Conférence de presse du 6 janvier 2021 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2021/01/06

CCTV : Nous avons remarqué que le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi venait de terminer sa visite au Nigeria. Selon un média nigérian, la Chine est désormais devenue une partie indispensable pour le développement et la modernisation du Nigeria, et il convient de profiter de la merveilleuse opportunité de la visite du Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi pour promouvoir les relations sino-nigérianes afin qu’elles se développent vers un avenir encore plus brillant. Quels sont les commentaires de la Chine sur les résultats et la portée de la visite au Nigeria de M. Wang Yi ?

Hua Chunying : Le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi est en visite en Afrique pour le moment, et le Nigeria en est la première étape. Le 5 janvier, M. Wang a rencontré le Président nigérian Muhammadu Buhari et s’est entretenu avec le Ministre nigérian des Affaires étrangères Geoffrey Onyeama. Les deux Ministres ont tenu une conférence de presse conjointe à l’issue de leur entretien.

Cette année marque le 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Lors de cette visite, les deux parties sont convenues de transmettre et de valoriser l’amitié traditionnelle sino-nigériane pour ouvrir une meilleure coopération dans les 50 ans à venir. Elles sont parvenues à un important consensus sur sept points en matière d’approfondissement global des relations sino-nigérianes. Elles renforceront la coopération antiépidémique et se soutiendront fermement. Elles établiront un comité intergouvernemental dirigé par les Ministres des Affaires étrangères des deux pays pour promouvoir de manière coordonnée la coopération mutuellement bénéfique dans divers domaines entre les deux pays. Elles travailleront à une plus grande synergie entre la création d’une nouvelle dynamique de développement de la Chine et le nouveau plan de développement national du Nigeria et approfondiront la coopération bilatérale dans le cadre de « la Ceinture et la Route ». Elles déploieront des efforts énergiques pour faire avancer des projets clés afin de contribuer à l’industrialisation du Nigeria. Elles ne cesseront d’élargir les champs de coopération pour créer de nouveaux projets phares dans l’économie numérique et l’économie verte. Elles approfondiront la coopération militaire et sécuritaire pour accroître les capacités du Nigeria de sauvegarde de sa sécurité nationale. Elles intensifieront la coordination dans les affaires internationales et régionales, pratiqueront le multilatéralisme et protégeront les intérêts communs des pays en développement.

Le Nigeria est la plus grande économie et le pays le plus peuplé de l’Afrique et dispose d’importantes influences internationales et régionales. Le renforcement de la coopération pragmatique entre la Chine et le Nigeria dans divers domaines correspond aux intérêts communs des deux pays et de leurs peuples. Cette visite de M. Wang au Nigeria permettra de promouvoir énergiquement le développement du partenariat stratégique Chine-Nigeria et d’injecter une nouvelle dynamique à l’approfondissement de l’amitié et de la coopération Chine-Afrique.

Agence de presse Xinhua : Nous avons remarqué que certains experts et médias étrangers avaient récemment déclaré que les grandes villes de Chine avaient mis en œuvre des coupures et des rationnements d’électricité sans que le monde extérieur puisse connaître la vérité, et que cette opacité affecterait la confiance du monde extérieur dans le développement de la Chine. Quelle est votre réponse aux propos concernés ?

Hua Chunying : Ce n’est pas une question diplomatique, mais j’ai remarqué que certains experts et médias étrangers étaient effectivement préoccupés par cette question. En fait, l’autorité compétente chinoise a présenté à plusieurs reprises la situation concernée et souligné que la situation actuelle de l’offre et de la demande d’énergie en Chine est généralement stable et que la capacité globale d’approvisionnement électrique est garantie. Les médias chinois ont fait un large éventail de reportages sur ce sujet.

Selon les informations de l’autorité chinoise compétente, la consommation d’électricité de la Chine a augmenté depuis un certain temps pour deux raisons principales. Premièrement, la croissance économique a entraîné une augmentation de la consommation d’électricité. Depuis novembre dernier, la croissance économique de la Chine s’est accélérée et le taux de croissance de la production industrielle a atteint un nouveau sommet annuel. Le taux de croissance de la valeur ajoutée des industries de grande dimension a dépassé le niveau normal avant l’épidémie. La demande extérieure reste forte et la croissance des exportations a atteint un niveau record de ces dernières années. La croissance économique a provoqué un rebond rapide de l’augmentation de la consommation d’électricité, ce qui ne fait que confirmer le fait que la Chine est la première à reprendre le travail et la production. Deuxièmement, l’augmentation significative de la demande en chauffage électrique a conduit à une augmentation de la consommation d’électricité. Depuis le début de l’hiver, des vents forts, des chutes des températures, des chutes de neige et pluie sont apparus dans de nombreuses régions de la Chine. Des températures inférieures aux normes de saison ont conduit à une forte hausse de la demande en chauffage électrique, ce qui a entraîné une augmentation rapide de la charge électrique dans certaines régions du Sud de la Chine.

