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POURSUIVRE LE MULTILATÉRALISME POUR LA PAIX ET LE DÉVELOPPEMENT PARTAGÉS
2018/09/29

—Intervention de S.E.M. Wang Yi

Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères

de la République populaire de Chine

au débat général de la 73e session

de l’Assemblée générale des Nations Unies

(New York, 28 septembre 2018)

Madame la Présidente,

Chaque année en septembre, l’attention du monde se tourne vers l’ONU, vers cette auguste Assemblée. Les peuples suivent de près ce qui se passe ici, espérant que notre Organisation apportera la paix, le développement, l’harmonie et la prospérité au monde. Aspirant à une vie heureuse, ils souhaitent « faire de l’ONU une organisation pour tous » au service d’un monde meilleur.

Avec la création de l’ONU s’est instauré l’ordre international contemporain qui est fondé sur les buts et principes de la Charte des Nations Unies et qui s’appuie sur les concepts et pratiques du multilatéralisme. Grâce à cet ordre, le monde a connu une paix générale et un développement rapide depuis plus de sept décennies, l’idée d’un développement centré sur le peuple s’enracine de plus en plus dans les esprits, et l’interdépendance et la coopération gagnant-gagnant entre les pays font largement consensus. Ceci dit, cet ordre fait face à de multiples problèmes et défis et a besoin d’être sans cesse réformé et perfectionné.

Le monde change. Nous avons toutes les raisons d’être fiers du développement et des progrès réalisés par l’humanité en ce monde changeant, et en même temps nous devons rester attentifs et vigilants aux défis et difficultés. Dans le monde d’aujourd’hui, les règles internationales sont remises en cause, les mécanismes multilatéraux sont mis à l’épreuve, et les facteurs d’instabilité et d’incertitude sont nombreux dans la situation internationale.

Rester attaché au multilatéralisme ou laisser le champ libre à l’unilatéralisme ? Préserver l’ordre international fondamental ou le laisser s’éroder voire s’écrouler ? Telle est une question majeure qui met en jeu l’avenir des différents pays et le destin de l’humanité, et à laquelle chaque pays doit réfléchir et répondre.

La réponse de la Chine est claire : la Chine est depuis toujours un défenseur de l’ordre international et un adepte du multilatéralisme. Elle s’est vue refuser l’entrée à l’ONU pendant 22 ans mais n’a jamais perdu ni sa conviction en le multilatéralisme ni son attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies. Elle a mis 15 ans à négocier son retour au GATT et son adhésion à l’OMC, et sans reculer devant le prix à payer, elle a honoré toutes ses promesses et poursuivi son intégration dans le système économique mondial. Après l’éclatement de la crise financière internationale, la Chine, au lieu de rester les bras croisés, a fait le choix de la solidarité et contribué à hauteur de plus de 30% à la reprise de l’économie mondiale pendant plusieurs années consécutives.

Face au nouveau contexte et aux sérieux défis, la Chine restera fidèle à son engagement initial en poursuivant indéfectiblement le multilatéralisme. En 2015, sur cette même tribune, le Président Xi Jinping, soucieux de l’intérêt commun de toute l’humanité et de l’avenir de notre planète, a lancé l’initiative majeure de construire ensemble une communauté de destin pour l’humanité. Cette initiative majeure va dans le sens de l’histoire et répond à l’appel de notre époque. Elle nous donne la confiance et la force pour préserver ensemble notre village planétaire et nous montre le chemin pour créer ensemble un meilleur avenir pour l’humanité. À notre avis, le multilatéralisme de la nouvelle ère doit être guidé par les principes suivants :

Premièrement, un multilatéralisme visant la coopération gagnant-gagnant. Le monde traverse aujourd’hui des transformations majeures jamais connues depuis un siècle et fait face à des problèmes et défis sans précédent. Aucun pays ne peut agir seul ni s’en sortir seul. Le monde n’aura un avenir radieux que lorsque la coopération prime sur la confrontation, que la concertation prévaut sur l’intimidation, que l’idée de construire la grande famille et non des cercles fermés prédomine, et que le principe des consultations et de la coopération remplace la logique qui veut que le gagnant remporte tout.

Deuxièmement, un multilatéralisme fondé sur des règles et l’ordre. Les échanges interétatiques reposent sur le respect de la parole donnée, et les volte-face ne sont pas acceptables. La coopération internationale doit suivre des règles et n’admet pas de comportements arbitraires. Pratiquer le multilatéralisme, c’est avant tout défendre la Charte des Nations Unies, observer le droit international et les principes fondamentaux régissant les relations internationales et respecter les accords internationaux conclus collectivement.

