Conférence de presse du 4 décembre 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2020/12/04

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies organisera le 4 décembre une réunion de haut niveau sur la coopération entre l'Organisation des Nations Unies (ONU) et l'Union africaine (UA). Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, en tant que représentant spécial du Président Xi Jinping, y participera. L'événement se tiendra par visioconférence.

À l'heure actuelle, l'aggravation de l'épidémie de COVID-19 exerce de profonds impacts sur le développement économique et social des pays africains et pose de nouveaux défis à la paix et à la sécurité en Afrique. Dans ce contexte, l'Afrique du Sud, pays qui assume la présidence tournante du Conseil de Sécurité pour le mois de décembre, prend l'initiative d'organiser la réunion de haut niveau sur la coopération entre l'ONU et l'UA, ce qui revêt une importante signification. La Chine espère que les différentes parties profiteront de cette occasion pour trouver des terrains d'entente en matière de solidarité et de coopération, soutenir ensemble la riposte africaine à la COVID-19 et aider l'Afrique à parvenir à la paix et au développement.

CCTV : La Chine a annoncé qu'elle avait réalisé comme prévu l'objectif de lutte contre la pauvreté dans la nouvelle ère et qu'elle partageait ses expériences et pratiques dans la réduction de la pauvreté avec les pays en développement concernés. Le Premier Ministre thaïlandais Prayut Chan-o-Cha a fait l'éloge des expériences chinoises sur l'assistance ciblée aux démunis. Le Directeur général de l'Organisation internationale du Travail (OIT) Guy Ryder a également indiqué que la Chine avait établi un exemple pour la cause mondiale de sortie de la pauvreté. Qu'en pensez-vous ?

Hua Chunying : Le gouvernement chinois attache une grande importance à l'aide aux démunis et à la réduction de la pauvreté. En l'espace de plus de 70 ans, il a fait 850 millions de personnes s'affranchir de la pauvreté, représentant plus de 70% des populations qui sont sorties de la pauvreté du monde entier. Notamment depuis le 18e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC), le gouvernement chinois a accordé une priorité plus élevée à la lutte décisive pour éradiquer la pauvreté, et a organisé la bataille contre la pauvreté la plus grande et la plus puissante dans l'histoire de l'humanité. Après des efforts inlassables pendant 8 ans, nous avons accompli comme prévu la mission de la lutte contre la pauvreté dans la nouvelle ère, toute la population rurale pauvre définie selon les critères en vigueur s'est débarrassée de la pauvreté. Le mois dernier, les derniers 52 districts pauvres de la Chine ont été tous sortis de la pauvreté. Jusqu'à présent, 832 districts chinois répertoriés comme districts pauvres au niveau national ont éliminé la pauvreté. La pauvreté absolue et la pauvreté régionale ont été éradiquées. Avec près de 100 millions de personnes qui se sont débarrassées de la pauvreté, la Chine a remporté une grande victoire dans la lutte contre la pauvreté. Nous, les Chinois, en sommes très fiers. Les énormes réalisations obtenues par la Chine en matière de lutte contre la pauvreté ont aussi été largement saluées par la communauté internationale.

Dans son processus de lutte contre la pauvreté, la Chine a reçu un grand soutien de la communauté internationale. Elle a aussi contribué toujours à la cause internationale de la réduction de la pauvreté par des actions concrètes. La partie chinoise a récemment publié un rapport intitulé Élimination de la pauvreté absolue : la pratique de la Chine, en vue de partager son expérience et ses pratiques de réduction de la pauvreté dans divers domaines. La Chine a créé le Fonds Chine-ONU pour la paix et le développement et le Fonds d'assistance pour la coopération Sud-Sud, et a travaillé à faire progresser solidement des projets de coopération dans le cadre de l'Initiative pour la réduction de la pauvreté en Asie de l'Est et du Programme de coopération Chine-Afrique sur la réduction de la pauvreté. La Chine a aidé à construire 24 centres de démonstration des technologies agricoles en Afrique qui bénéficient à plus de 500 000 habitants locaux. De plus, la Chine n'a cessé d'aider les pays en développement à renforcer leurs capacités par des voies multilatérales et bilatérales, de sorte à contribuer à la coopération internationale dans la réduction de la pauvreté.

