Conférence de presse du 21 avril 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin
2021/04/21

CCTV : Un porte-parole de l'armée tchadienne a déclaré que le Président Idriss Déby avait été tué pendant un combat contre des rebelles. Quels sont les commentaires de la Chine ? Exprimerez-vous vos condoléances au Tchad ? Quels sont vos commentaires sur la situation actuelle au Tchad ?

Wang Wenbin : De son vivant, le Président Idriss Déby a attaché une grande importance au développement des relations avec la Chine et a apporté une contribution agissante à la promotion de l'amitié et de la coopération entre la Chine et le Tchad. La Chine exprime ses profondes condoléances pour sa triste disparition et sa sincère sympathie au peuple tchadien et aux proches du Président Idriss Déby.

La Chine chérit les relations d'amitié et de coopération avec le Tchad et espère que toutes les parties concernées au Tchad travailleront ensemble pour maintenir la paix et la stabilité dans le pays.

Prasar Bharati : Récemment, l'Ambassadeur d'Inde en Chine a déclaré lors d'un dialogue sur la relation sino-indienne qu'il y avait une tendance à dissimuler la question de la frontière sino-indienne. Selon lui, certains pensent qu'il ne s'agit que d'une petite question dans la relation bilatérale entre la Chine et l'Inde. Cependant, l'Ambassadeur lui-même estimait que cette idée n'était pas convenable, car cela éludait la question et allait à l'encontre de la perspective de développer un partenariat étroit entre la Chine et l'Inde. Quels sont les commentaires de la Chine sur cette déclaration ?

Wang Wenbin : La position de la Chine sur la question de la frontière sino-indienne est constante et claire. La Chine s'engage toujours à maintenir la paix et la stabilité dans la zone frontalière et défend toujours fermement la souveraineté territoriale et la sécurité du pays. Récemment, la Chine et l'Inde maintiennent une communication étroite par des canaux diplomatique et militaire. Sur la base du désengagement dans la vallée de Galwan et dans la région du lac Pangong, elles ont échangé des points de vue de manière franche et approfondie sur le règlement des autres questions dans la section ouest de la frontière Chine-Inde. Nous espérons que l'Inde ira dans le même sens que la Chine, se concentrera sur l'intérêt général et de long terme des relations bilatérales, mettra la question de la frontière à une position appropriée dans les relations bilatérales et remettra les relations sino-indiennes sur la bonne voie du développement sain et régulier.

Global Times : Récemment, Joseph Veramu, conseiller politique du gouvernement fidjien et chercheur de l'Université nationale des Fidji, a successivement publié des chroniques dans le journal Fiji Sun, appréciant positivement l'Initiative « la Ceinture et la Route » et réfutant des allégations telles que le « piège de la dette » et l'« outil géopolitique », ce qui a attiré une large attention de tous les horizons dans les pays insulaires du Pacifique. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : J'ai remarqué les articles concernés. L'auteur a fait le bilan global des résultats fructueux de la coopération pragmatique entre la Chine et les pays insulaires du Pacifique dans divers domaines dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », et a réfuté les accusations sans fondement et les fausses allégations sur « la Ceinture et la Route », considérant que l'Initiative était d'une grande importance pour les pays insulaires en matière de développement économique, d'amélioration du bien-être social, de promotion de l'intégration régionale et d'intégration dans la mondialisation économique.

À l'heure actuelle, la Chine a signé des mémorandums d'entente sur la coopération dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route » avec les 10 pays insulaires du Pacifique ayant établi des relations diplomatiques avec elle. Comme les faits l'ont prouvé, l'Initiative « la Ceinture et la Route » est un bien public mondial sincèrement salué par les pays insulaires car elle répond à leurs besoins réels, et elle n'est en aucun cas « voulue unilatéralement » ou « imposée aux autres » par la Chine. Il s'agit d'une initiative de coopération économique ouverte et inclusive, au lieu d'un « outil géopolitique » fermé et exclusif. Il s'agit de projets de coopération pragmatique tangibles, au lieu de « projets d'éléphant blanc » ou de « chèques sans provision ». Il s'agit de projets visant à promouvoir le bien-être des peuples des pays insulaires, au lieu d'un soi-disant « piège de la dette ».