Troisièmement, un multilatéralisme axé sur l’équité et la justice. Dans les affaires internationales, l’équité et la justice se traduisent non seulement dans l’égalité entre les pays de tailles différentes, mais aussi et surtout dans la responsabilité des grands pays d’aider les petits pays et dans le devoir des pays riches de soutenir les pays pauvres. Elles se concrétisent non seulement par le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale des uns et des autres, mais aussi et surtout par le respect des voies de développement librement choisies par chacun et le respect du droit de tous à une vie meilleure et à un plus grand développement.

Quatrièmement, un multilatéralisme orienté vers des résultats concrets. Le multilatéralisme n’est pas un slogan creux, mais une réponse concrète qui doit s’attaquer aux nœuds des problèmes et produire des effets réels et des résultats visibles. L’efficacité des mécanismes multilatéraux dépend de la volonté et de l’engagement des différents pays. À l’heure actuelle, il est essentiel de défendre ensemble le système international centré sur l’ONU et le système commercial multilatéral centré sur l’OMC.

Le multilatéralisme a besoin d’une ONU forte. La Chine soutient les efforts déployés par le Secrétaire général António Guterres pour réformer le système de l’ONU dans les trois domaines que sont la paix et la sécurité, le développement économique et la gestion interne. La réforme doit être conduite par les États membres, accorder une grande importance aux préoccupations des pays en développement, et permettre un fonctionnement plus efficace de l’ONU et le renforcement du contrôle et de la responsabilisation. Des ressources financières stables et prévisibles constituent le fondement du fonctionnement de l’ONU. La Chine continuera à s’acquitter de ses obligations financières et exhorte tous les pays à verser ponctuellement et intégralement leurs quotes-parts et leurs contributions au maintien de la paix.

Madame la Présidente,

Rien ne saurait empêcher la marche de l’humanité vers le développement et le progrès. Dans cette marche, la paix, la réconciliation et l’harmonie s’imposent déjà comme une tendance irrésistible, alors que la guerre, les conflits et la terreur sont rejetés par tous. Dans cette marche, l’égalité, la confiance mutuelle et la coopération gagnant-gagnant s’affirment comme une nécessité historique, tandis que la politique du plus fort et la loi de la jungle ne cessent de perdre du terrain. En tant que grand pays responsable, la Chine est déterminée à poursuivre sa voie de développement pacifique et entend travailler ensemble avec les autres pays pour apporter sa part de contribution à la paix et à la sécurité dans le monde.

Cette année, la situation dans la Péninsule coréenne a connu une évolution majeure. C’est le résultat des efforts des différentes parties, et la Chine y a aussi apporté sa part de contribution. La Chine soutient l’amélioration sur tous les plans des relations entre le Nord et le Sud de la Péninsule et les efforts de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et des États-Unis visant à faire avancer le processus de dialogue. La Chine encourage la RPDC à continuer à avancer dans la bonne direction qu’est la dénucléarisation, et estime dans le même temps que les États-Unis doivent y répondre positivement et rapidement pour faire effectivement des pas vers la RPDC. Nous continuerons à assumer les responsabilités et les obligations internationales qui nous incombent et à appliquer strictement les résolutions du Conseil de Sécurité relatives à la RPDC, et nous appelons le Conseil de Sécurité à agir sans tarder en fonction de l’évolution de la situation pour créer des conditions plus favorables au règlement pacifique de la question de la Péninsule par voie politique et diplomatique. La solution efficace de cette question exige à la fois la dénucléarisation complète de la Péninsule et la mise en place d’un mécanisme de paix. Seuls des progrès parallèles dans ces deux domaines, comme l’avancement des deux roues en tandem, permettront de résoudre le problème et de rendre la paix possible.

Nous sommes entrés dans une phase cruciale pour la poursuite de l’application de l’accord global sur le nucléaire iranien. Cet accord multilatéral, conclu d’un commun accord et approuvé par le Conseil de Sécurité, correspond aux intérêts communs des différentes parties et de la communauté internationale. Si cet accord n’est pas appliqué, le régime international de non-prolifération nucléaire sera déstabilisé, l’autorité et le rôle du Conseil de Sécurité seront défiés, et la paix et la stabilité régionales et internationales seront menacées. Personne n’en tirera profit. La Chine exhorte donc toutes les parties à continuer à respecter et à appliquer l’accord global. C’est sur cette base qu’on pourrait explorer la possibilité de créer une plateforme de dialogue inclusive et transparente permettant de résoudre les préoccupations des différentes parties de manière adéquate par voie de dialogue et de consultations.

