Conférence de presse du 26 mai 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/05/26

The Paper : Récemment, des fonctionnaires américains ont appelé à mener une « enquête » globale dirigée par des experts sur l'origine du nouveau coronavirus, et ont déclaré que la Chine n'avait pas gardé une transparence totale dans le processus de l'enquête sur le traçage de l'origine du virus. Quels sont les commentaires de la partie chinoise à ce sujet ?

Zhao Lijian : Le traçage de l'origine du virus est une question scientifique, dont l'objectif est d'améliorer la connaissance de l'humanité sur le virus, et de mieux prévenir les éventuelles maladies infectieuses à l'avenir.

Depuis l'apparition de la pandémie de COVID-19, la Chine a été le premier à soutenir l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans ses efforts visant à mener des recherches à l'échelle mondiale pour le traçage de l'origine du virus. Du 14 janvier au 10 février de cette année, un groupe international d'experts de l'OMS et des experts chinois ont mené des études approfondies à Wuhan pendant près d'un mois. Les experts des deux parties ont effectué conjointement des visites sur le terrain, analysé ensemble un grand nombre de données, publié conjointement un rapport d'étude faisant autorité et tiré de nombreuses conclusions importantes. Cette étude conjointe a joué un rôle agissant dans la promotion du travail de traçage de l'origine du virus dans le monde entier.

Certaines personnes des États-Unis parlent tout le temps de leur souci de la vérité tout en faisant réellement des manipulations politiques. À chaque fois qu'ils parlent de la pandémie, ils dénigrent et attaquent la Chine tout en ignorant complètement de nombreux doutes sur le traçage de l'origine du virus dans leur propre pays et la réalité amère de l'échec dans leur lutte contre la COVID-19. Ils s'accrochent à la diffusion de la théorie du complot et de fausses informations telles que « la fuite de laboratoire », ce qui constitue non seulement un grand manque de respect pour l'esprit scientifique et les résultats de recherche des membres du groupe d'experts de l'OMS, mais aussi une profanation et un sabotage des efforts mondiaux dans la lutte solidaire contre la pandémie.

Je tiens à souligner encore une fois que de nombreux indices, reportages et études montrent que l'épidémie de COVID-19 est apparue depuis divers endroits du monde pendant la seconde moitié de l'année 2019. La Chine a adopté depuis toujours une attitude responsable dans le travail du traçage de l'origine du virus, et y a apporté une contribution positive remarquée de tous. Si la partie américaine a réellement l'intention de mener une enquête totalement transparente, elle doit, à l'instar de la Chine, inviter les experts de l'OMS à mener des enquêtes aux États-Unis, ouvrir le plus tôt possible Fort Detrick de l'armée américaine et les laboratoires biologiques américains dans le monde entier, et divulguer les données et les informations détaillées sur les cas liés à des maladies respiratoires inexpliquées qui ont commencé à apparaître dans le nord de la Virginie en juillet 2019, et à une épidémie massive de la « maladie pulmonaire liée au vapotage » (EVALI) qui s'est produite dans le Wisconsin. Nous exhortons les États-Unis et les autres pays concernés à mener une coopération avec l'OMS en adoptant également une attitude scientifique, ouverte et transparente.

Shenzhen TV : Nous avons remarqué que ces derniers jours, le Japon avait souligné à plusieurs reprises que l'eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima était de l'« eau traitée » qui avait été filtrée et diluée, et qu'elle répondait pleinement aux normes de rejet. Selon certains commentaires, cet acte vise à se justifier de la décision de rejeter l'eau contaminée dans la mer. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Peu importe comment le Japon essaie de « se justifier » et de se blanchir, il est très difficile de dissimuler sa mauvaise décision nourrie par ses intérêts égoïstes qui méprise les intérêts communs de toute l'humanité.

