Conférence de presse du 18 mai 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/05/18

CCTV : Selon des reportages, les États-Unis ont annoncé récemment qu'ils soutenaient la levée des droits de propriété intellectuelle (DPI) sur les vaccins anti-COVID-19 et augmenteraient progressivement l'approvisionnement en vaccins à l'étranger. Des médias ont indiqué également que les États-Unis avaient accaparé des vaccins bien au-delà de leurs besoins sans en avoir exporté une seule dose à l'étranger. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La levée des DPI sur les vaccins anti-COVID-19 constitue un appel de nombreux pays en développement. La Chine soutiendra toutes les actions qui contribuent à un accès équitable aux vaccins pour les pays en développement et fera tout ce qui est favorable à la lutte contre la pandémie, notamment dans les pays en développement. Hier, nous avons déjà annoncé notre soutien à la levée des DPI pour les vaccins anti-COVID-19.

La question clé qui se pose à l'heure actuelle est de savoir comment les pays en développement peuvent avoir un accès opportun et équitable aux vaccins. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a exhorté à plusieurs reprises certains pays développés à mettre fin à leurs pratiques liées aux achats excessifs et à l'imposition de restrictions à l'exportation de vaccins, afin d'endiguer la propagation et la mutation futures du virus. Le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a également critiqué à plusieurs reprises des pays développés pour leurs nombreux actes tels que la pratique du « nationalisme vaccinal », l'accaparement des vaccins et la conclusion des accords privés avec les fournisseurs de vaccins, soulignant que la distribution inéquitable des vaccins était « contraire à la morale », et appelant à la promotion de la distribution équitable des vaccins à l'échelle mondiale.

Mais ce que nous constatons, c'est que certains pays développés de l'Occident, surtout les États-Unis, ont accaparé des vaccins bien au-delà de leurs besoins. D'après les statistiques de certaines agences et de certains médias, les pays à revenu élevé, qui représentent seulement 14% de la population mondiale, possèdent 6 fois plus de vaccins que les pays à revenu moyen et faible, qui regroupent 86% de la population mondiale. Les États-Unis ont acheté environ 2,6 milliards de doses de vaccin, soit un quart du total mondial, dépassant largement leurs besoins. Des centaines de millions de doses de vaccin sont mises de côté dans des entrepôts américains. Par conséquent, il est urgent que les pays développés ayant acheté des vaccins bien au-delà de leurs besoins réels lèvent sans tarder les restrictions à l'exportation et augmentent l'approvisionnement en vaccins pour combler le manque de vaccins dans les pays en développement le plus tôt possible.

La Chine met en pratique son engagement de faire des vaccins un « bien public mondial » par des actions concrètes. Malgré sa propre population énorme et une offre très limitée de vaccins, elle a apporté une contribution tangible à l'accessibilité et à l'abordabilité des vaccins dans les pays en développement. Elle a fourni des assistances en matière de vaccins à plus de 80 pays et 3 organisations internationales, exporté des vaccins vers plus de 50 pays et effectué le transfert de technologies et la coopération sur la production de vaccins avec plus de 10 pays en développement, dont l'Égypte et les Émirats arabes unis, pour faire progresser rapidement la production à grande échelle de vaccins. Récemment, le vaccin de Sinopharm a été autorisé par l'OMS pour une utilisation d'urgence et la Chine travaille activement à fournir des vaccins au mécanisme COVAX. Elle a également annoncé la fourniture de vaccins aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies et au Comité international olympique et obtenu des progrès encourageants à cet égard. Nous continuerons d'apporter une contribution chinoise à un accès équitable aux vaccins dans les pays en développement.

AFP : Le Président américain Joe Biden a déclaré hier que les États-Unis envisageaient d'exporter plus de cinq fois de plus de vaccins que le nombre total exporté par les autres pays, y compris la Chine et la Russie. Il a ajouté que mettre fin à la COVID-19 nécessitait le leadership des États-Unis. Quels sont les commentaires de la Chine ?