La question de Palestine ne doit pas être marginalisée. Cela fait plus de 70 ans qu’on attend la paix et la justice. Sur cette question, ce ne sont ni les plans ni les initiatives qui font défaut à la communauté internationale, mais la volonté et l’action. La mise en œuvre de la « solution à deux États » implique de nouveaux efforts de paix et la recherche de nouveaux mécanismes de médiation. La Chine y jouera son rôle et continuera à fournir des aides humanitaires au peuple palestinien.

La question de l’État Rakhine du Myanmar ne saurait être réglée du jour au lendemain et il faut faire avancer sans cesse le processus conformément à l’approche en trois étapes : « cessation des violences, rapatriement et développement ». Le Myanmar et le Bangladesh, voisins pour toujours, devront être aussi des partenaires pour toujours. Hier, j’ai eu un entretien avec mes collègues du Myanmar et du Bangladesh ainsi que le Secrétaire général António Guterres. Un accord a été trouvé entre le Myanmar et le Bangladesh sur le lancement rapide du rapatriement du premier groupe de déplacés. Nous sommes convaincus que les deux pays sont capables de régler la question par des consultations amicales.

La Chine soutient le rôle leader de l’ONU dans la coordination des efforts face aux défis sécuritaires non traditionnels. Dans le cyberespace et l’espace extra-atmosphérique, nouveaux champs de la gouvernance mondiale, il faut aussi faire prévaloir le respect de la souveraineté, l’observation des règles et le sens des responsabilités. Le terrorisme est l’ennemi commun de l’humanité et rien ne peut le justifier. Il est impératif d’appliquer les résolutions du Conseil de Sécurité et de combattre fermement le cyberterrorisme, le financement du terrorisme et la propagation des idées extrémistes, afin d’éliminer le terreau de ce fléau.

Madame la Présidente,

Le développement est d’une importance primordiale pour le monde d’aujourd’hui. Il faut régler non seulement le problème du développement insuffisant, mais aussi et surtout celui du développement déséquilibré. Il n’existe pas de modèle de développement unique et bon pour tous. Chaque pays a le droit d’explorer une voie de développement adaptée à ses conditions nationales, qui garantisse le bonheur et la sécurité à sa population et apporte la confiance et l’espoir aux jeunes générations. Chaque pays fait face à des problèmes différents en matière de développement. Les problèmes nous poussent à réformer, et leur règlement nous permet de progresser dans le développement.

La mondialisation économique ne doit pas être vue comme un facteur faisant des gagnants et des perdants et encore moins un facteur creusant davantage le fossé entre le Nord et le Sud. Nous devons non seulement nous adapter au courant de la mondialisation économique, mais aussi travailler pour qu’elle devienne plus ouverte, plus inclusive, plus équilibrée, gagnant-gagnant et bénéfique à tous, apportant des bienfaits tangibles à chaque pays et à chaque individu.

Le commerce international implique, par définition, la valorisation de la complémentarité et le bénéfice mutuel. Ce n’est pas un jeu à somme nulle où l’un gagne au détriment de l’autre, encore moins un processus où on place ses intérêts égoïstes au-dessus des intérêts des autres. Le protectionnisme se retourne toujours contre ceux qui le pratiquent et les actions unilatérales nuisent à toutes les parties. Face aux frictions commerciales, la Chine préconise toujours une solution adéquate à travers le dialogue et les consultations sur un pied d’égalité et conformément aux règles et consensus. La Chine n’accepte pas le chantage, et surtout elle n’a pas peur des pressions. La position prise par la Chine vise non seulement à préserver ses propres droits et intérêts légitimes, mais aussi à préserver le système du libre-échange, les règles et l’ordre internationaux, les perspectives de la reprise de l’économie mondiale et les intérêts communs de tous les pays.

La mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 doit figurer en haut de l’ordre du jour de la présente session de l’Assemblée générale. Il est essentiel de mettre en synergie ce programme et les stratégies de développement des différents pays, pour avancer ensemble sur une voie de développement innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé. Les partenariats de développement doivent être renforcés pour aboutir à une coopération internationale pour le développement avec l’ONU en son centre, la coopération Nord-Sud comme moyen essentiel et la coopération Sud-Sud comme élément complémentaire. La lutte contre le changement climatique est une nécessité du développement durable. Nous espérons que les négociations sur les règles d’application de l’Accord de Paris pourront s’achever comme prévu avant la fin d’année et que tous les pays travailleront la main dans la main pour bâtir une civilisation écologique mondiale.