En réponse à la situation ci-dessus, les autorités chinoises compétentes ont renforcé la surveillance et l’alerte de la situation de l’offre et de la demande d’électricité, amélioré et perfectionné le plan d’utilisation ordonnée de l’électricité et veillé à ce que la consommation d’électricité des habitants et des services publics ne soit pas affectée. Les départements concernés ont à plusieurs reprises informé le public de la situation de l’offre et de la demande d’électricité et des mesures prises en temps opportun.

AFP : Première question, la police de Hong Kong a arrêté plus de 50 personnes en vertu de la Loi sur la sécurité nationale de Hong Kong , quelles sont les raisons de ces arrestations ? Deuxièmement, un avocat américain John Clancey a également été arrêté pour des soupçons de «  subversion du pouvoir de l’État ». Pourriez-vous le confirmer ? Quel sera l’impact de cette arrestation sur le statut de Hong Kong en tant que plaque tournante internationale ? Et la troisième question, le Secrétaire d’État américain désigné Antony Blinken a également qualifié les actions d’arrestation de la police de Hong Kong d’« une attaque contre ceux qui défendent les droits universels ». Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères ?

Hua Chunying : Vous disiez que ce sont trois questions, mais c’est en fait une seule question. J’ai également lu les reportages de médias hongkongais, et le Security Bureau de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong a publié une déclaration aux médias, selon laquelle la police de Hong Kong avait arrêté des personnes soupçonnées d’avoir violé la Loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, les opérations étaient nécessaires et essentielles et le gouvernement de la RAS ne tolère jamais les crimes de subversion du pouvoir de l’État.

La Chine est un État de droit et Hong Kong, une société de droit. Nous soutenons la police de Hong Kong dans l’accomplissement normal de ses obligations. Quant à savoir si cela aura un impact sur le statut international de Hong Kong, je pense que tout le monde peut voir clairement que les droits et la liberté normaux dont jouissent les résidents de Hong Kong ne sont aucunement affectés. Si quelque chose était affecté, ce serait la « liberté » de certaines forces extérieures qui étaient de connivence avec une poignée d’individus à Hong Kong pour saboter la stabilité et la sécurité de Hong Kong.

FSN : Selon le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’OMS s’est précédemment mise d’accord avec la Chine sur les détails de la visite en Chine de dix experts de son équipe. Mais le Directeur général s’est également dit déçu par le fait que la partie chinoise n’ait toujours pas autorisé l’entrée dans son territoire des experts concernés, qui sont d’ailleurs sur le point d’y arriver. Pouvez-vous nous dire quelle en est la raison et quand cette visite aura lieu ?

Hua Chunying : Sur la question du traçage de l’origine de la COVID-19, la Chine reste toujours ouverte, transparente et responsable et a pris les devants dans la coopération scientifique en la matière avec l’OMS dans le but de promouvoir la recherche internationale sur l’origine du virus. En février et juillet derniers, lorsque la Chine était confrontée à des tâches très lourdes de prévention et de contrôle de l’épidémie au sein du pays, elle a invité à deux reprises des experts de l’OMS à venir en Chine mener la coopération sur le traçage et rédiger la section chinoise du plan mondial de la coopération scientifique sur le nouveau coronavirus. En octobre dernier, la Chine est parvenue à un accord avec l’OMS sur la composition du groupe d’experts internationaux. Depuis lors, les experts des deux parties ont entretenu de fréquentes interactions. Quatre vidéoconférences ont eu lieu le 30 octobre, le 3 décembre, le 10 décembre et le 18 décembre respectivement. Avec une attitude scientifique, les experts chinois ont partagé sans réserve les résultats obtenus par la Chine dans le traçage du virus, et la coopération entre les deux parties a enregistré un progrès positif.