Zhao Lijian : Le vaccin est une arme importante pour sauver les vies et vaincre le virus. Nous nous félicitons de voir d'autres pays ayant les conditions et les capacités nécessaires fournir des vaccins aux pays en développement et promouvoir la distribution équitable et l'utilisation des vaccins à travers le monde.

Je viens de présenter les efforts de la Chine dans l'amélioration de l'accessibilité et de l'abordabilité des vaccins chez les pays en développement. Si les États-Unis peuvent honorer rapidement leur promesse d'assistance en matière de vaccins et apporter une aide concrète aux pays en développement dans leur lutte contre la pandémie, nous en serons très heureux.

Les États-Unis créent arbitrairement des histoires sur la Chine au sujet des questions liées au vaccin, ce qui est très honteux et nous conduit inévitablement à douter de l'intention et de la motivation réelles de la partie américaine. Les vaccins ne concernent ni les races ni les valeurs, et ne sont pas des outils pour créer un « fossé vaccinal » et des manœuvres politiques. À la différence des États-Unis, la Chine ne profitera pas des vaccins pour influencer ou diriger le monde, encore moins crier des slogans creux en ne faisant rien. La Chine a un seul objectif, celui d'aider de son mieux les pays en développement à sauver davantage de vies. En fournissant des vaccins ou des matériels antiépidémiques à l'extérieur, la Chine ne vise jamais une faveur en retour, n'a aucun but géopolitique et n'impose aucune condition politique. Nous ferons tout notre possible pour sauver plus de gens, qu'ils soient des noirs, blancs ou jaunes et de quelque pays qu'ils viennent.

Reuters : Un porte-parole du gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong a annoncé que le Bureau économique, commercial et culturel de Hong Kong à Taiwan serait temporairement fermé dès aujourd'hui. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

Zhao Lijian : Il ne s'agit pas d'une question diplomatique. Veuillez vous renseigner auprès des services compétents.

HRTN : Actuellement, le conflit entre la Palestine et Israël s'aggrave constamment, mais les États-Unis ont empêché le 16 mai, pour la troisième fois, le Conseil de Sécurité des Nations Unies d'adopter une déclaration conjointe appelant au cessez-le-feu, à l'arrêt des violences et à la protection des civils. En outre, selon des sources d'information, les États-Unis ont accepté de vendre à la partie israélienne des missiles à guidage de précision pour un montant de 735 millions de dollars. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Lors du débat public d'urgence du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le conflit palestino-israélien tenu le 16 mai, la grande majorité des membres du Conseil de Sécurité a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à éviter toute crise globale, a exigé la protection des civils pour éviter plus de victimes, a insisté sur un règlement politique, a demandé aux parties palestinienne et israélienne de reprendre rapidement les pourparlers de paix basés sur la « solution à deux États », et a estimé que le Conseil de Sécurité devrait s'exprimer d'une seule voix, faire progresser de manière juste le processus des négociations de paix entre la Palestine et Israël, et s'efforcer de promouvoir une coexistence pacifique entre les deux pays que sont la Palestine et Israël. Cependant, au lieu de prendre activement des mesures pour mettre un terme au conflit palestino-israélien, les États-Unis sont même prêts à jeter de l'huile sur le feu. La partie américaine est tombée dans un isolement sans précédent au sein du Conseil de Sécurité, en se plaçant complètement à l'opposé de la conscience et de la morale de l'humanité.

La communauté internationale est profondément déçue de ce que les États-Unis ont fait dans le conflit palestino-israélien. On ne peut pas s'empêcher de se demander s'il s'agit là des droits de l'homme à l'américaine et de la diplomatie des valeurs que l'administration américaine vante. Pourquoi les États-Unis sont-ils indifférents aux droits de l'homme du peuple palestinien alors qu'ils ne cessent de parler de la défense des droits de l'homme des musulmans ? Les États-Unis ne prennent en compte que sa proximité, ne s'intéressent qu'à leurs propres intérêts, et se foutent des positions. Je crains qu'ils n'utilisent les droits de l'homme que comme excuse. Le Conseil de Sécurité est déjà incapable d'agir sur le conflit palestino-israélien en raison de l'obstruction des États-Unis, est-ce là l'ordre international fondé sur les règles dont parlent les États-Unis ?