Madame la Présidente,

La Chine avance côte à côte avec les autres pays dans la grande marche de l’humanité vers le développement et le progrès. Cette année marque le 40e anniversaire de la réforme et de l’ouverture sur l’extérieur de la Chine. Durant les 40 ans écoulés, nous avons surmonté d’innombrables difficultés et avancé courageusement pour frayer un chemin du socialisme aux couleurs chinoises.

Ce chemin a apporté des changements prodigieux en Chine. En 40 ans, plus de 700 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté absolue, représentant plus de 70% des personnes sorties de la pauvreté dans le monde sur la même période. 1,35 milliard de Chinois sont désormais couverts par l’assurance maladie de base et plus de 900 millions de Chinois par l’assurance vieillesse, ce qui constitue une contribution de la Chine au développement et au progrès de l’humanité. Le réseau ferroviaire chinois à grande vitesse a atteint aujourd’hui 25 000 km et représente deux tiers de la longueur totale des lignes ferroviaires à grande vitesse du monde, portant la construction des infrastructures dans le monde à un niveau plus élevé. Selon un sondage réalisé par une agence internationalement reconnue, les Chinois restent les plus satisfaits des réalisations du développement de leur pays et les plus confiants dans les perspectives du développement national.

Ce chemin a procuré au monde entier des opportunités de développement commun. Durant les 40 ans écoulés, avec une augmentation annuelle en moyenne de 14,5% du commerce extérieur, la Chine a insufflé une vitalité durable à l’économie mondiale et offert un marché gigantesque au monde. Confiants de pouvoir prolonger cette dynamique économique, nous œuvrerons à réaliser un développement de haute qualité et à accélérer la construction d’une économie moderne, de sorte à offrir au monde plus d’opportunités commerciales et un meilleur environnement d’investissement. Au lieu de nous replier sur nous-mêmes et de faire marche arrière, nous ouvrirons encore plus grandes nos portes. Au lieu d’ériger des barrières, nous baisserons encore plus les seuils d’accès au marché. La Chine est depuis toujours le pays en développement qui s’ouvre le plus et le plus vite dans le monde. Nous avons fait plus que nous avions promis lors de notre adhésion à l’OMC en ce qui concerne la baisse du niveau global des droits de douane. Et le niveau d’ouverture du secteur du commerce des services en Chine avoisine déjà la moyenne des pays développés. L’Exposition internationale d’Importation de Chine, dont la première édition se tiendra en novembre prochain à Shanghai, constitue une nouvelle mesure majeure pour ouvrir notre marché au monde entier. Tous les pays sont les bienvenus pour participer activement à cette exposition.

L’initiative « la Ceinture et la Route », lancée par le Président Xi Jinping, est un grand produit public fourni au monde par la Chine et constitue désormais la plus grande plateforme de coopération internationale. Cette initiative se construit suivant le principe dit de « consultations, coopération et bénéfices pour tous », avec un esprit de l’ouverture, de la transparence et de l’inclusivité, dans le respect des règles et du droit internationaux et avec comme priorité un développement vert, durable et respectueux de l’environnement, dans le but de favoriser le développement et la prospérité communs en valorisant la complémentarité des différentes parties. Aujourd’hui, plus de 130 pays et organisations internationales ont signé avec la Chine des accords de coopération dans le cadre de cette initiative. L’année prochaine, la Chine organisera la deuxième édition du Forum « la Ceinture et la Route » pour la Coopération internationale, et nous serons heureux d’une participation active de tous.

La Chine est le plus grand pays en développement au monde. Renforcer la solidarité et la coopération avec les autres pays en développement a été et sera toujours un choix stratégique ferme de la diplomatie chinoise. Ce choix, dicté par le positionnement de la Chine, la nature de son système et ses valeurs, ne vacillera en aucun cas même lorsqu’elle sera plus développée, et il ne sera pas remis en cause quels que soient les changements au niveau international.

Madame la Présidente,

L’ONU est la principale plateforme pour soutenir et pratiquer le multilatéralisme. Nous espérons que la présente session de l’Assemblée générale sera celle de la préservation du multilatéralisme et de la recherche de la paix et du développement. Nous espérons que la communauté internationale pourra soutenir ensemble le rôle central de l’ONU dans les affaires internationales. Et nous appelons tous les peuples du monde à travailler la main dans la main pour construire ensemble une communauté de destin pour l’humanité.



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