Récemment, dans une attitude positive et constructive, la Chine a maintenu une communication étroite avec l’OMS sur la visite du groupe d’experts internationaux en Chine pour la coopération sur le traçage du virus. À l’heure actuelle, la situation épidémique dans le monde reste très grave. La Chine fait également tous les efforts possibles pour prévenir et contrôler l’épidémie. Les autorités et les experts de santé chinois se consacrent entièrement à la lutte acharnée contre l’épidémie. Malgré cela, afin de soutenir la coopération internationale antiépidémique, la Chine a surmonté les difficultés, accéléré les préparatifs internes et fait de son mieux pour créer de bonnes conditions pour la visite du groupe d’experts en Chine. L’OMS le sait clairement.

La question du traçage est très compliquée. Afin de garantir le bon déroulement du travail du groupe d’experts internationaux en Chine, il faut remplir les procédures nécessaires et prendre des dispositions spécifiques. À l’heure actuelle, les deux parties restent en consultations sur ce sujet.

Bloomberg : Suite à l’opposition du Secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin, la Bourse de New York reconsidère la décision sur l’arrêt de la radiation de trois grandes entreprises chinoises de télécommunications. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères là-dessus ?

Hua Chunying : Sur cette question, j’ai déjà présenté la position de principe de la Chine hier et avant-hier en répondant à des questions. Je peux souligner une fois de plus que la place financière internationale des États-Unis dépend de la confiance des entreprises et des investisseurs mondiaux vis-à-vis de l’inclusivité et de la certitude des règles et normes américaines. Récemment, la répression continue et injustifiée des sociétés étrangères cotées aux États-Unis faite par des forces politiques américaines a mis au jour les caractères facultatif, arbitraire et incertain des règles et normes américaines. L’impact direct des répressions américaines est assez limité pour les entreprises chinoises concernées. Cela nuira finalement aux intérêts nationaux et à l’image des États-Unis, ainsi qu’au statut mondial du marché des capitaux américain. Nous espérons que les États-Unis respecteront l’État de droit et le marché, et feront plus de choses favorables au maintien de l’ordre du marché financier mondial, à la protection des droits et intérêts légaux des investisseurs et au développement régulier de l’économie mondiale. Non seulement la Chine, mais aussi les autres pays, je le crois, regardent ce que font les États-Unis, qui déterminera s’ils sont un partenaire fiable et crédible aux yeux des peuples du monde.

RCI : Le 5 janvier, lors du 41e Sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) tenu à Al Ula, en Arabie saoudite, les représentants des six pays du CCG et de l’Égypte ont signé ensemble la Déclaration d’Al Ula, soulignant que le CCG s’engage à réaliser la coopération globale, la solidarité et l’intégration entre les pays membres, et à ramener les pays du CCG sur la voie de la coopération. Auparavant, l’Arabie saoudite et le Qatar avaient annoncé la réouverture mutuelle de l’espace aérien et des frontières terrestres et maritimes. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine salue la tenue réussie du Sommet du CCG et la publication de la Déclaration d’Al Ula, et soutient le renforcement de la solidarité et de la coopération des pays du CCG. Nous préconisons toujours de régler les divergences par le dialogue et la consultation. Nous espérons que les pays du CCG continueront de renforcer la solidarité et la coopération afin de promouvoir conjointement la paix, la stabilité et le développement régionaux, et y apportons notre soutien.

South China Morning Post : Aujourd’hui, la police de Hong Kong a arrêté l’avocat américain John Clancey lors d’une opération. Selon certains commentaires, cela pourrait apporter des incertitudes aux relations sino-américaines. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ? En est-elle inquiète ?

Hua Chunying : Comme ce que j’ai dit tout à l’heure, Hong Kong est une société de droit. La police de Hong Kong a déjà publié une déclaration à ce sujet. Nous soutenons la police de Hong Kong dans l’accomplissement de ses obligations conformément à la loi pour sauvegarder la paix et la stabilité de Hong Kong.

Je pense que tout le monde est bien conscient de l’origine des difficultés ou des incertitudes actuelles dans les relations sino-américaines. Nous espérons que la partie américaine pourra traiter le développement de la Chine et les relations sino-américaines de manière correcte et raisonnable, cesser de fabriquer toutes sortes de prétextes pour une répression politique et un endiguement contre la Chine. Le développement sain et régulier des relations sino-américaines est dans l’attente des peuples des deux pays et au-delà. Nous espérons que la partie américaine pourra revenir à la raison et travailler ensemble avec la Chine pour remettre les relations sino-américaines sur les rails.