La Chine mettra en œuvre bel et bien les grandes initiatives avancées par le Président Xi Jinping sur l'approfondissement de la coopération Sud-Sud, continuera de soutenir et d'aider les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés, à éradiquer la pauvreté absolue et à développer leur économie, et créera davantage de projets de marque et de démonstration en matière de lutte contre la pauvreté, de manière à injecter une nouvelle dynamique à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030 de l'ONU.

Sur la voie de l'éradication de la pauvreté en Chine, nous ne laisserons personne derrière. Nous espérons aussi qu'à travers les efforts concertés, tous les pays pourront se débarrasser de la pauvreté dans les meilleurs délais, de sorte que les peuples du monde entier puissent vivre une meilleure vie.

Agence de presse Xinhua : Hier s'est tenue la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies en réponse à la pandémie de COVID-19. Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres y a indiqué que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait fourni, dès le tout début, de vraies informations et des guides scientifiques. Malheureusement, nombre de ses conseils n'avaient pas été respectés et il y avait même des cas de rejet de faits et de mépris de directives. M. Guterres a souligné que les différents pays devraient faire preuve de solidarité et prendre des actions coordonnées, multilatérales et globales pour répondre aux crises. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Hua Chunying : La session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies en réponse à la pandémie de COVID-19 s'est tenue hier. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, en tant que représentant spécial du Président Xi Jinping, a participé à la réunion et y a donné une allocution par liaison vidéo. Aujourd'hui, une nouvelle vague épidémique nous met dans une période cruciale de la riposte sanitaire mondiale. La Chine espère sincèrement que toutes les parties renforceront la solidarité, trouveront plus de terrains d'entente et intensifieront la coopération, afin de remporter la victoire de la riposte mondiale à la COVID-19 le plus tôt possible.

Hier, le Conseiller d'État Wang Yi a exposé les points de vue et les initiatives de la Chine lors de l'événement. Premièrement, nous avons à contenir résolument la propagation du virus. Deuxièmement, nous avons à renforcer la solidarité et la coopération. Les principaux grands pays doivent jouer un rôle exemplaire en travaillant à la riposte collective. Troisièmement, nous avons à promouvoir de manière coordonnée la lutte contre la COVID-19 et le développement économique et social. Nous devons promouvoir une reprise verte et préserver la stabilité des chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales. Quatrièmement, nous avons à accroître le soutien aux pays en développement. Nous devons accroître l'aide humanitaire aux populations vulnérables et alléger le fardeau des pays en développement. Cinquièmement, nous avons à créer un environnement international favorable à la lutte contre la COVID-19. Il faut prêter une oreille attentive à l'appel de la communauté internationale et lever les sanctions unilatérales et les autres mesures coercitives unilatérales sous toutes leurs formes, en vue de fournir un bon environnement à la réponse solidaire à la COVID-19.

Depuis le début de l'épidémie, le gouvernement chinois, accordant toujours la première priorité au peuple et à la vie humaine, a pris des mesures scientifiques et ciblées pour la riposte à la COVID-19, et était parmi les premiers à contenir la pandémie. Nous avons lancé à l'échelle mondiale la plus grande opération humanitaire de l'histoire de la Chine nouvelle et assumé nos responsabilités en tant que plus grand fournisseur des matériels antiépidémiques. La Chine entend continuer d'intensifier la communication et la coopération avec l'OMS et les autres pays, et soutenir le rôle leader crucial de l'OMS dans la coopération mondiale en matière de lutte contre l'épidémie, de manière à triompher de l'épidémie dans les meilleurs délais et à construire une communauté de santé pour tous.