Comme l'a souligné le Président Xi Jinping dans son discours prononcé lors de la cérémonie d'ouverture de la Conférence annuelle 2021 du Forum de Boao pour l'Asie, l'Initiative « la Ceinture et la Route » est une voie ouverte à tous, et non un sentier privé d'une seule partie. Elle vise le développement, préconise le bénéfice mutuel et porte le message d'espoir. La Chine continuera à mettre en œuvre le principe d'amples consultations, de contribution conjointe et de bénéfices partagés, et travaillera avec toutes les parties, y compris les pays insulaires du Pacifique, pour mener une coopération de qualité dans le cadre de « la Ceinture et la Route » et faire de « la Ceinture et la Route » une voie vers moins de pauvreté et plus de croissance.

South China Morning Post : Récemment, le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus a déclaré que l'évaluation de la conclusion selon laquelle « il est très peu probable que le virus ait fait l'objet d'une fuite d'un laboratoire » dans le rapport du groupe d'experts conjoint Chine-OMS de la recherche sur le traçage de l'origine de la COVID-19 n'était pas suffisante, qui nécessitait une étude plus approfondie. Il a également indiqué que l'OMS envisageait d'envoyer des experts dans les domaines concernés en Chine. Dans une interview accordée à un média du Hubei, un expert anonyme du groupe d'experts conjoint a dit qu'il était « surpris et mécontent » des remarques concernées du Directeur général. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Le 30 mars, l'OMS a publié un rapport du groupe d'experts conjoint Chine-OMS de la recherche sur le traçage de l'origine de la COVID-19, dans lequel a été précisée la conclusion selon laquelle la fuite d'un laboratoire était hautement improbable. Le rapport a été rédigé par plus de 30 experts mondiaux de premier plan dans divers domaines et est largement représentatif et hautement professionnel. Le groupe d'experts conjoint a toujours mené ses recherches et rédigé le rapport de manière indépendante, en suivant les procédures de l'OMS et en adoptant une approche scientifique, de sorte que le rapport fait autorité et est scientifique.

Je tiens à souligner que la Chine a mené cette étude conjointe scientifique sur le traçage de l'origine de la COVID-19 avec l'OMS à la demande de cette dernière. De nombreux experts internationaux ont déclaré à diverses occasions que l'hypothèse d'une fuite du virus d'un laboratoire était extrêmement improbable et qu'il n'existait pas de prétendue difficulté pour l'accès aux données brutes. Toutes les parties doivent respecter la science et les opinions et conclusions des scientifiques. C'est là que l'OMS, en particulier, devrait servir d'exemple.

Agence de presse Yonhap : Le 21 avril, le Premier Ministre japonais Yoshihide Suga a envoyé une offrande rituelle au sanctuaire Yasukuni. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Le sanctuaire Yasukuni honore des criminels de guerre de classe A de la Seconde Guerre mondiale qui étaient directement responsables de la guerre d'agression du Japon contre d'autres pays. Nous nous opposons toujours fermement à ces pratiques erronées des dirigeants politiques japonais. La Chine exhorte le Japon à respecter les principes définis dans les quatre documents politiques signés par la Chine et le Japon, à mettre effectivement en œuvre le consensus de principe en quatre points auquel les deux pays sont parvenus, à faire face à son histoire d'agression et à y faire une réflexion profonde, à rompre définitivement avec le militarisme et à gagner la confiance de ses voisins asiatiques et de la communauté internationale par des actions concrètes.

FSN : Le Président Xi Jinping participera ce jeudi au Sommet des dirigeants sur le climat tenu par les États-Unis. Cela signifie-t-il que les deux pays mèneront une coopération dans la réponse au changement climatique ?

