferme soutien de la Chine à l'union et à l'intégration africaines, et sera sans aucun doute un nouveau symbole de l'amitié sino-africaine et de la coopération amicale entre la Chine et l'UA.

A l'heure actuelle, la situation économique mondiale demeure complexe et difficile. Une intégration économique régionale renforcée aidera l'Afrique à mieux affronter les risques économiques extérieurs. Le choix du thème du présent Sommet, à savoir « Promouvoir le commerce intra-africain », revêt dans ce sens une importance particulière. Nous espérons du fond du coeur que ce Sommet aboutira à des résultats positifs sur ce sujet. Nous avons noté le souhait de l'UA et des pays africains pour un engagement fort de la Chine dans les efforts d'intégration africaine et la construction d'infrastructures transnationales et interrégionales en Afrique. Nous y sommes favorables et entendons renforcer les échanges et le dialogue avec l'UA et les organisations sous-régionales pour promouvoir activement et dans un esprit pragmatique et novateur, la coopération dans ce domaine, afin de contribuer à l'interconnexion du continent africain.

 

4. Quelles sont les avancées obtenues par le gouvernement chinois dans la mise en oeuvre des huit nouvelles mesures de coopération pragmatique avec l'Afrique annoncées lors de la 4e Conférence ministérielle du FCSA ?

Depuis la création en octobre 2000 du FCSA, la Chine a travaillé consciencieusement à mettre en oeuvre les mesures de coopération avec l'Afrique adoptées lors des conférences ministérielles successives et du Sommet de Beijing. Les résultats de ce travail, réels et tangibles, sont très appréciés par nos amis africains et salués par la communauté internationale.

Au cours des deux années suivant la 4e Conférence ministérielle du FCSA, la Chine et l'Afrique, Bien que confrontées à une grave crise financière internationale, ont travaillé la main dans la main et consenti des moyens considérables pour la concrétisation des acquis de la Conférence. D'importants résultats ont été obtenus à cet égard. Les mesures telles que l'annulation de dettes, l'exonération de droits de douane, l'octroi de crédits préférentiels, le crédit spécial pour le développement des PME africaines ont été mises en œuvre dans d'heureuses conditions, les projets de centre-pilote agricole, d'énergie propre et d'école d'amitié sino-africaine avancent comme prévu. La coopération en matière de formation des ressources humaines couvre désormais tous les secteurs d'activité. Et le succès éclatant des rencontres et des programmes comme le Forum sino-africain sur l'agriculture, le Forum sur le droit, le Forum des jeunes leaders, le Forum des peuples, le Forum sur la coopération scientifique et technologique, le Forum des think-tank, le festival African Culture in Focus, le « Projet de coopération entre les établissements d'enseignement supérieur chinois et africains » et le « Programme sino-africain d'échanges et d'études conjointes », a porté la coopération sino-africaine à un niveau jamais atteint.

2012 est l'année d'achèvement de la mise en œuvre des acquis de la 4e Conférence ministérielle du FCSA. La Chine continuera à travailler ensemble avec les pays africains pour assurer le bon accomplissement des actions de suivi. Et dans la perspective de la 5e Conférence ministérielle du FCSA qui se tiendra cette année, nous renforcerons nos consultations et nos concertations avec les pays africains pour mener à bien les travaux préparatoires afin d'en assurer un plein succès et de faire progresser davantage le partenariat stratégique sino-africain de type nouveau.

 

5. Comment voyez-vous la relation sino-éthiopienne ? Que fera le gouvernement chinois pour développer davantage cette relation ? Quel rôle joue l'Ethiopie dans le renforcement de la coopération sino-africaine ?

Liées par une amitié ancienne, la Chine et l'Ethiopie ont vu, ces dernières années, leur partenariat global gagner en profondeur. Sur le plan politique, les deux pays ont entretenu des échanges et des dialogues intenses et se sont apporté mutuellement soutien sur les questions touchant aux intérêts majeurs de l'un et de l'autre. La visite très réussie effectuée en Chine en août dernier par le Premier Ministre Meles Zenawi a insufflé une nouvelle vitalité au développement de la relation sino-éthiopienne. Sur le plan économique et commercial, la coopération bilatérale s'est avérée bien fructueuse. La Chine, très engagée dans la construction nationale de l'Ethiopie, est d'ores et déjà son premier partenaire commercial et son plus grand investisseur. Dans les domaines de la science, de la technologie, de la culture et de l'éducation, la coopération sino-éthiopienne s'est élargie sans cesse et a porté des fruits abondants.

La Chine souhaite continuer à travailler ensemble avec l'Ethiopie, pays très influent en Afrique, pour enrichir davantage la coopération bilatérale et faire accéder le partenariat global sino-éthiopien à des niveaux toujour plus élevés. Le gouvernement chinois continuera à accroître son soutien à l'Ethiopie et à approfondir la coopération entre les deux pays dans tous les domaines : politique, économique, agricole, technico-scientifique, culturel, éducatif et sanitaire…, ainsi qu'à encourager les entreprises chinoises performantes et crédibles à investir en Ethiopie. Nous travaillerons également à accroître, à travers tous les canaux, la connaissance mutuelle et l'amitié entre les deux peuples.

Je voudrais rappeler que l'Ethiopie est aussi un promoteur actif du FCSA. Premier pays africain à avoir accueilli la conférence ministérielle du FCSA, elle a toujours pris une part active aux activités du Forum, et apporté une contribution remarquable au développement des relations d'amitié et de coopération sino-africaines, ce qui est hautement apprécié par la Chine. Les relations Chine-Afrique se trouvant aujourd'hui dans une phrase de développement importante, la Chine est prête à œuvrer ensemble avec les pays africains dont l'Ethiopie, pour mieux développer les relations sino-africaines, au bénéfice des peuples chinois et africains.



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