Bloomberg : Selon des reportages, le Département américain de la Justice est en pourparlers avec l'équipe juridique de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, pour résoudre l'affaire Meng Wanzhou. Le Département américain de la Justice propose de permettre à Meng Wanzhou de retourner en Chine en échange de sa reconnaissance d'une partie de ses accusations. Pourriez-vous fournir plus d'informations ? Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Je ne sais pas d'où viennent ces informations. Franchement, ces reportages me rappellent ce que Frédéric Pierucci, ancien cadre supérieur d'Alstom, a vécu en 2013. Il a décrit en détail son expérience dans son œuvre intitulée Le Piège américain. Ce que vous venez de mentionner est presque pareil à l'histoire de Frédéric Pierucci.

La position de la Chine sur cette question est bien évidente. Mme Meng Wanzhou est innocente. La nature de l'affaire Meng Wanzhou est très claire et sans équivoque. L'administration américaine a concocté cet incident pour son objectif politique de réprimer les entreprises chinoises de haute technologie, et le Canada y a joué un rôle très scandaleux. Il s'agit purement et simplement d'un grave incident politique.

Nous exhortons à nouveau les États-Unis à retirer immédiatement le mandat d'arrêt et la demande d'extradition de Mme Meng et nous exhortons la partie canadienne à libérer immédiatement Mme Meng afin qu'elle puisse retourner en Chine en toute sécurité dès que possible.

Shenzhen TV : Selon des reportages, des procureurs canadiens ont déclaré que le tribunal devait supprimer le témoignage de Michael Gottlieb, ancien avocat de la Maison Blanche sous l'administration Obama, soumis par l'équipe juridique de Meng Wanzhou en juillet dernier dans son affaire d'extradition. Selon le témoignage de Michael Gottlieb, le Président américain Donald Trump utilisait Meng Wanzhou comme monnaie d'échange dans les négociations commerciales avec la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Les faits ont pleinement prouvé que l'affaire Meng Wanzhou est un grave incident politique. L'administration américaine a fabriqué cette affaire non pas pour des raisons juridiques, sa véritable intention étant de réprimer les entreprises chinoises de haute technologie et d'entraver le développement scientifique et technologique de la Chine. Le gouvernement canadien, servant de complice de l'administration américaine, a détenu arbitrairement une citoyenne chinoise innocente qui n'avait violé aucune loi canadienne, ce qui a suscité une vive indignation du peuple chinois et a conduit à l'effondrement des relations sino-canadiennes depuis deux ans. Encore une fois, nous exhortons le gouvernement canadien à faire face au problème et à prendre une décision correcte qui se conforme à la justice, à l'État de droit et aux intérêts fondamentaux de la population canadienne.

RCI : Selon des reportages, le 2 décembre, le Directeur du Bureau chinois auprès de l'État de Palestine Guo Wei et le Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) Philippe Lazzarini ont signé en ligne l'attestation de la livraison de matériel antiépidémique chinois à l'UNRWA. Phillipe Lazzarini a exprimé sa reconnaissance au gouvernement chinois sur Twitter. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La signature de l'attestation de la livraison de matériel antiépidémique par le Directeur Guo Wei et le Commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini signifie que tous les matériels antiépidémiques que la Chine a promis à des pays comme la Palestine et à l'UNRWA ont été fournis. J'ai remarqué que le Commissaire général Phillipe Lazzarini avait spécialement remercié le gouvernement chinois de son soutien ferme de longue date à l'UNRWA, avait salué l'assistance de la Chine permettant d'atténuer efficacement la pénurie de matériels antiépidémiques de l'UNRWA, avait apprécié les bonnes relations entre l'UNRWA et la Chine, et avait exprimé son espoir de renforcer la coopération avec la Chine.

Nous savons tous que le Président Xi Jinping a adressé un message de félicitations à une réunion de l'ONU consacrée à la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Je tiens à souligner une fois de plus que la Chine soutient toujours la juste cause du peuple palestinien. Nous témoignons d'une forte sympathie aux réfugiés à l'intérieur et à l'extérieur de l'État de Palestine pour leurs souffrances douloureuses. Actuellement, la COVID-19 ne cesse de sévir, et la question palestinienne demeure complexe et difficile à résoudre. La Chine continuera de fournir de l'aide dans la mesure de ses capacités à des pays, y compris la Palestine, dans leur lutte contre l'épidémie, et de soutenir les agences de l'ONU et le multilatéralisme par des actions concrètes, afin d'apporter la contribution chinoise au règlement rapide de la question palestinienne à travers une solution globale et juste, ainsi qu'à une paix durable au Moyen-Orient.