Face au nombre croissant des morts de civils à cause du conflit, les États-Unis devront assumer les responsabilités qui leur incombent, adopter une position impartiale et se joindre à la majorité des membres de la communauté internationale pour soutenir le Conseil de Sécurité dans son rôle pour la désescalade de la situation, le rétablissement de la confiance et le règlement politique.

RIA Novosti : Aujourd'hui, le Ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé que le Président Xi Jinping et le Président russe Vladimir Poutine seraient présents à la cérémonie de mise en chantier du projet de coopération en matière d'énergie nucléaire entre les deux pays tenue le 19 mai. Pourriez-vous présenter des informations détaillées ? Quelles sont les attentes de la Chine pour la coopération nucléaire sino-russe ? Ma deuxième question, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré lors de son entretien téléphonique avec le Conseiller à la sécurité nationale du Président afghan que la Chine était disposée à faciliter les négociations intra-afghanes, y compris en créant des conditions nécessaires pour la tenue des négociations en Chine. Pourriez-vous donner plus d'informations ? L'Afghanistan est-il d'accord avec la proposition de la Chine ?

Zhao Lijian : Le Président Xi Jinping assistera par liaison vidéo à Beijing le 19 mai à la cérémonie de mise en chantier du projet de coopération sino-russe en matière d'énergie nucléaire avec le Président russe Vladimir Poutine. Cette année marque le 20e anniversaire de la signature du Traité de bon voisinage et de coopération d'amitié sino-russe. Cet événement sera le premier échange bilatéral en ligne entre le Président Xi Jinping et le Président Vladimir Poutine cette année, et est d'une grande importance pour guider le développement continu et de haut niveau du partenariat de coordination stratégique global entre la Chine et la Russie pour une nouvelle ère.

La coopération sur l'énergie nucléaire est un domaine traditionnel et prioritaire de la coopération sino-russe. Ces dernières années, cette coopération a connu un essor, attirant une grande attention des Chefs d'État des deux pays. En juin 2018, en présence du Président Xi Jinping et du Président Vladimir Poutine, les deux parties ont signé des accords sur la coopération dans le secteur nucléaire et ont convenu de coopérer dans la construction des réacteurs 7 et 8 de la centrale nucléaire de Tianwan et des réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Xudapu. C'est le plus grand projet de coopération en matière d'énergie nucléaire entre la Chine et la Russie à ce jour, incarnant le haut niveau de la coopération pragmatique entre les deux pays. Le démarrage de la construction sans heurts des quatre réacteurs a non seulement démontré les réalisations importantes de la coopération sino-russe en termes de fabrication des équipements haut de gamme et d'innovation scientifique et technologique, mais contribuera également à l'amélioration de la qualité et à la montée en gamme de la coopération pragmatique bilatérale dans tous les domaines.

De plus, l'énergie nucléaire est propre et efficace. Une fois achevés, les quatre réacteurs permettront de réduire effectivement les émissions de dioxyde de carbone. Cela reflète non seulement la ferme détermination de la Chine à atteindre l'objectif du « pic des émissions de CO2 » et de la « neutralité carbone », mais démontre également le courage puissant de la Chine en tant que grand pays responsable.

Quant à la deuxième question, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a abordé les sujets concernés lors de ses entretiens téléphoniques hier avec le Conseiller à la sécurité nationale du Président afghan Hamdullah Mohib et le Ministre afghan des Affaires étrangères Mohammad Hanif Atmar. Comme l'a souligné M. Wang, la Chine saluait le principe du « processus de paix dirigé et pris en charge par les Afghans » et soutenait toutes les parties en Afghanistan dans la recherche d'un arrangement politique large et inclusif par des moyens pacifiques. Le retrait unilatéral des troupes américaines à un stade critique du processus de réconciliation intérieure en Afghanistan a semé de l'incertitude sur l'évolution de la situation en Afghanistan. Cependant, la paix est la tendance du temps et se conforme pleinement aux intérêts fondamentaux et à long terme du peuple afghan, et elle est aussi l'attente commune de la communauté internationale. La Chine est prête à faciliter les négociations intra-afghanes, y compris en créant des conditions nécessaires à la tenue des négociations en Chine. La Chine continuera de soutenir les parties concernées en Afghanistan pour qu'elles promeuvent avec persévérance les négociations intra-afghanes et établissent un cadre politique large et inclusif pour l'avenir, à la lumière des principes du règlement politique, de la priorité à la paix et de l'avancement progressif. La Chine soutient le gouvernement afghan dans ses efforts visant à jouer un rôle de premier plan dans le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan et appelle toutes les parties à soutenir et à mettre en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, à promouvoir une transition en douceur de la situation en Afghanistan et à éviter en particulier une résurgence des forces terroristes dans le pays en profitant des occasions.

