Conférence de presse du 2 décembre 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2020/12/02

CCTV : Le 29 novembre marque la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Le 1er décembre, les Nations Unies ont tenu une réunion spéciale, à laquelle le Président Xi Jinping a adressé un message de félicitations. Le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a exhorté les dirigeants israéliens et palestiniens à s’engager à nouveau dans des négociations significatives pour créer des opportunités de coopération régionale et parvenir à une solution à deux États afin de résoudre le conflit israélo-palestinien. Comment la Chine voit-elle la situation actuelle entre la Palestine et Israël ?

Hua Chunying : Le 1er décembre, les Nations Unies ont tenu une réunion consacrée à la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Le Président Xi Jinping y a adressé un message de félicitations.

Nous estimons que la question palestinienne, en tant que problème fondamental du Moyen-Orient, représente un enjeu pour la paix et la stabilité régionales, l’équité et la justice internationales, et la conscience et le sens moral de l’humanité. Réaliser une coexistence pacifique entre la Palestine et Israël en tant que voisins constitue non seulement un rêve des peuples palestinien et israélien depuis plusieurs générations, mais aussi une attente sincère des peuples des pays de la région et de la communauté internationale. Nous sommes d’avis que la communauté internationale doit poursuivre la bonne orientation de la solution à deux États, et s’efforcer de favoriser le processus de paix dans le Moyen-Orient sur la base des consensus internationaux dont les résolutions pertinentes des Nations Unies et le principe de « la terre contre la paix ».

La Chine attache une grande importance à la question palestinienne, défend depuis toujours la justice et la morale internationales, et soutient le peuple palestinien dans sa juste cause pour restaurer les droits légitimes nationaux ainsi que les efforts visant à favoriser un règlement pacifique de la question palestinienne. En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité et grand pays responsable, la Chine entend continuer de travailler sans relâche avec la communauté internationale pour parvenir à un règlement global, juste et durable de la question palestinienne, et contribuer activement à la réalisation de la paix, de la stabilité et du développement au Moyen-Orient le plus tôt possible.

Dans les circonstances actuelles, la communauté internationale doit accorder une plus grande attention au défi sérieux posé par la COVID-19 à la Palestine et aider le peuple palestinien à lutter contre l’épidémie. La Chine a fourni des assistances antiépidémiques à la Palestine et continuera à le faire.

Bloomberg : Le Président élu américain Joe Biden a dit au New York Times qu’il ne prendrait pas de mesure immédiate à l’égard de l’accord économique et commercial de phase 1 entre la Chine et les États-Unis, et qu’il procéderait à des consultations avec les alliés clés pour examiner de manière globale la politique chinoise des États-Unis. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : En ce qui concerne la question économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis, nous avons dit maintes fois que le caractère essentiel de la coopération économique et commerciale entre les deux pays est mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant. La Chine préconise depuis toujours que les questions dans nos relations économiques et commerciales doivent être adéquatement réglées sur la base de respect mutuel et de consultations d’égal à égal.

Phoenix TV : Récemment, le Directeur de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses Anthony Fauci a déclaré que le système sanitaire de certaines régions américaines était au bord de l’éclatement, et le nombre de décès de l’épidémie aux États-Unis pourrait dépasser les 300 000 d’ici la fin de cette année. Certains médias affirment que dans la période imminente, des pays dont les États-Unis feraient face à un « hiver dur » le plus dangereux et le plus sombre. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : En voyant ces nouvelles, en particulier ces chiffres épouvantables, j’ai le cœur très lourd. Nous sommes aux côtés du peuple américain confronté aux difficultés, et lui exprimons notre solidarité et sympathie.