Wang Wenbin : Nous avons déjà publié des informations sur la participation du Président Xi Jinping au Sommet des dirigeants sur le climat. Sur l'invitation du Président américain Joe Biden, le Président Xi Jinping participera, depuis Beijing et par liaison vidéo, au Sommet des dirigeants sur le climat et y prononcera un discours important. La Chine espère que ce Sommet donnera une bonne plateforme d'échanges pour la réponse coopérative du monde au défi du changement climatique, la facilitation de la mise en œuvre globale et effective de l'Accord de Paris, et la promotion conjointe de la gouvernance mondiale du climat et de l'environnement.

Prasar Bharati : Vous venez de dire que la Chine et l'Inde devaient, je cite, « mettra la question de la frontière à une position appropriée dans les relations bilatérales ». Mais cela contredit la vision de l'Ambassadeur d'Inde en Chine, qui le trouve peu préférable. Quels sont vos commentaires sur la différence de vision entre la Chine et l'Inde ?

Wang Wenbin : Je viens de présenter la position chinoise. Je tiens à réitérer que nous souhaitons voir l'Inde aller dans le même sens que la Chine, se concentrer sur l'intérêt général et de long terme des relations bilatérales, chérir la situation d'apaisement et de désescalade durement acquise dans les régions frontalières sino-indiennes, et prendre des actions concrètes pour y préserver la paix et la tranquillité, afin de remettre les relations Chine-Inde dans une voie du développement sain et régulier.

AFP : Une société de cybersécurité a déclaré qu'au moins deux groupes de pirates informatiques chinois avaient tenté de pénétrer dans les réseaux d'entreprises américaines de défense, dont l'un était considéré comme proche du gouvernement chinois. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Je tiens à souligner trois points :

Premièrement, le cyberespace est virtuel où le traçage est très difficile et les acteurs sont très diversifiés. Pour enquêter sur les incidents en ligne et les évaluer, il faut se baser sur les preuves suffisantes, mais non les spéculations infondées. En fait, nous constatons tous que les États-Unis constituent le plus grand « Empire de hackers » et « Empire de mise sur écoute » dans le monde entier. La Chine s'oppose fermement à l'instrumentalisation de la question de cybersécurité pour calomnier la Chine ou réaliser les objectifs politiques par toute institution et tout pays.

Deuxièmement, le gouvernement chinois interdit résolument les cyberattaques sous toutes leurs formes et les combat avec rigueur, cette position est constante et claire. Les cyberattaques sont un problème planétaire dont la résolution nécessite la coopération de la communauté internationale.

Troisièmement, en septembre dernier, la Chine a lancé l'« Initiative mondiale sur la sécurité des données » en fournissant une solution chinoise à l'élaboration des règles de gouvernance numérique mondiale, ce qui a reçu des réactions positives de nombreux pays dans le monde. Le mois dernier, la Chine et la Ligue des États arabes (LEA) ont publié conjointement l'« Initiative de coopération Chine-LEA sur la sécurité des données », les pays arabes au Moyen-Orient sont devenus la première région du monde à publier conjointement une initiative sur la sécurité des données avec la Chine. La Chine est prête à renforcer la communication avec les autres pays et à travailler ensemble pour préserver la sécurité des données et du cyberespace dans le monde par le dialogue et la coopération.

PTI : Dans votre réponse à une question sur la frontière Chine-Inde, vous avez dit que les deux pays devaient chérir le processus du désengagement dans l'est de la région du Ladakh. Mais le problème est que le processus du désengagement est partiel. Nous savons que le désengagement dans la région du lac Pangong a déjà commencé, alors que celui des trois autres régions reste à être déclenché. Pourriez-vous en expliquer les raisons ?