Hubei TV : La « voie rapide » pour les échanges de personnels nécessaires entre la Chine et le Japon a été officiellement lancée le 30 novembre. Pourriez-vous présenter les arrangements spécifiques de celle-ci ?

Hua Chunying : Quant à la « voie rapide » pour les voyageurs japonais en Chine, les personnels japonais peuvent déposer leur demande à travers les organisations gouvernementales ou les entreprises chinoises qui se chargent de leur accueil. Après l'approbation des départements compétents, ils peuvent demander leur visa selon les réglementations. Ils doivent également obtenir l'attestation de deux résultats négatifs, respectivement d'un test d'acide nucléique et d'un test sérologique d'anticorps IgM avant d'embarquer sur le vol. Ils seront également soumis à des tests pertinents ainsi qu'à une gestion en boucle fermée une fois arrivés en Chine.

Concernant la « voie rapide » des personnels chinois qui voyagent au Japon, ils peuvent demander leur visa selon les réglementations japonaises et partir pour le Japon avec les certificats de tests exigés. Les matériels pour la demande de visa et les exigences spécifiques de la partie japonaise sont disponibles sur les sites web des ambassades et consulats japonais en Chine.

Reuters : L'administration Trump a ajouté jeudi la Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC) et la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) sur sa liste noire des entreprises industrielles liées à l'armée du PCC. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine s'oppose résolument à la répression injustifiée des États-Unis contre les entreprises chinoises, et a clarifié à plusieurs reprises sa position sur ces questions. Les pratiques des États-Unis ont gravement violé les principes de concurrence sur le marché et les normes régissant l'économie et le commerce internationaux qu'ils vantent depuis toujours, et compromettront certainement et sérieusement les intérêts nationaux et l'image de la partie américaine.

Les entreprises chinoises s'en tiennent à se conformer aux lois et règles dans leurs activités, et observent strictement les lois et règlements des pays d'accueil dans leur développement international. Les États-Unis doivent cesser leurs actes erronés consistant à abuser du pouvoir d'État et du concept de sécurité nationale pour réprimer les entreprises étrangères.

NHK : Mercredi, l'administration américaine a annoncé des restrictions sur les visas pour les membres du PCC et leur famille. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ? La politique vise à contrecarrer l'influence « malveillante » du PCC. Êtes-vous d'accord avec eux ?

Hua Chunying : Pensez-vous que je serais d'accord ? Comme c'est ridicule ! Lorsque je lis ces propos faits par des personnes antichinoises extrêmes aux États-Unis, je vois devant mes yeux Don Quichotte brandissant sa lance. C'est très ridicule, absurde et navrant.

Hier, j'ai fait une brève déclaration sur la position de principe de la Chine à cet égard. Ce matin, j'ai lu la déclaration concernée de la porte-parole du Département d'État américain. En tant que diplomate, vous devez comprendre les réalités nationales de votre propre pays et celles des pays auxquels vous avez affaire, et vous devez au moins garder à l'esprit l'égalité et le respect mutuel.

La direction du PCC est la caractéristique la plus essentielle du socialisme aux caractéristiques chinoises, comme le stipule clairement la Constitution de la République populaire de Chine. « Il n'y aurait pas de Chine nouvelle sans le PCC », voilà la croyance générale du peuple chinois. C'est grâce à la direction du PCC que le peuple chinois est parvenu à l'indépendance, à la liberté, et à la libération et a enregistré constamment de grands succès dans le processus de construction et de développement du pays. Au cours des 99 dernières années, le nombre des membres du PCC est passé de plus de 50 au début à plus de 92 millions. Le PCC compte toujours sur le peuple, sert le peuple, et est profondément enraciné chez le peuple chinois, et le PCC et le peuple chinois sont inséparables. C'est la raison pour laquelle le taux de soutien du peuple chinois au PCC et au gouvernement chinois dirigé par le PCC est supérieur à 90% depuis des années.