Depuis l’apparition de l’épidémie, le gouvernement chinois a veillé à accorder la priorité au peuple et à la vie, mobilisé toutes les ressources, adopté une démarche de prévention et de traitement scientifique et pris des mesures ciblées pour endiguer effectivement l’épidémie en premier. En même temps, nous avons activement fait progresser la coopération antiépidémique internationale, mené la plus grande action humanitaire mondiale de l’histoire de la Chine nouvelle en apportant une assistance à plus de 150 pays et organisations internationales, et garanti puissamment la production et l’approvisionnement de fournitures antiépidémiques à l’échelle mondiale. Pour autant que je sache, au 22 novembre, la Chine a exporté au total aux États-Unis environ 39,43 milliards de masques, 800 millions de paires de gants chirurgicaux, 650 millions de combinaisons de protection et 46,762 millions de paires de lunettes de protection. Rien que pour les masques, ce nombre équivaut à environ 120 masques fabriqués en Chine pour chaque Américain en moyenne. Des experts éminents chinois dont l’académicien Zhong Nanshan et le professeur Zhang Wenhong, des travailleurs médicaux et des organisations non gouvernementales ont organisé diverses activités d’échanges, y compris des vidéoconférences de partage d’expérience, des séminaires en ligne, et des webinaires entre des experts en prévention et contrôle des infections et des cliniciens, afin de partager les expériences de prévention et de contrôle, de diagnostic et de traitement avec la partie américaine. De nombreuses provinces, villes, entreprises et organisations chinoises ont également donné activement des fournitures médicales aux États-Unis. Les sociétés pharmaceutiques et les personnalités des milieux scientifique et technologique chinoises et américaines maintiennent également la communication et la coopération dans la recherche et le développement (R&D) de vaccins et de médicaments.

La pandémie de COVID-19 avertit le monde d’une manière particulière que l’humanité est une communauté du destin qui partage heur et malheur. Face à une crise majeure, aucun pays ne peut rester à l’abri, et les difficultés ne peuvent être résolues que par la solidarité et la coopération. La Terre n’est en sécurité que lorsque chaque pays est en sécurité ; la victoire définitive de la lutte mondiale contre l’épidémie ne peut être réalisée que lorsque le dernier pays est sorti de l’épidémie. La Chine entend continuer de coopérer avec les autres pays, dont les États-Unis, dans le domaine de la réponse à l’épidémie, fournir autant de soutien et d’assistance possible, renforcer la coordination des politiques macroéconomiques pour aider à la reprise du travail et de la production et promouvoir la relance de l’économie mondiale, soutenir activement le rôle directeur clé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et promouvoir l’amélioration de la gouvernance mondiale de la santé publique afin que nous puissions être mieux préparés lorsqu’une crise similaire surviendra à l’avenir.

Vous venez de mentionner que la pandémie connaîtra un « hiver dur ». Toutefois, si l’hiver arrive, le printemps peut-il être loin derrière ? Comme le Président Xi Jinping l’a souligné à l’Assemblée générale des Nations Unies de cette année, le courage, la détermination et la compassion que l’humanité démontre face aux catastrophes majeures éclaireront les heures les plus sombres, et l’épidémie sera vaincue. Tant que tous les pays s’unissent et avancent côte à côte en se donnant vraiment la main l’un à l’autre, nous remporterons la victoire finale de la lutte contre l’épidémie.

Beijing Youth Daily : Hier, la sonde Chang’e 5 a atterri avec succès sur la Lune. Le Directeur général adjoint de la coopération internationale de l’entreprise d’État russe pour les activités spatiales Roscosmos Sergueï Savelyev a exprimé ses félicitations à la Chine, et a souhaité un plein succès à la mission chinoise de retour d’échantillons sur la Lune. Le même jour, l’Agence spatiale européenne (ESA) a également adressé ses félicitations à la Chine sur les réseaux sociaux. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Ces derniers jours, de nombreux Chinois comme moi ont suivi de près la trajectoire du vaisseau spatial Chang’e 5 et ont voyagé dans l’espace avec lui. Nous remercions le Roscosmos et l’ESA et d’autres agences spatiales de leurs meilleurs vœux. La sonde Chang’e 5 s’est posée avec succès sur la Lune le 1er décembre et commencera le travail de suivi. Cela marque un pas historique de la Chine dans son exploration de l’espace extra-atmosphérique, et dans sa coopération avec la communauté internationale afin d’utiliser pacifiquement l’espace extra-atmosphérique.