Bloomberg : Le Secrétaire d’État américain désigné Antony Blinken a tweeté que l’arrestation massive de manifestants pro-démocratie était une attaque contre ceux qui luttent bravement pour les droits universels, et que l’administration Biden-Harris se tiendrait aux côtés du peuple de Hong Kong et s’opposerait à la répression de la démocratie à Hong Kong par Beijing. Vous venez de mentionner la prochaine étape des relations sino-américaines, alors qu’Antony Blinken a fait ces remarques en tant que Secrétaire d’État désigné. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères à ce tweet ?

Hua Chunying : Je disais très clairement tout à l’heure que le gouvernement de la RAS de Hong Kong avait déjà exprimé sa position sur ces cas concernés. Hong Kong est une société de droit. Les organismes concernés du gouvernement de la RAS de Hong Kong assument leurs fonctions conformément à la loi et les autres pays n’ont pas le droit d’y interférer. Nous espérons que les États-Unis respecteront les faits ainsi que l’État de droit. Agir et traiter les affaires en vertu de la loi, cela doit être soutenu dans tous pays et toutes sociétés de droit, au lieu d’être perturbé.

RIA Novosti : Le 6 janvier, le Président américain Donald Trump a signé un ordre exécutif visant à interdire toute transaction avec les personnes qui développent ou contrôlent huit applications chinoises dont Alipay et WeChat Pay, sous prétexte que cela menacerait possiblement la vie privée et la sécurité des données des citoyens américains. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ? La Chine prendra-t-elle des contre-mesures ?

Hua Chunying : Il s’agit d’un autre exemple des actes d’intimidation, de tyrannie et d’hégémonie des États-Unis qui généralisent le concept de sécurité nationale et abusent du pouvoir d’État pour réprimer de façon injustifiée les entreprises étrangères. De tels actes nuisent aux autres sans bénéficier à eux-mêmes. Ces mesures auront inévitablement un certain impact sur les entreprises chinoises concernées, mais ce qui est plus important, c’est qu’elles nuiront aux intérêts des consommateurs américains et aux intérêts nationaux des États-Unis. Les approches américaines ont permis à tout le monde de voir clairement comment les États-Unis ont fait dans la réalité tout en se vantant toujours de l’économie de marché libre et de la concurrence loyale.

Nous avons remarqué que la raison prétendue par la partie américaine pour l’interdiction de l’utilisation d’Alipay et de WeChat Pay était de « protéger la vie privée et la sécurité des données des citoyens américains ». Mais la réalité est que les États-Unis sont depuis toujours le plus grand « empire des hackers » dans le monde qui utilisent leurs fortes capacités technologiques pour surveiller leur propre peuple tout le temps et partout, mettre les peuples du monde sur écoute, et voler toutes sortes de données, même leurs alliés n’ont pas pu y échapper. Les moyens recourus par la partie américaine comprennent l’installation des « portes dérobées » dans les applications, et la coercition des opérateurs de télécommunication. Tout le monde les a vus clairement dans les affaires « Dirtbox », « PRISM » et le projet « Irritant Horn ».

Les États-Unis pratiquent la surveillance et l’espionnage sans discrimination à travers le monde tout en accusant d’autres pays sans fondement, tout comme un voleur récidiviste qui hurle à la protection de ses avoirs contre le vol tout en volant les autres sans scrupules. Quelle hypocrisie ridicule !

Je voudrais également ajouter que le développement de la science et de la technologie devrait être une force en faveur du bien et servir le progrès et le bien-être de toute l’humanité, au lieu de diviser le monde par l’idéologie et encore moins devenir un outil de manipulation politique. Les États-Unis considèrent que toute technologie de pointe chinoise est une menace, et vont même jusqu’à idéologiser et militariser la science et la technologie. D’une part, il s’agit d’un reflet de la psychologie de la partie américaine, d’autre part, cela montre aussi que les États-Unis d’aujourd’hui sont extrêmement peu confiants.

Nous exhortons la partie américaine à respecter effectivement l’économie de marché et le principe de concurrence loyale, à observer les normes du commerce international, et à offrir un environnement d’affaires ouvert, équitable, juste et non-discriminatoire aux entreprises de tous les pays, dont celles de la Chine dans leurs investissements et opérations aux États-Unis. La Chine continuera de prendre des mesures nécessaires pour défendre les droits et intérêts légitimes et légaux des entreprises chinoises.