L'Afghanistan remercie la Chine de son soutien ferme et constant au processus de paix et de réconciliation en Afghanistan, se félicite de voir la Chine continuer de jouer un rôle actif dans ce processus de paix et de réconciliation, et espère renforcer la coopération avec la Chine à cet égard dans un cadre bilatéral et dans le cadre du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin de maintenir la paix et la stabilité en Afghanistan et dans la région.

La Chine travaillera de concert avec le reste de la communauté internationale et les pays de la région pour continuer à promouvoir le processus de pourparlers de paix en Afghanistan et contribuer à la réalisation de la paix et de la stabilité en Afghanistan dans les meilleurs délais.

Bloomberg : Concernant le conflit palestino-israélien, le Président Biden a dit qu'il était favorable à un cessez-le-feu. Quelle est la réponse de la Chine à cet égard ? La Chine a exprimé sa volonté de servir de médiateur entre la Palestine et Israël. Pourquoi la Chine se croit capable de faire la médiation ?

Zhao Lijian : Il ne suffit pas pour les États-Unis d'exprimer simplement leur volonté de soutenir un cessez-le-feu. L'urgence est de travailler avec la majorité des membres de la communauté internationale à soutenir le Conseil de Sécurité afin qu'il joue un rôle qui lui revient pour apaiser la situation, rétablir la confiance et parvenir à un règlement politique.

La Chine accorde une grande attention à l'escalade continue du conflit palestino-israélien qui a causé un grand nombre de victimes et en est très préoccupée. La Chine condamne fermement les actes de violence contre les civils, et exhorte une fois de plus les deux parties au conflit, en particulier Israël, à cesser immédiatement toute activité militaire et tout acte hostile, à reprendre rapidement le dialogue politique, à prendre des mesures favorables à réduire la violence et à réaliser un atterrissage en douceur de la situation, afin de protéger la sécurité et les droits des civils, de promouvoir le rétablissement rapide de la paix et de la stabilité locales, et d'éviter de graves catastrophes humanitaires. La Communauté internationale, surtout le Conseil de Sécurité, doit s'exprimer d'une seule voix, réitérer son ferme soutien envers la « solution à deux États », et jouer un rôle actif dans la promotion juste du processus de pourparlers de paix entre la Palestine et Israël, dans l'apaisement des tensions palestino-israéliennes, et dans le règlement politique de la question de la Palestine.

À la présidence tournante du Conseil de Sécurité pour le mois de mai, la Chine a organisé deux consultations d'urgence du Conseil de Sécurité, et a proposé un projet de déclaration du Président du Conseil de Sécurité. Dans ce contexte, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a présidé le 16 mai un débat public d'urgence du Conseil de Sécurité sur le conflit palestino-israélien, lors duquel il a avancé la proposition de la Chine sur la promotion de la désescalade de la situation. La Chine continuera d'encourager le Conseil de Sécurité à s'acquitter de ses fonctions, à jouer son rôle et à apporter sa part de contribution au règlement global, juste et permanent de la question de la Palestine.

Reuters : Selon des reportages, l'exportation de la Chine vers la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en avril dernier a atteint son plus haut niveau depuis juillet 2020. Pourriez-vous confirmer si la Chine a rouvert la frontière avec la RPDC ?

Zhao Lijian : Je ne suis pas au courant de la situation que vous avez mentionnée. Veuillez vous renseigner auprès des autorités chinoises compétentes.