Nous avons noté que depuis le tout début, la mission d’exploration lunaire Chang’e 5 a attiré une attention et un soutien larges de la communauté internationale. L’ESA a cliqué sur « J’aime » pour cette mission sur les réseaux sociaux pendant trois jours consécutifs et a écrit : « Meilleurs vœux pour une mission réussie ! À bientôt dans le voyage de retour ! » Des institutions, experts et médias ainsi que de nombreux internautes de la Russie, des États-Unis, du Canada, de la France et d’autres pays ont également accordé une grande attention à la mission d’exploration lunaire de la Chine et l’ont hautement appréciée, estimant qu’elle ouvrirait un nouveau chapitre pour les missions de collecte automatique et retour d’échantillons de la Lune à la Terre, et qu’elle revêtait une signification révolutionnaire pour améliorer la compréhension humaine de l’histoire de la Lune.

Je tiens à souligner que la Chine s’engage depuis toujours à l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique, au développement des échanges et coopération internationaux concernés et au partage des acquis du développement aérospatial. La Chine, soucieuse au bien-être de toute l’humanité, continuera de promouvoir avec une attitude ouverte et inclusive la coopération internationale et l’exploration et la mise en valeur de l’espace extra-atmosphérique. Souhaitons ensemble un retour en toute sécurité à la sonde Chang’e 5 !

Prasar Bharati : Le 30 novembre, l’Inde a organisé pour la première fois la réunion du Conseil des Chefs de gouvernement des États membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Selon la partie chinoise, quelles initiatives l’Inde a-t-elle proposées pour l’OCS au cours des trois dernières années, en particulier pendant la présidence indienne du Conseil des Chefs de gouvernement des États membres de l’OCS ?

Hua Chunying : L’OCS a connu sa première expansion en 2017, acceptant l’Inde et le Pakistan comme États membres. Au cours des dernières années, les nouveaux États membres ont vigoureusement promu l’« esprit de Shanghai », proposé et mis en œuvre des initiatives constructives visant à approfondir la coopération dans les domaines politique, sécuritaire, économique, commercial et des échanges humains et culturels, ce qui renforce le rôle positif de l’OCS dans la sauvegarde de la sécurité régionale et la promotion du développement commun. Comme vous l’avez dit, récemment, la partie indienne a organisé pour la première fois la 19e réunion du Conseil des Chefs de gouvernement des États membres de l’OCS qui s’est tenue par liaison vidéo. Les dirigeants des pays participants ont procédé à un échange de vues approfondi et sont parvenus à un large consensus sur la mise en œuvre des acquis du Sommet de l’OCS de cette année et sur l’approfondissement de la coopération en matière d’économie, de commerce, d’investissement et d’échanges humains et culturels dans le contexte de l’épidémie de COVID-19. Toutes les parties ont apprécié hautement les résultats positifs de la réunion et ont pleinement reconnu le travail d’organisation de la partie indienne. La Chine est prête à renforcer la communication et la coordination avec les autres États membres, dont l’Inde, afin de consolider la conscience de la communauté d’avenir partagé, d’accroître la solidarité et la coopération, d’élever le niveau de coopération au sein de l’organisation et d’ouvrir conjointement de nouveaux horizons pour le développement de l’OCS dans l’ère post-épidémique.

Reuters : La Chambre des représentants des États-Unis devrait adopter cette semaine une proposition de loi qui pourrait interdire à certaines entreprises chinoises d’être cotées en bourse aux États-Unis à moins qu’elles ne se conforment aux règles américaines en matière d’audit. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Votre question démontre une fois de plus que les États-Unis adoptent une politique discriminatoire à l’égard des entreprises chinoises et exercent une répression politique à leur encontre.

Dans le monde actuel où le marché des capitaux est fortement mondialisé, la bonne façon de résoudre les problèmes est d’améliorer le dialogue et la coopération entre les parties concernées de manière franche et ouverte sur des questions telles que le renforcement de la coopération réglementaire transfrontalière et la protection des droits et intérêts légitimes des investisseurs. Nous sommes fermement opposés à la politisation de la réglementation des valeurs mobilières. Nous espérons que la partie américaine pourra offrir un environnement équitable, juste et non discriminatoire aux investissements et opérations des entreprises étrangères aux États-Unis, au lieu d’essayer de mettre en place de multiples barrières.