The Paper : Selon des reportages, le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré lors d’une interview que l’accord d’investissement Chine-UE étaitun accord fragile, et qu’il n’avait pas pu mettre les ouvriers européens à l’abri du pillage du Parti communiste chinois (PCC). Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Quand vous avez lu le reportage et entendu ces mots, je ne sais pas si vous avez senti une sorte de jalousie dedans. Si l’accord d’investissement Chine-UE (Union européenne) ne pouvait pas protéger les ouvriers européens, les taxes douanières supplémentaires imposées par les États-Unis sur des produits européens le pourraient-elles ?

Au bout de plus de sept ans d’efforts conjoints, la Chine et l’UE ont achevé les négociations et trouvé un accord d’investissement équilibré, de haut niveau, mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant, ce qui non seulement témoigne de la détermination et de la confiance de la Chine pour la promotion de l’ouverture de haut niveau, mais aussi offre aux investissements croisés entre la Chine et l’UE un accès au marché plus élargi, un environnement d’affaires plus perfectionné, une garantie institutionnelle plus forte et des perspectives de coopération plus radieuses. L’accord a été hautement apprécié par différents milieux de la Chine et de l’UE, ainsi que par la communauté internationale. Toutes les parties estiment que cela marque un jalon dans la coopération économique et commerciale Chine-UE et une victoire pour le multilatéralisme. Dans la situation difficile où l’économie mondiale est fortement impactée par la pandémie, la conclusion de l’accord d’investissement Chine-UE contribuera à la reprise de l’économie mondiale, à la défense du multilatéralisme, et à la protection de l’économie mondiale ouverte fondée sur les règles.

Comme le dit une poésie chinoise, malgré les cris incessants des gibbons sur les deux rives, l’embarcation a déjà traversé de nombreuses montagnes. La Chine est disposée à coopérer activement avec diverses parties, dont l’UE, pour agrandir le « gâteau » des intérêts communs et réaliser des bénéfices mutuels à un niveau plus élevé.

China Daily: Selon des reportages, le Secrétaire d’État adjoint aux affaires politico-militaires du Département d’État américain Clarke Cooper participera le soir du 6 janvier (heure de l’Est) par liaison vidéo au « Dialogue politique et militaire entre les États-Unis et Taiwan » et y prononcera un discours. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J’ai remarqué les reportages concernés. Les actes des États-Unis violent gravement le principe d’une seule Chine et les stipulations énoncées dans les trois communiqués conjoints sino-américains. La Chine s’y oppose fermement et les condamne fortement.

La question de Taiwan touche à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine, ainsi qu’à ses intérêts vitaux, et constitue la question la plus importante et la plus sensible des relations sino-américaines. La Chine exhorte les États-Unis à respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains et à cesser immédiatement tous échanges officiels et liens militaires avec Taiwan sous quelque forme que ce soit, afin de ne pas compromettre davantage la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan et les relations sino-américaines. La Chine prendra des mesures nécessaires en fonction de l’évolution de la situation et défendra résolument la souveraineté et les intérêts de sécurité du pays.

Beijing Youth Daily : Ces derniers jours, le documentaire L’ère post-épidémie tourné par le réalisateur japonais Ryo Takeuchi a suscité de vives discussions parmi les internautes chinois et japonais, et a été joué un bon nombre de fois sur diverses plateformes médiatiques. Dans le contexte où tous les milieux attachent une grande importance au renforcement de la compréhension mutuelle entre la Chine et le Japon, quels sont vos commentaires sur ce documentaire ?

Hua Chunying : Moi aussi, j’ai regardé ce documentaire et j’ai remarqué que c’était une autre grande œuvre sur la lutte chinoise contre la COVID-19 réalisée par M. Ryo Takeuchi en l’espace de moins d’un an après deux autres documentaires, Scènes antiépidémiques à Nanjing et Ça fait longtemps, Wuhan. Ce documentaire a commencé par le marathon de Nanjing, la livraison automatique et la webdiffusion, pour enregistrer fidèlement les grands succès de la Chine dans la prévention et le contrôle de l’épidémie et la reprise du travail et de la production. Selon le documentaire, « les succès d’aujourd’hui de la Chine dans la prévention et le contrôle de l’épidémie et dans la reprise économique s’appuient sur les efforts conjoints des 1,4 milliard de Chinois ». Nous apprécions le travail du réalisateur Ryo Takeuchi pour enregistrer honnêtement et sans parti pris ce parcours extraordinaire du peuple chinois.