AFP : Hier, les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont discuté des droits de douane sur l'acier et d'autres questions, et ils ont publié une déclaration commune disant qu'ils voulaient tenir pour responsables des pays qui soutenaient des politiques de distorsion des échanges, comme la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La manière dont les États-Unis développent leurs relations économiques et commerciales avec l'UE ne regarde qu'eux. Mais ils ne doivent pas créer des histoires autour de la Chine ou même tenter de créer un « petit clan » contre elle. Une mentalité aussi tordue et étroite n'est pas à la hauteur d'un grand pays.

Je voudrais demander à ces gens sur quelles bases ils critiquent de manière injustifiée la Chine ? La Chine n'a pas recours à l'intimidation et aux sanctions de manière arbitraire, n'impose pas l'exterritorialité et ne réprime pas sans raison les entreprises étrangères. Elle soutient toujours fermement le système commercial multilatéral et mène la coopération économique et commerciale internationale conformément au principe d'égalité et de bénéfice mutuel. En ce qui concerne les divergences dans le commerce international, nous préconisons d'abandonner la mentalité du jeu à somme nulle et les pratiques non constructives, y compris la formation de « petits clans », et de les régler adéquatement par des négociations sur un pied d'égalité, sur la base du respect mutuel et conformément aux règles concernées de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), tout en agrandissant ensemble le gâteau pour réaliser des avantages mutuels et une situation gagnant-gagnant. La plus grande injustice consiste à respecter ou rejeter les mécanismes et les règles dans le cadre du système commercial multilatéral au gré de ses convenances.

Actuellement, certains pays prennent arbitrairement des mesures commerciales unilatérales telles que l'augmentation de droits de douane et l'imposition de sanctions, et entravent unilatéralement le bon fonctionnement de l'organe d'appel de l'OMC. Il s'agit de la plus grande distorsion de l'ordre commercial international normal. En matière de surcapacité de production d'acier, le public sait clairement qui a apporté une contribution substantielle à la résolution de cette question et qui a secoué le marché international. Nous espérons que toutes les parties pourront prendre des mesures concrètes et efficaces pour contribuer au fonctionnement ordonné du marché mondial et au développement sain et régulier du commerce international.

Bloomberg : Première question, quelle est la différence entre l'approche de la Chine en matière de médiation du conflit palestino-israélien et celles d'autres pays, comme les États-Unis ? Deuxième question, selon le New York Times, Apple se prépare à stocker les données personnelles des utilisateurs chinois dans un centre de données à Guiyang. Les technologies de cryptage seront disponibles pour le gouvernement chinois s'il en fait la demande. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Vous pouvez faire une comparaison entre les rôles que jouent la Chine et les États-Unis dans le conflit palestino-israélien. Sans comparaison, vous ne pourrez pas constater la différence. Dans le conflit palestino-israélien, la Chine défend l'équité et la justice internationales, tandis que les États-Unis ne s'intéressent qu'à leurs propres intérêts. La position américaine est dictée par sa proximité avec les parties concernées.

Quant à votre deuxième question, je ne suis pas au courant de la situation. Toutefois, j'aimerais y répondre brièvement en trois points.

Tout d'abord, le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Chine et la conformité aux lois et réglementations chinoises constituent les lignes directrices fondamentales et les règles logiques que doivent observer toutes les entreprises étrangères opérant en Chine.

Deuxièmement, les lois chinoises stipulent explicitement la garantie de la sécurité des données, des informations personnelles et des autres droits et intérêts légaux de tous les citoyens et organisations. Le gouvernement chinois applique strictement les principes relatifs à la protection de la sécurité des données, interdit et lutte contre les activités enfreignant la loi conformément à la loi.

Troisièmement, les États-Unis sont un pays de triste renom pour le piratage et l'espionnage, et n'épargnent même pas leurs alliés. Il n'est pas rare de voir des reportages sur l'accès arbitraire de l'administration américaine aux informations personnelles de son propre peuple. Il vaudrait mieux que les États-Unis arrêtent leur farce d'un voleur qui crie au vol pour ternir l'image de la Chine.