Il y a plus de 40 ans, lorsque les États-Unis ont établi des relations diplomatiques avec la Chine, ils ont compris que la Chine était un pays socialiste sous la direction du PCC, et les relations sino-américaines étaient fondées sur le consensus selon lequel les deux parties reconnaissent et respectent les différences de leurs systèmes sociaux. Au cours de plus de 40 dernières années, grâce aux efforts conjoints des deux parties et de leurs peuples, les relations bilatérales se sont considérablement développées, ce qui a apporté d'énormes bénéfices aux deux peuples et a grandement contribué à résoudre de nombreux défis auxquels l'humanité est confrontée et à sauvegarder la paix, la stabilité et le développement dans le monde.

Cependant, depuis un certain temps, des politiciens américains diabolisent la Chine sans scrupule et attaquent de façon venimeuse le PCC, dans la tentative de semer la discorde entre le PCC et le peuple chinois et de couper leur lien inhérent. En suscitant la « panique rouge » et l'« horreur blanche » aux États-Unis, leur véritable objectif est de politiser l'idéologie et de la transformer en arme, de kidnapper les relations sino-américaines et l'opinion publique américaine pour satisfaire leurs propres intérêts égoïstes.

J'espère profondément que ces personnes prêtent une oreille attentive à la voix du peuple chinois, en particulier de la jeunesse chinoise aimable, et écoutent leurs points de vue sur les pratiques d'une poignée de politiciens antichinois aux États-Unis. Comme le prouvent les faits à maintes reprises, chaque fois que certains politiciens américains attaquent et salissent de manière malveillante le PCC, le peuple chinois devient plus uni et plus patriote et soutient plus sincèrement la direction du PCC. Plus ils s'attaquent violemment au PCC, répriment et persécutent les membres du PCC, plus ils se font les ennemis des 1,4 milliard de Chinois. Leur tentative de découplage avec le PCC est en fait un acte de découplage avec la Chine qui représente un cinquième de la population mondiale, avec le monde, et avec l'avenir. De tels actes vont clairement à l'encontre de la tendance de l'histoire, ne correspondent pas à l'aspiration des peuples chinois et américain aux échanges amicaux et ne feront finalement que nuire profondément aux propres intérêts des États-Unis.

En fait, nous entendons de plus en plus de voix rationnelles de critique et de rejet aux États-Unis. Certains disent que certaines pratiques actuelles des États-Unis ne sont rien que la grave automutilation.

AFP : Le Directeur du renseignement national des États-Unis a publié hier un article, qualifiant la Chine de plus grande menace pour le monde depuis la Seconde Guerre mondiale et de « première menace » pour la démocratie et la liberté. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : À l'heure actuelle, les États-Unis voient l'épidémie faire rage chez eux, et de nombreux Chinois comme moi suivent de près la situation actuelle du peuple américain et leur témoignent une profonde sympathie. Mais nous ne comprenons pas pourquoi certains politiciens aux États-Unis, au lieu de s'en préoccuper, continuent au contraire de chercher et de se créer des ennemis dans le monde entier.

L'article du Directeur américain du renseignement national, qui attaque la Chine en la qualifiant de plus grande menace pour la sécurité, ne fait que créer un titre sensationnel. L'ensemble de cet article, sans fournir la moindre preuve solide, ne cesse de répéter des mensonges et des rumeurs, s'efforce de diffamer et de dénigrer la Chine, et fait du tapage de manière effrénée autour de « la menace chinoise ». On peut dire que c'est un autre « amalgame de mensonges » concocté par les départements concernés de l'administration américaine depuis un certain temps.