Prasar Bharati : Lors de la visite du Conseiller d’État et Ministre de la Défense nationale de la Chine Wei Fenghe au Népal, la partie népalaise a promis une nouvelle fois à la Chine qu’elle ne permettrait jamais à aucune force d’utiliser le territoire népalais pour des activités antichinoises. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : La partie chinoise a déjà publié les informations sur la visite du Conseiller d’État et Ministre de la Défense nationale Wei Fenghe au Népal. La Chine et le Népal sont des voisins amis liés par des montagnes et des rivières. Cette année marque le 65e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. La Chine et le Népal ont fait preuve de solidarité et se sont entraidés dans la lutte contre la COVID-19, et notre amitié et notre confiance mutuelle se sont encore renforcées. La Chine est prête à travailler avec le Népal pour renforcer notre coopération dans tous les domaines et tous azimuts, promouvoir une coopération de qualité dans le cadre de « la Ceinture et la Route », et porter continuellement les relations bilatérales à de nouveaux paliers.

La coopération amicale entre la Chine et le Népal est bénéfique pour les peuples chinois et népalais et n’aura aucun impact sur les tiers.

Bloomberg : L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) a publié un nouveau rapport qui affirme qu’elle doit consacrer plus de temps, de ressources politiques et d’actions pour relever les défis sécuritaires posés par la Chine. Mercredi, les Ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN tiendront une vidéoconférence portant sur la Chine avec des représentants des pays d’Asie-Pacifique, dont le Japon et l’Australie. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine a noté le dernier rapport concerné de l’OTAN. Hier, en répondant à une question, j’ai déjà expliqué la position de principe de la Chine à ce sujet. Je voudrais réaffirmer que la Chine adhère toujours à un développement pacifique et à une coopération gagnant-gagnant, qu’elle défend toujours une vision de sécurité commune, globale, coopérative et durable et qu’elle poursuit toujours une stratégie de défense nationale de nature défensive. Le développement de la Chine a contribué au progrès et à la prospérité du monde, et elle n’a pas l’intention de poser et ne posera pas une menace ou un défi pour aucun pays. Nous espérons que l’OTAN considérera le développement de la Chine avec une attitude objective, positive et ouverte. Le rapport indique que l’OTAN est ouverte aux contacts et à la coopération avec la Chine. La Chine est également prête à s’engager dans un dialogue et une coopération avec l’OTAN sur la base de l’égalité et du respect mutuel, afin d’apporter une contribution agissante au maintien de la paix et de la stabilité du monde.

Vous venez de mentionner que les Ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN tiendront une vidéoconférence avec des représentants du Japon, de l’Australie et d’autres pays. Comme je viens de le dire, la Chine poursuit toujours la voie du développement pacifique, et nous espérons que les parties concernées feront de même. Nous espérons que les parties concernées adopteront une vision correcte de la Chine et qu’elles contribueront davantage à promouvoir la paix et le développement du monde.

Global Times : Selon une récente étude des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, la COVID-19 est déjà apparue aux États-Unis à la mi-décembre de l’année dernière. Cela signifie que le premier cas de COVID-19 aux États-Unis aurait surgi un mois plus tôt. De ce fait, de nombreux internautes chinois ont qualifié la Chine de « lanceur d’alerte » du monde entier. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Depuis un certain temps, nous avons lu de nombreux reportages sur l’apparition de l’épidémie dans plusieurs endroits du monde l’année dernière. Cela prouve une fois de plus que la traçabilité du nouveau coronavirus est une tâche scientifique qui doit être prise très au sérieux, et ce travail exige que les scientifiques mènent des enquêtes et des recherches à l’échelle mondiale. La Chine est toujours en étroite communication avec l’OMS sur cette question. Nous espérons que tous les pays, à l’instar de la Chine, coopéreront avec l’OMS avec une attitude positive, afin que nous puissions mieux prévenir et être mieux préparés à l’apparition possible de crises de santé publique similaires.