Global Times : Selon des reportages, le Directeur général de l'Australian Industry Group Innes Willox a averti que l'Australie était confrontée à un « jour de règlement » inquiétant depuis longtemps entre sa sécurité et ses relations économiques. Il a appelé à calmer les tensions avec la Chine par la négociation rationnelle et la voie diplomatique et à éviter des mots provocateurs. De plus, il a estimé que les milieux industriels et commerciaux australiens devraient s'efforcer de prendre des actions pour éviter une escalade de tensions avec la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine ?

Zhao Lijian : J'ai remarqué les reportages concernés. Depuis une certaine période, le gouvernement australien a pris à plusieurs reprises des paroles et actes provocateurs et antagonistes sur des questions touchant aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de la Chine, telles que celles liées à Hong Kong, au Xinjiang et à Taiwan, ce qui a sérieusement nui à la confiance politique mutuelle et au fondement de la coopération entre les deux pays.

Nous avons noté que de plus en plus de personnalités clairvoyantes en Australie y avaient exprimé leur inquiétude, appelé le gouvernement australien à réfléchir sur sa politique vis-à-vis de la Chine, et fait de précieuses suggestions à cet égard. La Chine espère que le gouvernement australien fera face aux racines des difficultés dans les relations bilatérales, prendra sérieusement en compte les préoccupations chinoises, écoutera les voix rationnelles, abandonnera la mentalité de la guerre froide et les préjugés idéologiques, et fera davantage de choses favorables à la confiance mutuelle et à la coopération entre la Chine et l'Australie et à la hauteur du partenariat stratégique global entre les deux pays.

Shenzhen TV : Selon un reportage de Kyodo News du 16 mai, plusieurs réservoirs de stockage de l'ancien style de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont eu successivement des fuites d'eau, qui provient de l'eau souterraine traitée retenue dans les réacteurs 5 et 6 qui n'ont pas connu de fusion du cœur. Le césium 137 et d'autres matières radioactives émettant le rayon β ont été détectés dans l'eau de ces réservoirs de stockage. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : J'ai pris note du reportage concerné, qui rappelle une fois de plus au monde que le traitement de l'eau contaminée issue de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima est une question délicate qui nécessite la plus grande prudence et ne tolérera aucune faute. Il y a un mois, au mépris des doutes et de l'opposition à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, le Japon a décidé unilatéralement de rejeter l'eau contaminée dans la mer avant d'avoir épuisé tous les moyens de traitement sûrs, sans avoir divulgué toutes les informations concernées et sans amples consultations avec les pays voisins et la communauté internationale. C'est extrêmement irresponsable.

Cet accident de fuite d'eau de réservoirs de stockage de l'eau contaminée de Fukushima, divulgué par un média, a une fois de plus révélé l'insuffisance du traitement initial par le Japon de l'eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima. Cela nous rappelle au fait que la Compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), chargée de gérer l'accident nucléaire de Fukushima, a falsifié à plusieurs reprises des données et dissimulé la vérité. Un autre grand point d'interrogation pour nous est de savoir si la décision du Japon de rejeter l'eau contaminée dans la mer est rationnelle et basée sur la science, et si les données soutenant la décision du Japon sont fiables.