Depuis la fondation de la République populaire de Chine il y a plus de 70 ans, nous sommes passés d'un pays extrêmement appauvri et affaibli à la deuxième économie du monde. Ce résultat est dû au développement pacifique et non à la colonisation, à l'agression ou à l'expansion. Au cours de plus de 70 ans écoulés, 850 millions de populations pauvres en Chine sont parvenues à sortir de la pauvreté, ce qui représente une contribution à hauteur de plus de 70% à la réduction de la pauvreté dans le monde. La Chine joue toujours un rôle important en tant que moteur dans la croissance mondiale. Selon le dernier rapport de l'Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE), la croissance de la Chine contribuera à plus d'un tiers de la croissance mondiale en 2021. Depuis 1990, l'armée chinoise a participé au total à 26 opérations de maintien de la paix de l'ONU, en envoyant plus de 40 000 Casques bleus, ce qui a fait de la Chine le premier pourvoyeur de Casques bleus au sein des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité. Et partout où elles sont allées, les troupes chinoises de maintien de la paix ont été reconnues et saluées par tous les milieux, et ont apporté une contribution agissante à la promotion de la paix et de la stabilité locales. La Chine n'a provoqué aucune guerre de sa propre initiative, ni violé un seul pouce du territoire d'autrui. Il a été prouvé à maintes reprises par les faits que la Chine est depuis toujours un constructeur de la paix mondiale, un contributeur au développement mondial et un défenseur de l'ordre international.

Certaines personnes de la partie américaine ont accusé la Chine d'être la « première menace ». Regardons donc les États-Unis : ces dernières années, les États-Unis, obstinés dans l'unilatéralisme, se sont retirés de traités internationaux, ont saboté le multilatéralisme et la coopération internationale, sont revenus à la mentalité de guerre froide, ont prôné la concurrence entre grands pays et ont ostensiblement renforcé leurs arsenaux nucléaires, ce qui a exacerbé le déséquilibre stratégique du monde. Qui est le défenseur de la paix mondiale et qui est le destructeur de l'ordre international ? La communauté internationale le voit clairement, de même pour les alliés des États-Unis. Il y a également beaucoup de réflexion à cet égard aux États-Unis. Au cours de leurs près de 250 ans d'histoire depuis leur fondation, les États-Unis n'ont eu que 16 années sans guerre, faisant d'eux véritablement la nation la plus belligérante de l'histoire mondiale. Selon des reportages, parmi les plus de 190 membres des Nations Unies, seuls trois n'ont pas eu de guerre avec les États-Unis ou n'ont pas fait l'objet de l'intervention américaine. Des sondages internationaux prestigieux montrent que 45% de leurs sondés considèrent que les États-Unis constituent une menace majeure pour le monde. Et des sondages dans 10 pays dont l'Allemagne, le Japon et la République de Corée montrent qu'environ la moitié ou plus des sondés considèrent que les États-Unis posent une menace majeure pour leur pays. Récemment, un certain nombre de médias, d'experts et d'universitaires américains ont ouvertement exprimé que la plus grande menace géopolitique pour les États-Unis n'était autre que les États-Unis eux-mêmes.

Nous espérons que certains politiciens aux États-Unis respecteront les faits, renonceront à fabriquer et à vendre des mensonges, cesseront de concocter et de diffuser des virus et des mensonges politiques, et arrêteront de compromettre les relations sino-américaines ainsi que la confiance mutuelle et la coopération entre les deux pays. Sinon, ils ne feront que nuire davantage à la crédibilité et à l'image nationale des États-Unis.

Quant à la question de savoir si la Chine menace la liberté et la démocratie du monde, je me demande ce qu'il veut dire par « démocratie et liberté » ? Un exemple récent a déjà mis à jour les agissements réels des États-Unis et de plusieurs de leurs alliés en termes de démocratie, de droits de l'homme et de valeurs. Si la Chine menace leur liberté, il s'agit de leur liberté de faire tout ce qu'ils veulent, de s'ingérer sans scrupule dans les affaires intérieures d'autrui et de saper la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement d'autrui. Et concernant cela, je crois que de plus en plus de pays se mettront du bon côté de l'histoire et du côté de l'équité et de la justice.