The Paper : Quant aux crimes commis par des soldats australiens en Afghanistan, un dirigeant australien a indiqué que leurs objectifs étaient de défendre les valeurs nationales. L’Australie a également encouragé ceux qui partagent ses valeurs à parler pour elle. Il y a quelques heures, un porte-parole adjoint du Département d’État américain a exprimé son soutien à l’Australie, accusant la Chine de « fabriquer l’image » et de « diffuser de fausses nouvelles ». Il a également attaqué la Chine pour « violation des droits de l’homme » au Xinjiang en disant qu’eux, ils préconisent depuis toujours la défense ferme des droits de l’homme. Face à ces actes, quels sont les commentaires de la Chine ?

Hua Chunying : Hier et avant-hier, j’ai déjà expliqué de façon globale le point de vue de la Chine à ce sujet. Franchement parlant, je n’avais plus l’intention d’en dire plus. Cependant, vu que le porte-parole adjoint du Département d’État américain et la partie australienne ont souligné ensemble et encore une fois leurs valeurs en accusant la Chine de « falsifier » la photo et en lançant des accusations irresponsables sur les politiques liées au Xinjiang prises par la Chine, je dois souligner une fois de plus les faits.

D’abord, ce qui circule sur Internet n’est ni une « photo » ni une « photo falsifiée », mais une illustration créée par un jeune peintre avec l’ordinateur sur la base des faits relatés par des médias australiens et publiés dans le rapport d’enquête du Département australien de la Défense. Si cette illustration est inacceptable pour certains en Australie, les réalités révélées dans les photos et vidéos que vous trouvez sur Internet seront encore plus épouvantables (la porte-parole montre des photos et le rapport à l’audience). L’émission Four Corners d’un média australien a présenté ce genre de photos dans son reportage. À cela s’ajoutent les détails publiés dans le rapport d’enquête du Département australien de la Défense : « de nombreuses personnes ont été tuées (parfois il s’agit des femmes et enfants) », « quand les forces spéciales sont parties, ces hommes et garçons ont été trouvés morts, soit tués par balle dans la tête, soit égorgés avec les yeux bandés. Il y avait deux garçons de 14 ans qui ont été égorgés… Pour nettoyer le site, ils ont ensaché les corps de ces deux garçons de 14 ans et les ont jetés dans une rivière proche. »

Ensuite, la partie australienne a déclaré qu’elle visait à défendre les valeurs nationales. Je voudrais savoir quelles sont les valeurs que l’Australie voulait préserver ? Les crimes commis par des soldats australiens en Afghanistan et révélés au public, se conforment-ils aux valeurs de l’Australie ? Certains militaires australiens ont tué des civils innocents, mais aucun commentaire ni aucune critique d’autrui n’est permis par la partie australienne, cela se conforme-t-il aux valeurs de l’Australie ? D’un côté, ils fabriquent des faits sans aucun fondement pour lancer des attaques et des diffamations contre d’autres parties, de l’autre, ils interdisent aux autres de commenter leurs agissements mauvais et erronés, cela se conforme-t-il aux valeurs de l’Australie ? Si vous êtes manifestement responsables des agissements mauvais et erronés, mais refusez d’accepter les critiques des autres, voire rejetez les responsabilités sur d’autrui en inventant des arguments, comment pourrez-vous convaincre les autres que vous savez vos erreurs et que vous les corrigerez réellement ?

J’ai remarqué que certains avaient déjà indiqué sur la scène internationale : quelle est la vraie raison de leur indignation ? C’est la photo ? Bien sûr que non. Ce qui les irrite réellement, c’est que, contre leur gré, les Chinois ont le droit de signaler leurs mauvais agissements et de faire des commentaires là-dessus. Ils s’efforcent de vendre leurs valeurs dites de « démocratie, droits de l’homme et liberté », mais leurs actes représentent soit une violation de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté, soit une pratique typique d’hypocrisie et de « deux poids deux mesures ».