Le monde a grand besoin des gens comme M. Ryo Takeuchi qui raconte la situation réelle et exprime les vrais sentiments. Nous espérons que de plus en plus de journalistes japonais et de professionnels des médias d’autres pays pourrons couvrir la Chine non seulement avec leurs yeux, mais aussi leur cœur et leurs émotions, en vue de présenter une Chine réelle, objective, multidimensionnelle, progressive et amicale aux peuples de tous les pays, et d’améliorer sans cesse la compréhension, la confiance et l’affection mutuelles entre le peuple chinois et celui d’autres pays. Que l’amitié sino-japonaise soit durable ! Que l’arbre d’amitié entre la Chine et les autres pays du monde portera des fruits et continuera de s’épanouir avec de nouvelles vitalités !

Reuters : Le Ministère brésilien de l’Économie a déclaré mardi que le Brésil avait ajourné le service de l’avant-dernière tranche de fonds dû à la Nouvelle banque de développement parce que le paiement n’avait pas été autorisé par le Congrès. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?

Hua Chunying : Votre question est très détaillée. Je ne suis pas au courant de la situation. Veuillez vous renseigner auprès des autorités compétentes.

Global Times : L’Ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies Kelly Craft a tweeté le 5 janvier que les États-Unis soutiendraient toujours les droits de l’homme. Elle a appelé à la libération immédiate des personnes condamnées conformément à la loi par les autorités judiciaires chinoises. L’Ambassadeur itinérant du Département d’État américain pour la liberté religieuse internationale Sam Brownback a également tweeté pour demander la libération des personnes prétendument détenues arbitrairement. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : C’est une chose triste pour le peuple américain que certains hauts responsables de son pays se soucient évidemment davantage de quelques criminels dans d’autres pays que de leur propre peuple.

Les droits de l’homme ne sont absolument pas des slogans vides de sens, mais concrets et réels. Il n’y a pas de plus grand droit de l’homme que le droit à la vie. Dans le contexte de la pandémie, il n’y a pas de droit de l’homme plus important que le droit et la liberté de vivre en bonne santé et en sécurité. J’ai récemment lu un article du New York Times qui disait : lorsque j’ai réalisé combien de mes compatriotes américains valorisaient le pouvoir plus que la justice, le préjugé plus que l’équité et la démagogie plus que la science, mon « rêve américain » s’est écroulé.

Plaçant le peuple au centre de sa vision des droits de l’homme, le gouvernement chinois a réalisé des percées historiques en mettant les 1,4 milliard de Chinois, autrefois pauvres, à l’abri des besoins élémentaires, puis leur assurant une vie de moyenne aisance. L’espérance de vie moyenne du peuple chinois est passée de 35 ans à 77 ans. 800 millions de personnes en Chine sont sorties de la pauvreté. Nous avons construit les plus grands systèmes du monde en termes d’éducation, de protection sociale, de soins médicaux et de démocratie aux échelons de base. Face à la COVID-19, le gouvernement chinois, qui reste attaché à la primauté de la vie et du peuple, a fait tout son possible pour protéger la vie, les valeurs et la dignité de chaque personne.

À l’égard des droits de l’homme, l’engagement du gouvernement chinois est aussi lourd que le mont Taishan, tandis que les slogans de certains politiciens américains sont légers comme une plume. À l’heure actuelle, plus de 20 millions de personnes aux États-Unis ont été testées positives à la COVID-19 et plus de 350 000 personnes ont perdu la vie. Cependant, face à l’épidémie qui sévit dans leur pays et à la perte de tant de vies, au lieu de montrer le moindre regret ou de faire des efforts, ces politiciens américains ont continué de faire toutes sortes de bruits et de s’immiscer dans les affaires intérieures d’autrui sous prétexte des droits de l’homme. Ils parlent des droits de l’homme, mais ce qu’ils font est précisément la plus grande profanation et la plus grande ironie des droits de l’homme. Si ces personnes aux États-Unis se soucient vraiment des droits de l’homme, elles doivent d’abord se concentrer sur le contrôle de l’épidémie dans leur pays et sur la sauvegarde de la vie et de la santé du peuple américain ; elles doivent d’abord se soucier du problème des millions de personnes qui font de longues queues pour obtenir de l’aide alimentaire dans le froid glacial et le résoudre ; elles doivent d’abord résoudre les questions de discrimination raciale et de brutalités policières qui font rage dans leur pays ; elles doivent cesser immédiatement l’imposition des sanctions unilatérales et illégales à d’autres pays ainsi que l’incitation à la force partout qui provoquent la guerre et causent les souffrances des peuples et la perte de vies dans d’autres pays.