CNR : Selon des données récemment publiées par Eurostat, la Chine a dépassé les États-Unis au troisième trimestre de cette année pour devenir le premier partenaire commercial de l'Union européenne (UE). Au cours des neuf premiers mois de cette année, les échanges commerciaux entre la Chine et l'UE se sont élevés à 425,5 milliards d'euros, un chiffre supérieur aux 412,5 milliards d'euros entre l'UE et les États-Unis. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : C'est une bonne nouvelle tant pour la Chine que pour l'UE. En tant que partenaires commerciaux importants l'une pour l'autre, la Chine et l'UE ont une grande complémentarité sur le plan économique et disposent d'un potentiel énorme de coopération dans de vastes domaines. L'UE est le premier partenaire commercial de la Chine depuis de nombreuses années consécutives. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, au cours des trois premiers trimestres de cette année, la Chine est devenue pour la première fois le premier partenaire commercial de l'UE, démontrant ainsi pleinement la résilience et le potentiel des relations économiques et commerciales entre la Chine et l'UE. Le développement rapide du commerce entre elles a fortement favorisé le développement économique et social des deux parties et amélioré le bien-être de leurs peuples.

En septembre dernier, la Chine et l'UE ont officiellement signé l'Accord Chine-UE sur les indications géographiques, qui facilitera l'accès des produits agricoles de qualité des deux parties au marché de l'autre. Actuellement, la Chine et l'UE accélèrent également les négociations sur l'Accord d'investissement Chine-UE. Nous espérons que les deux parties travailleront ensemble dans le même sens pour atteindre l'objectif de le conclure dans le courant de l'année et porter la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'UE à un niveau supérieur. Tout en favorisant une nouvelle dynamique de développement, la Chine poursuivra l'élargissement de son ouverture et offrira ainsi davantage de possibilités aux pays du monde entier, y compris les pays de l'UE. Nous espérons également que l'UE maintiendra l'ouverture de son marché du commerce et des investissements et collaborera avec la Chine pour soutenir la mondialisation économique et l'environnement ouvert et libre pour le commerce et les investissements.

South China Morning Post : Selon certains reportages, l'ancien membre du Conseil législatif de Hong Kong Ted Hui Chi-fung s'est « exilé » au Danemark avec l'aide d'un membre du parlement danois. Avez-vous des informations à ce sujet ? Quelle est la réponse de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : J'ai remarqué les reportages concernés. L'acte des politiciens danois concernés viole les normes fondamentales régissant les relations internationales et nuit à l'image internationale du Danemark qui insiste toujours sur la gouvernance de l'État en vertu de la loi. La Chine est un État de droit, et Hong Kong, une société de droit. Les lois doivent y être respectées et toute infraction y sera punie. Nous nous opposons fermement à toute ingérence dans les affaires de Hong Kong, y compris la souveraineté judiciaire de Hong Kong, et à la protection des criminels de Hong Kong par tout personne, organisation ou pays, de quelque manière que ce soit.

NHK : Le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo a condamné, dans une déclaration publiée le 3 décembre, les « persécutions politiques » du gouvernement de Hong Kong contre les « activistes démocratiques ». Certains critiques internationaux ont déclaré que le verdict dans l'affaire de Joshua Wong était une répression de la liberté politique de Hong Kong. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Depuis un certain temps, nous avons exprimé à plusieurs reprises notre position de principe sur l'ingérence de certaines forces étrangères dans les affaires de Hong Kong. J'ai aussi remarqué la question posée par des personnalités aimant la Chine et Hong Kong, qui voudraient bien savoir ce que Pompeo et ses semblables penseraient et feraient si le Consulat général des États-Unis à Hong Kong était assiégé et attaqué.

Comme je viens de le dire, la Chine est un État de droit, et Hong Kong, une société de droit. Les lois doivent y être respectées et toute infraction y sera punie. Les organes judiciaires de la Région administrative spéciale de Hong Kong poursuivent les criminels en justice et défendent l'autorité juridique conformément à la loi, ce qui ne tolère aucune calomnie.