Quant à l’accusation faite par le porte-parole adjoint du Département d’État américain que vous avez mentionnée, celle contre la « violation de droits de l’homme » au Xinjiang par la Chine, la Chine a présenté maintes fois la réalité. Aujourd’hui je peux réitérer brièvement : Les prétendues « violation des droits de l’homme » et « persécution d’ethnies minoritaires » au Xinjiang constituent un « mensonge du siècle » concocté par certaines forces antichinoises extrêmes, dans lequel l’Australie et les États-Unis ont joué un rôle très méprisable. Un exemple typique est que l’Institut australien de stratégie politique (ASPI) a fabriqué des « preuves » et inventé à maintes reprises des informations choquantes mais mensongères. Ce coup monté a été révélé par la réalité il y a longtemps. Lors d’une conférence de presse récente tenue par les autorités du Xinjiang, les allégations ridicules de l’ASIP sur les prétendus « centres de concentration » ont été toutes démenties. Dans le rapport Documentation sur le système de détention du Xinjiang publié par l’ASPI, tous les bâtiments murés à l’extérieur ont été décrits comme des « centres de détention » alors qu’ils étaient en réalité des établissements civils. Par exemple, le « centre de détention » que le rapport a identifié à Turpan est en fait un bâtiment administratif, les « centres de détention » qu’il a identifiés à Kashgar sont des établissements d’enseignement locaux, des centres logistiques et des maisons de retraite. Ces lieux sont tous indiqués sur Google Map ou Baidu Map (la porte-parole montre la photo). En outre, selon des médias australiens, le Département d’État américain a accordé un financement de 1,37 million de dollars australiens au cours du dernier exercice budgétaire à l’ASPI, soit une augmentation de 367% par rapport à l’année précédente, qui a été entièrement consacré à des projets antichinois.

Certains officiels aux États-Unis et en Australie accusent sans cesse la Chine avec ces mensonges et absurdités. C’est déraisonnable et est une bassesse pour eux. Nous espérons qu’ils adopteront une attitude objective et rationnelle, et se feront une juste idée d’eux-mêmes et des autres. Nous espérons que les différentes parties amélioreront continuellement les connaissances mutuelles, porteront un jugement correct sur l’autrui, et s’efforceront de considérer les autres comme des partenaires et non des rivaux. Une ligne à ne jamais franchir, c’est la calomnie et la diffamation. S’ils s’opposent à la diffusion de fausses nouvelles, ils devront montrer un exemple à cet égard et prouver qu’ils n’ont diffusé aucune fausse nouvelle sur la Chine.

Reuters : Vous avez mentionné le rapport d’enquête du Département australien de la Défense lundi. Après l’avoir entendu, je suis allé lire ce rapport. Est-ce à la page 120 ? Il s’agit de scénarios et de détails révélés anonymement par certains soldats australiens à un sociologue d’une université australienne, qui sont consignés dans le rapport. Le Département australien de la Défense a ensuite mené une enquête. La conclusion qu’il a publiée plus tard a clairement indiqué qui étaient les victimes et quand ont eu lieu les meurtres, sans pour autant préciser les détails susmentionnés. Qu’en pensez-vous ?

Hua Chunying : Il semble que vous avez étudié attentivement ce rapport. Le Département australien de la Défense a publié ce rapport, le Chef des Forces de défense australiennes a tenu une conférence de presse dédiée à ce sujet, et de nombreux médias australiens ont couvert cela et ont donné leur réponse. Plus de 20 soldats australiens ont tué 39 civils en Afghanistan, tel est un fait affirmé. Il y a des photos et des vidéos concernées sur Internet (la porte-parole montre des photos à l’audience). J’ai vu également sur la télévision un soldat australien se repentir et expier pour ses compagnons d’armes qui avaient tué des civils afghans. Quant aux détails, je pense que vous avez également remarqué que le rapport lui-même a été abrégé. Si cela vous intéresse vivement, vous pourrez vous renseigner auprès de l’armée australienne. En ce qui concerne la personne qui a dénoncé en premier cette affaire, selon des reportages, elle subit maintenant la pression de la part du gouvernement australien et est confrontée à de nombreux problèmes. J’ai également noté que certains Australiens appelaient en ligne à sa protection. Ces faits sont bien clairs.