La Chine exhorte fortement et une fois de plus le Japon à répondre sérieusement aux graves préoccupations de la communauté internationale, surtout des pays voisins, et de son propre peuple, et à traiter, avec un sens élevé des responsabilités envers les intérêts publics internationaux, la question de l'eau contaminée de Fukushima de manière prudente, ouverte et transparente. Il ne doit pas démarrer arbitrairement le rejet de l'eau contaminée dans la mer avant de parvenir à un consensus avec les parties prenantes et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Beijing Daily : Selon des reportages, des groupes de citadins de Busan en République de Corée continuent d'organiser des manifestations, appelant à la fermeture du laboratoire biochimique de l'armée américaine dans le port de Busan et au retrait des armes biochimiques de la République de Corée. Des médias locaux ne cessent de dénoncer que l'armée américaine envoie des agents de guerre biologique dans la République de Corée. Ils critiquent l'armée américaine pour avoir dissimulé la vérité et mettent fortement en doute la sécurité de ses activités concernées. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La communauté internationale, en particulier le public et les médias des pays concernés, a exprimé maintes fois son fort mécontentement et son opposition face aux activités de biomilitarisation de l'armée américaine dans ses laboratoires à l'étranger. La Chine a également manifesté à plusieurs reprises sa grave préoccupation en la matière. En août dernier, la Chine a exhorté les États-Unis à fournir des clarifications sur leurs activités de biomilitarisation en République de Corée. La semaine dernière, nous avons réitéré que les États-Unis devraient prendre des mesures concrètes pour garantir que leurs laboratoires biologiques ainsi que leurs activités concernées soient légaux, transparents et sûrs. Et nous avons appelé une fois de plus la partie américaine à cesser d'empêcher à elle seule l'établissement d'un mécanisme de vérification de la Convention sur l'interdiction des armes biologiques (CABT).

Il est regrettable que les États-Unis aient fait la sourde oreille aux préoccupations de la communauté internationale. En ce qui concerne le cas de Busan où des manifestations massives ont de nouveau éclaté, nous invitons la partie américaine à répondre aux questions suivantes :

- Quelle est la vraie intention de l'armée américaine d'envoyer des agents de guerre biologique à Busan ? Quelles recherches a-t-elle menées avec ces agents importés ? Comment prouver que les activités concernées sont conformes à la CABT ?

- Pourquoi les États-Unis ont-ils dissimulé la vérité ? En particulier, pourquoi ont-ils nié la construction du laboratoire militaire sur le quai n°8 du port de Busan avant d'être contraints de le reconnaître en 2006 lorsque le projet a été rendu public par les médias ? Pourquoi les États-Unis ont-ils prétendu en 2015 importer cette année-là pour la première fois des agents de guerre biologique en République de Corée, alors qu'une enquête a prouvé plus tard que les importations secrètes ont déjà commencé en 2009 ?

- Pourquoi les États-Unis ne prennent-ils pas en compte la santé et la sécurité des habitants locaux ? Notamment, il y a quatre quartiers résidentiels et plusieurs écoles à moins de 500 mètres du quai n°8 du port de Busan. Et Si jamais un accident se produisait dans cette zone densément peuplée, que feraient-ils ?

En bref, la légalité, la transparence et la sécurité constituent les exigences communes de la communauté internationale pour les activités de biomilitarisation américaines. Nous exhortons une fois de plus la partie américaine à fournir une clarification globale, à prendre des mesures concrètes et crédibles pour remplir pleinement ses obligations en vertu de la CABT, et à arrêter de bloquer à elle seule les négociations sur un protocole de vérification de la CABT, afin de créer des conditions favorables à l'accomplissement des vérifications qui prendront en compte les préoccupations et à l'établissement d'une confiance mutuelle.

Beijing Youth Daily : Le site Web du Ministère des Affaires étrangères a publié une nouvelle selon laquelle une délégation de diplomates d'Amérique latine et des Caraïbes en Chine a récemment effectué une visite au Xinjiang. Nous avons noté que les diplomates avaient tous fait l'éloge du Xinjiang comme étant une terre merveilleuse. Pourriez-vous nous présenter plus d'informations sur cette visite ?

Zhao Lijian : Du 13 au 17 mai, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Xie Feng a accompagné des diplomates d'Amérique latine et des Caraïbes en Chine dans leur visite au Xinjiang. La délégation s'est rendue à Urumqi, à Tourfan et à Hotan, où elle a effectué des visites sur le terrain pour connaître la situation sociale, économique, culturelle, ethnique et religieuse du Xinjiang, et a activement recherché de nouvelles opportunités pour la coopération entre le Xinjiang et l'Amérique latine. 23 Ambassadeurs et hauts diplomates de 19 pays d'Amérique latine et des Caraïbes en Chine y ont participé.