Nous exhortons certains politiciens concernés aux États-Unis à cesser de se mêler dans les affaires intérieures de la Chine, y compris les affaires de Hong Kong, au nom des prétendues liberté et démocratie, et à mettre fin au noircissement et aux accusations délibérés à l'encontre de la Chine. Plus ils le font, plus le monde voit clairement leur pratique flagrante de « deux poids deux mesures » et leur visage hypocrite.

Bloomberg : Selon des données, plus de 200 000 habitants de Hong Kong ont demandé et obtenu le passeport britannique d'outre-mer (BNO) au cours des dix premiers mois de l'année. Quelle est la réponse de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : La Chine a maintes fois clairement exprimé sa position sur la question du BNO. La partie britannique a violé ses engagements en s'obstinant à instrumentaliser de manière répétitive le BNO, et cela constitue une ingérence dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine. C'est le Royaume-Uni qui a violé ses engagements en premier, par conséquent, la Chine envisagera de ne pas reconnaître le BNO comme document de voyage valable et se réserve le droit de prendre davantage de mesures.

Shenzhen TV : Le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères du Canada a affirmé qu'il était choqué de voir la « photo falsifiée » décrivant les crimes de soldats australiens en Afghanistan diffusée par un officiel chinois. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Hua Chunying : La réalité de cette affaire est tellement claire, et cependant il y a toujours des gens prétendant que c'est « une photo falsifiée » et disant qu'ils sont « choqués ». C'est leurs paroles et actes qui sont choquants.

Certains soldats australiens ont commis de graves crimes en Afghanistan, tel est un fait confirmé par le rapport d'enquête du Département australien de la Défense. Le rapport d'enquête du Major général australien Paul Brereton est fondé sur des témoignages de plus de 400 personnes, de 20 000 documents et de 25 000 photos. Le rapport reconnaît à plusieurs endroits qu'il existe des matières crédibles selon lesquelles certains militaires australiens ont commis de graves crimes violant le droit international humanitaire (DIH) en Afghanistan. Dans le même temps, la version publique du rapport indique que certains faits n'ont pas été rendus publics « pour des raisons de sécurité, de confidentialité et d'autres raisons ». Tout cela a été relaté par des médias australiens et le quotidien britannique The Guardian. De plus en plus de médias de nombreux pays révèlent ces derniers jours davantage de détails.

Le meurtre brutal des vies innocentes et les crimes qui piétinent la conscience de l'humanité, quels qu'en soient les auteurs et d'où qu'ils viennent, doivent être fermement rejetés et condamnés par tous ceux qui ont de la conscience dans la communauté internationale. Voilà ce que sont les droits de l'homme, l'équité et la justice. L'Australie et une poignée de ses alliés, au lieu de faire un profond examen de conscience, ont accusé la Chine de désinformation. J'aimerais leur demander d'expliquer ce qu'est la désinformation. Qui est bien placé pour définir la désinformation ? Que sont les droits de l'homme ? Les crimes commis par certains soldats australiens en Afghanistan ne sont-ils pas vrais ? Cette illustration créée sur ordinateur, qui a tant fâché l'Australie, reflète-t-elle la situation réelle ? La confusion entre le vrai et le faux et la distorsion des faits, sont-elles les valeurs qu'ils défendent ? Accorder plus d'importance à sauver leur face qu'à préserver la vie des autres, est-ce la valeur dont ils sont fiers ? Rejeter arbitrairement leurs propres responsabilités sur d'autres pour dissimuler leurs propres crimes et se blanchir, est-ce leur valeur commune ? En ce sens, cette image est un miroir reflétant l'hypocrisie et le « deux poids deux mesures » de certaines personnes et de certains pays.

J'espère que ces personnes-là pourront distinguer le bien du mal, prendre des actions concrètes pour mettre en pratique les valeurs dont ils se vantent et qu'ils prônent depuis toujours, et respecter et protéger réellement les droits de l'homme.