CNR : Le 5 janvier, le Département d’État américain a tweeté que le « réseau propre » comprenait désormais 180 entreprises de télécommunications et des dizaines d’entreprises de haute technologie, et que la situation se retournait contre Huawei et d’autres outils de surveillance du PCC. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Je pense que beaucoup de gens sont très curieux de savoir quel genre de confiance et de courage le Secrétaire d’État et le Département d’État des États-Unis doivent avoir pour pouvoir mener jusqu’au bout leur « diplomatie du mensonge ». Rappelons-leur simplement quelques faits :


Malgré les attaques répétées des États-Unis contre Huawei, à ce jour, aucun pays ou entreprise étrangère n’a fourni de preuves prouvant que les produits de Huawei constituent une menace pour eux. Mais ce que nous savons, c’est que l’Agence nationale de la Sécurité (NSA) des États-Unis a depuis longtemps contraint des opérateurs tels qu’AT&T à lui fournir les données. Il y a plus de dix ans, la NSA a utilisé de « fausses stations de base » appelées « Dirtbox » dans ses programmes de mise sur écoute dont le programme « Boundless Informant » pour exploiter et voler les données des téléphones portables. Comme l’a rapporté le quotidien français Le Monde, « Dirtbox » a permis aux États-Unis de voler les données d’au moins 62,5 millions de téléphones portables en France !


Selon les révélations de l’affaire « PRISM », les États-Unis ont depuis longtemps considéré les applications mobiles comme des « mines de données » et exploité des données par le biais des applications mobiles pendant de nombreuses années. Twitter, Facebook, YouTube, Skype, Google Maps et même le jeu mobile Angry Birds ont tous été contraints de coopérer avec eux. Il y a quelques mois, j’ai lu des reportages selon lesquels l’Irlande avait demandé à Facebook de cesser de renvoyer des données aux États-Unis.
Les services de renseignement américains ont également utilisé l’App Store pour voler des secrets. Comme l’a révélé la Société Radio-Canada, la NSA et les services de renseignement des autres membres de l’alliance des « Five eyes » ont lancé un programme baptisé « Irritant Horn », consistant à instrumentaliser le Google Play Store pour implanter des logiciels espions sur les téléphones portables cibles ou décrypter leurs failles. Par ce moyen, les États-Unis et d’autres membres de l’alliance des « Five eyes » ont dérobé d’énormes quantités de données.


Le Washington Post a révélé que la NSA, en coopération avec le Government Communications Headquarters (GCHQ) du Royaume-Uni, avait lancé un programme baptisé « Muscular » pour s’introduire fréquemment dans les serveurs en nuage de Google et de Yahoo. Ils ont même détourné directement les données vers les bases de données de leur agence, en collectant des centaines de millions d’informations personnelles.


En outre, les révélations de Snowden sur le programme de surveillance américain « Stateroom » montrent que les États-Unis ont installé des équipements de mise sur écoute dans près de 100 ambassades et consulats américains à l’étranger, afin de voler des secrets des pays d’accueil. Il n’y a pas longtemps, un site Web américain a publié un article intitulé La sale hypocrisie de l’Internet propre et sans Chine aux États-Unis. Selon l’article, la vision américaine d’un réseau propre signifie justement un réseau sans Chine et est absurde et hypocrite avec un seul message : seuls les États-Unis peuvent surveiller le monde. De plus, comme vous le savez tous, il a été prouvé que les appareils de cryptage de la société suisse Crypto AG, fondée il y a un demi-siècle, qui se vendaient à plus de 120 pays, étaient en fait des « machines à voler les secrets » de l’Agence Centrale du Renseignement (CIA) des États-Unis.
Face à ces reportages publics et faits, la partie américaine ne veut-elle pas s’expliquer ?


BBC : Pourriez-vous préciser les difficultés spécifiques qu’a rencontrées le groupe d’experts de l’OMS qui compte venir en Chine ? D’après ce que vous avez dit, il semble que la partie chinoise discute encore des détails concernés. S’agit-il simplement d’une question de visa ou les deux parties ne sont-elles pas encore parvenues à un accord sur le contenu des travaux du groupe d’experts en Chine ?