Wang Wenbin : Je viens de présenter la position de principe de la Chine sur les questions concernées. Je tiens à réitérer que, récemment, la Chine et l'Inde ont maintenu une étroite communication par des canaux diplomatique et militaire, et ont échangé des points de vue de manière franche et approfondie sur le règlement des autres questions dans la section ouest de la frontière Chine-Inde sur la base du désengagement dans la vallée de Galwan et la région du lac Pangong. Nous espérons que l'Inde ira dans le même sens que la Chine, respectera fidèlement les traités et accords entre les deux armées et les deux pays et le consensus entre les deux parties, et prendra des actions concrètes pour préserver la paix et la tranquillité dans les régions frontalières.

China Daily : le 20 avril, le Ministre des Affaires étrangères de la République de Corée Chung Eui-yong a déclaré que la République de Corée s'opposait fermement à la décision du Japon de rejeter dans la mer l'eau contaminée de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima et pousserait la discussion de cette question sur la scène internationale. Par ailleurs, selon des reportages, la Compagnie d'électricité de Tokyo (TEPCO) a affirmé qu'elle envisageait de soumettre un calendrier détaillé en mai au plus tôt avant le déversement de l'eau contaminée dans la mer. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : La Chine a remarqué les reportages selon lesquels la TEPCO comptait soumettre en mai au plus tôt un calendrier pour le rejet de l'eau contaminée dans la mer. Nous exprimons notre vif mécontentement et notre grave préoccupation à l'égard de la décision unilatérale du Japon de faire avancer le rejet de l'eau contaminée de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima dans la mer sans amples consultations avec la communauté internationale, en particulier les pays voisins. Le traitement de l'eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima implique la sécurité écologique et environnementale dans la région Asie-Pacifique et dans le monde entier, et concerne la santé des peuples de tous les pays. Il est du devoir naturel du Japon de consulter les parties prenantes, surtout ses pays voisins, et de mener d'amples consultations avec elles. La question doit également être évaluée et discutée dans le cadre des Nations Unies, de l'OMS et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Malgré les doutes et l'opposition de la communauté internationale, le Japon viole ses obligations internationales en tentant de déverser l'eau contaminée dans la mer et de propager sur la planète entière le risque environnemental pour la santé et la sécurité. Manquant de transparence et de base scientifique, l'acte du Japon est illégal, irresponsable et immoral en défiant l'opinion mondiale.

Des documents indiquent que plusieurs incidents majeurs de pollution de l'environnement ont eu lieu au Japon, nuisant gravement à la vie et à la sécurité de sa population. Selon des reportages, le gouvernement japonais a annoncé le 19 avril qu'il avait interdit la mise en marché des sébastes noirs en provenance des eaux de la préfecture de Fukushima à cause du niveau élevé des substances radioactives détectées là-dedans. Il s'agit de la deuxième fois depuis ce février que des poissons contenant des substances radioactives excessives ont été découverts dans les eaux de Fukushima. Cela prouve que l'élimination des nucléides radioactifs est très compliquée et difficile, et en même temps, qu'il est nécessaire de suivre et de vérifier le soi-disant traitement sûr déclaré par le Japon ainsi que l'authenticité des informations et des données qu'il fournit unilatéralement. Le Japon doit tirer des leçons de ses erreurs et révoquer sa mauvaise décision unilatérale de traiter l'eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima par le rejet dans la mer, afin de ne pas faire peser sur le peuple du monde entier les conséquences des comportements répréhensibles du Japon.

Bloomberg : Accusé de violer les lois britanniques et de l'Union européenne (UE) sur la protection de la vie privée, TikTok fait face à un procès au Royaume-Uni. La société chinoise a dit que cette accusation était sans fondement. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Je ne suis pas au courant de cette affaire. Je tiens à souligner que le gouvernement chinois préconise depuis toujours que les entreprises opérant à l'étranger respectent strictement les règles internationales ainsi que les lois et les règlements du pays d'accueil, et respectent pleinement les us et coutumes ainsi que les croyances religieuses locaux.