   

Bloomberg : La Commission d’examen de l’économie et de la sécurité États-Unis-Chine du Congrès américain a publié un rapport de près de 600 pages. Ce rapport appelle les États-Unis à continuer de demander à la Chine de fournir un accès égal aux entreprises et aux médias, à surveiller plus strictement les activités de la Chine au sein des Nations Unies, et à prendre des mesures préventives pour protéger les intérêts scientifiques, technologiques et financiers des États-Unis. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?

Hua Chunying : La prétendue commission que vous avez mentionnée est toujours pleine de préjugés idéologiques à l’encontre de la Chine et a régulièrement concocté des rapports de différents types pour discréditer et déshonorer la Chine sans aucun fondement. Certaines personnes aux États-Unis sont passionnées par la mentalité de guerre froide et de jeu à somme nulle, et ne voient rien autre que des complots, des pièges et des menaces. Ce n’est pas une bonne chose pour les États-Unis eux-mêmes, les relations sino-américaines ainsi que le monde entier. Nous espérons que les personnes concernées aux États-Unis abandonneront leur mentalité de guerre froide et de jeu à somme nulle et leurs préjugés idéologiques, cesseront leurs accusations infondées contre la Chine, et arrêteront tous actes et paroles nuisant aux intérêts de la Chine et aux relations sino-américaines.

CCTV : Nous avons noté que la Chine et les États insulaires de l’océan Pacifique avaient récemment tenu leur deuxième réunion spéciale au niveau de Vice-Ministre des Affaires étrangères pour la réponse à la COVID-19. Pourriez-vous nous présenter les acquis de cette réunion ? Quelles mesures la Chine prendra-t-elle avec les États insulaires de l’océan Pacifique dans la prochaine étape pour faire face à l’épidémie ?

Hua Chunying : Le 30 novembre, la deuxième réunion spéciale au niveau de Vice-Ministre des Affaires étrangères entre la Chine et les États insulaires de l’océan Pacifique pour la réponse à la COVID-19 s’est tenue avec succès par liaison vidéo. La réunion a été coprésidée par le Vice-Ministre des Affaires étrangères Zheng Zeguang et le Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur des Îles Salomon Jeremiah Manele. Le Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères de Nioué Dalton Tagelagi y a participé et a prononcé un discours. Les représentants de la Chine et des dix États insulaires du Pacifique ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine ont tous participé à la réunion.

En mai dernier, la Chine et les États insulaires de l’océan Pacifique ont tenu leur première réunion spéciale au niveau de Vice-Ministre des Affaires étrangères pour la réponse à la COVID-19. Depuis lors, les deux parties ont travaillé en étroite coopération pour promouvoir de nouveaux progrès dans leur coopération pour lutter contre l’épidémie et dans les échanges amicaux dans divers domaines, et ont ainsi sauvegardé avec succès la vie et la santé des populations des deux parties. Six mois plus tard, tous les pays ont trouvé nécessaire l’organisation d’une nouvelle réunion pour faire un bilan de la coopération entre les deux parties depuis six mois et élaborer des plans pour la prévention et le contrôle de l’épidémie ainsi que la coopération pragmatique dans la prochaine étape. Lors de cette réunion, les parties ont présenté les résultats, l’expérience et les mesures dans leur réponse respective à l’épidémie et dans la reprise respective des activités économiques, ont procédé à un échange de vues approfondi et sont parvenues à un nouveau consensus notamment sur la coopération antiépidémique entre les deux parties, la coopération pragmatique dans divers domaines, les échanges humains et culturels et décentralisés, et la coordination multilatérale. La réunion a publié un communiqué de presse conjoint. Nous l’avons publié, et je vous invite à le lire.