Hua Chunying : Je peux comprendre l’intérêt que vous portez sur cette question, ainsi que les sentiments de l’OMS.


Il n’existe aucun problème dans la coopération entre la Chine et l’OMS. Nous maintenons toujours une attitude active et ouverte. Comme je viens de le présenter, l’année dernière, nous avons invité des experts de l’OMS en Chine à deux reprises pour la coopération sur le traçage du virus. Et depuis octobre dernier, des experts des deux parties ont tenu quatre vidéoconférences.


Concernant la coopération récente, les départements chinois concernés maintiennent également une coopération étroite avec l’OMS. Mais vous savez également que récemment, la conjoncture de l’épidémie en Chine est entremêlée de cas sporadiques et de foyers d’infection dans certains lieux, et plusieurs régions sont entrées en « état de guerre ». Des experts et les départements antiépidémiques chinois se sont tous pleinement lancés dans un combat urgent.


Cependant, pour soutenir la lutte internationale contre l’épidémie, nous travaillons toujours à surmonter les difficultés pour accélérer les préparatifs internes. Les autorités chinoises compétentes maintiennent toujours des échanges avec l’OMS. D’après ce que je sais, les deux parties restent en contact étroit sur la date précise et l’agenda détaillé de la visite en Chine de l’équipe d’experts. Nous espérons certainement que l’arrangement pourra être rapidement finalisé par voie de consultations entre les des deux parties.
Bloomberg : Le Directeur général de l’OMS Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a tweeté en déclarant qu’il était « très déçu » de la situation actuelle. Et des experts qui prévoyaient de visiter la Chine ont également déclaré sur Twitter que leur projet de voyage avait été interrompu, parce qu’ils n’avaient pas obtenu le visa chinois. Quelle est votre réponse aux commentaires du Directeur général Tedros ?


Hua Chunying : La Chine maintient toujours de bons échanges étroits avec l’OMS. Nous entretenons également une coopération étroite et amicale avec le Directeur général Tedros. Comme je disais tout à l’heure, nous comprenons certainement le sentiment du Dr Tedros, pourtant, prenons un exemple, si vous rendez visite chez quelqu’un, il faut absolument discuter avec lui en avance du temps précis, n’est-ce pas ?
Comme je disais tout à l’heure, actuellement, la conjoncture de l’épidémie en Chine est entremêlée de cas sporadiques et de foyers d’infection dans plusieurs régions. Plusieurs régions sont entrées en « état de guerre ». Des experts chinois et les départements concernés se sont tous pleinement lancés dans un nouveau combat urgent parce que nos objectifs sont de contrôler de façon déterminée l’épidémie sans perdre une seconde et d’endiguer la propagation de l’épidémie. Je pense que tout le monde peut nous comprendre à ce sujet.


Néanmoins, nous attachons une grande importance et continuons à faire progresser activement la coopération concernée. Je viens de mentionner que les départements concernés de la partie chinoise maintiennent des échanges étroits avec l’OMS afin de décider le programme concret, dont la date précise de la visite des experts en Chine. S’il y a des nouvelles, j’en informerai à temps les amis des médias.

Question posée après la conférence de presse : Le 5 janvier, le site Internet du Département d’État américain a publié l’intégralité de l’interview du Secrétaire d’État Mike Pompeo avec un média soutenu par le « Falungong », The Epoch Times, dans laquelle Pompeo a attaqué les politiques chinoises en matière de religion, de commerce et de planning familial. Selon des reportages, The Epoch Times et le « Falungong » ont apporté un soutien actif au Président Donald Trump lors des élections présidentielles américaines. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?


Hua Chunying : Il est de notoriété universelle que le « Falungong » est une secte interdite par le gouvernement chinois conformément à la loi, qui agit contre l’humanité, la science et la société. The Epoch Times est un média pervers travaillant pour le compte de la secte « Falungong ». Pour attaquer la Chine, Pompeo est allé jusqu’à s’encanailler avec une secte et agir en compères avec celle-ci. Cela est dégradant aux yeux de tout le monde.


En ce qui concerne la rengaine habituelle de Pompeo autour des questions concernées qui calomnie et dénigre la Chine, la partie chinoise a déclaré à maintes reprises sa position solennelle. Le monde entier y voit clair dans les comportements méprisables de cet homme qui fabrique des « virus » et des mensonges politiques.