Le Secrétaire du Comité du Parti communiste chinois (PCC) pour la région autonome ouïgoure du Xinjiang Chen Quanguo a rencontré la délégation, et présenté de façon exhaustive les réalisations historiques sans précédent obtenues par le Xinjiang en matière de développement économique et social, de droits de l'homme et d'amélioration du bien-être social sous la direction scientifique de la stratégie du PCC pour la gouvernance du Xinjiang dans la nouvelle ère. Il a réfuté, avec des exemples concrets et des données précises, les gros mensonges concoctés par les forces antichinoises aux États-Unis et à l'Occident, tels que le « génocide », le « travail forcé » et l'« oppression des musulmans », et exprimé son opposition ferme et sa condamnation vigoureuse à la grave ingérence des États-Unis et de pays occidentaux dans les affaires intérieures de la Chine sous prétexte de prétendues questions de droits de l'homme, qui avait blessé les sentiments de la population de tous les groupes ethniques du Xinjiang.

Le Vice-Ministre Xie Feng a participé à la rencontre et à la réunion d'échange ayant pour thème « Le Xinjiang est une terre merveilleuse », et a accordé une interview à des médias chinois et étrangers. Il a notamment mis en lumière et critiqué une « chaîne industrielle complète » allant de la fabrication de mensonges jusqu'au lancement d'attaques, qui avait été soigneusement élaborée par les forces antichinoises dans le but de semer des troubles au Xinjiang, de provoquer des conflits religieux et ethniques, de déstabiliser la Chine et de contenir son développement. M. Xie a souligné que les faits ne pouvaient être déformés, que tout le monde savait de quel côté se trouvait la vérité, que les mensonges et les rumeurs ne pouvaient dissimuler la prospérité et les progrès du Xinjiang, et que la force et l'hégémonie ne pouvaient arrêter l'équité et la justice internationales. Le Vice-Ministre Xie Feng a encouragé les diplomates à connaître le Xinjiang de manière approfondie, à explorer activement les ressources et les possibilités en matière de coopération, et à promouvoir des échanges diversifiés dans les domaines humain et culturel, afin d'insuffler un nouvel élan et une nouvelle vitalité à la construction d'une communauté d'avenir partagé Chine-Amérique latine.

À Urumqi, la délégation a visité l'exposition thématique sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, le grand bazar international, des mosquées, des entreprises de transmission et de transformation de l'énergie, le parc d'exposition agricole, l'Institut islamique du Xinjiang et la Zone de développement économique et technologique d'Urumqi, et participé à la réunion d'échange sur le thème « Le Xinjiang est une terre merveilleuse ». À Tourfan, elle a visité des entreprises de commerce électronique de produits agricoles locaux, des mosquées, le parc industriel du Nang (un pain plat local) et le Château Huoshanhong. À Hotan, la délégation s'est rendue à la rue connue pour la fabrication du papier à base d'écorce de mûrier, au marché des fruits et des noix, à la société Atlas Silk et à la vieille ville de Tuancheng. Des diplomates sont également entrés dans des maisons de familles ouïgoures ordinaires, et discuté avec ces dernières en buvant du thé et en dégustant de délicieux plats du Xinjiang.

Au cours de la visite, les diplomates ont accordé avec enthousiasme des interviews aux médias chinois et étrangers, et parlé à cœur ouvert de leur expérience personnelle et de leurs véritables sentiments pendant cette visite. Ils ont exprimé leur admiration sincère à l'égard du Xinjiang pour sa bonne situation marquée par le développement économique fulgurant, l'harmonie et la stabilité sociales, la paix et l'unité entre les différents groupes ethniques, la liberté de croyance religieuse et le développement culturel vigoureux. En indiquant que le terrorisme était un défi commun auquel le monde entier était confronté, les diplomates ont dit qu'ils comprenaient et soutenaient pleinement les efforts déployés par le gouvernement chinois dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation au Xinjiang, et ont positivement évalué le rôle important joué par les centres d'enseignement et de formation professionnels. Ils se sont dits disposés à promouvoir activement la coopération pragmatique entre leur pays et le Xinjiang dans des domaines tels que l'énergie propre, les équipements électriques, l'agriculture moderne et le tourisme thématique.