Lors de la réunion, toutes les parties ont réaffirmé que l’épidémie était une menace commune pour l’humanité et que la coopération internationale devait être renforcée pour y faire face. Elles ont souligné la nécessité de continuer à soutenir le rôle leader de l’OMS dans la coordination de la réponse mondiale à la COVID-19, et se sont dites opposées sans équivoque aux paroles et aux actes visant à politiser, stigmatiser ou étiqueter l’épidémie. Elles sont convenues de renforcer la coordination et la coopération dans les affaires internationales et régionales, et de travailler ensemble pour défendre la justice internationale, le multilatéralisme et les droits et intérêts des pays en développement. Les États insulaires de l’océan Pacifique ont réaffirmé leur engagement en faveur du principe d’une seule Chine.

La partie chinoise a également annoncé ses propositions pour la prochaine étape du renforcement de la coopération avec les États insulaires dans des domaines tels que l’approvisionnement en vaccins, le fonds de coopération pour la lutte contre la COVID-19, le moratoire sur le service de la dette, l’e-commerce, la formation du personnel et la coopération décentralisée. Les États insulaires ont hautement apprécié les nouvelles mesures de coopération proposées par la Chine, qui, selon eux, joueront un rôle important dans la lutte contre l’épidémie et la garantie du bien-être des populations de leurs pays.

La Chine mettra en œuvre le consensus atteint lors de cette réunion et promouvra de manière coordonnée sa coopération avec les États insulaires de l’océan Pacifique dans la prévention et le contrôle de l’épidémie et dans tous les autres domaines, dans le but de favoriser le développement continu du partenariat stratégique global entre la Chine et les États insulaires de l’océan Pacifique.

NHK : Selon des reportages, le verdict dans l’affaire de Joshua Wong Chi-fung a été rendu cet après-midi. Joshua Wong a été condamné à 13 mois et demi de prison, et Agnes Chow et Ivan Lam à sept mois de prison. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Je pense qu’il ne s’agit pas d’une question diplomatique.

Reuters : Mardi, les États-Unis ont accusé la Chine de « violation flagrante » de son obligation d’appliquer les sanctions internationales à la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et ont offert des récompenses allant jusqu’à 5 millions de dollars pour collecter des informations sur le contournement des sanctions. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : La Chine a exprimé à plusieurs reprises sa position sur les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies relatives à la RPDC. L’objectif des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité sur la RPDC est de réaliser la dénucléarisation et de maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne. Les sanctions sont des moyens, qui sont là pour servir l’objectif. Dans les circonstances actuelles, toutes les parties devront consacrer plus d’énergie au processus du règlement politique de la question de la péninsule et accorder plus d’attention à l’impact négatif des sanctions sur la situation humanitaire et le bien-être de la population de la RPDC. La pandémie de COVID-19 continue de se propager, nous appelons une fois de plus le Conseil de Sécurité à entamer dès que possible des discussions sur les « dispositions réversibles » des résolutions concernées, et à apporter les ajustements nécessaires aux sanctions, notamment celles touchant au bien-être de la population, afin de créer les conditions propices au règlement politique de la question de la péninsule.

En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité et grand pays responsable, la Chine applique toujours scrupuleusement les résolutions du Conseil de Sécurité et remplit ses obligations internationales. Nous promouvons activement le règlement politique de la question de la péninsule et n’avons pas relâché nos efforts même au moment de l’épidémie. En revanche, tout en laissant le virus incontrôlé chez eux, les États-Unis ont consacré beaucoup de temps et d’énergie à la surveillance et à l’espionnage, accusant calomnieusement d’autres pays de ne pas appliquer les résolutions, et offrant même des récompenses pour des renseignements. Nous souhaitons vraiment demander à la partie américaine : qu’avez-vous fait pour mettre en œuvre les dispositions politiques des résolutions pertinentes ? Qu’avez-vous fait pour assurer les besoins humanitaires et le bien-être de la population en RPDC ? Qu’avez-vous fait pour mettre en œuvre les « dispositions réversibles » des résolutions ? Nous recommandons à la partie américaine de faire plus de choses susceptibles de faire avancer le processus politique de la question de la péninsule au lieu de faire de grands discours démagogiques.