L'eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima contient des composants hautement complexes, y compris de nombreux radionucléides, parce qu'elle est entrée en contact avec le combustible nucléaire issu du cœur fondu du réacteur. La Compagnie d'électricité de Tokyo (TEPCO) a affirmé l'autre jour que la plupart des radionucléides à part le tritium pourraient être éliminés de l'eau contaminée après le traitement de purification, essayant de concentrer l'attention du public sur le tritium pour détourner d'autres problèmes graves. Cependant, en 2018, TEPCO a dû admettre qu'il y avait des cas où les radionucléides à part le tritium dans l'eau traitée dépassaient les standards. En février 2020, un rapport publié par le Japon a montré que 73% de l'eau contaminée traitée dépassait toujours les standards et que la dilution de l'eau contaminée contenant du tritium ne pouvait pas diminuer la quantité totale du tritium. L'eau contaminée restera contaminée quelle que soit l'étiquette que l'on lui colle. Une fois rejetée dans la mer, elle causera des dommages inestimables à l'environnement marin mondial.

Nous avons également remarqué que le Conseil des citoyens japonais de l'énergie atomique avait récemment révélé que les inspecteurs japonais avaient truqué l'équipement d'inspection dans le but de tromper le public et de convaincre tout le monde que l'eau contaminée est sûre après traitement. Le Chef du Conseil en est d'accord. Si l'eau contaminée traitée était conforme aux soi-disant « normes de sécurité japonaises », pourquoi ne pas la rejeter dans le réseau japonais et l'absorber à l'intérieur du Japon ? S'obstinant à choisir le rejet dans la mer, le gouvernement japonais et TECPO pourront faire des économies, mais l'écologie mondiale et les populations du monde entier, y compris celles du Japon, paieront trop cher.

Le Japon ne se soucie que du présent en faisant fi du futur. Il fait bien ses calculs de l'avantage économique, mais cela constitue un crime contre la Terre et l'humanité. Le Japon doit prendre conscience de la situation dès que possible, revenir à la rationalité et à la science, adopter une attitude hautement responsable vis-à-vis de l'intérêt public international, et traiter les questions concernées de manière prudente, ouverte et transparente. Avant que le Japon, toutes les parties prenantes et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) aient amplement négocié et soient parvenus à un consensus, la partie japonaise ne doit pas entamer arbitrairement le rejet de l'eau contaminée dans la mer.

AFP : L'idée selon laquelle la COVID-19 est issue d'une fuite de laboratoire à Wuhan se multiplie aux États-Unis. La demande d'une enquête plus approfondie gagne davantage du terrain dans les pays occidentaux. La Chine envisagera-t-elle d'accepter une enquête du laboratoire concerné de Wuhan ?

Zhao Lijian : J'ai déjà pleinement expliqué la position de la Chine sur la question du traçage de l'origine du virus.

CCTV : Hier, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a participé à la célébration de la Journée de l'Afrique et y a prononcé un discours, dans lequel il a exposé l'amitié et la coopération entre la Chine et l'Afrique sous différents angles. Je voudrais savoir dans quels contextes spécifiques la Chine et l'Afrique ont célébré ensemble la Journée de l'Afrique ? Quelle est la signification importante de cette célébration ?

Zhao Lijian : La Journée de l'Afrique est une journée commémorative importante marquant les efforts du peuple africain pour lutter pour l'indépendance et renforcer la solidarité. La Chine participe activement à la célébration de la Journée de l'Afrique organisée chaque année à Beijing par le corps diplomatique africain en Chine. Le renforcement de la solidarité et de la coopération avec les pays africains constitue une priorité constante de la diplomatie chinoise. Dans ce sens, la Journée de l'Afrique est une fête commune pour la Chine et l'Afrique et mérite notre célébration conjointe.

Cette année, la Chine et l'Afrique ont organisé ensemble la réception de la Journée de l'Afrique en surmontant l'impact de la COVID-19. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi y a participé et prononcé un discours. Il a avancé une proposition en quatre points sur le développement des relations sino-africaines. Premièrement, nous devons nous adapter à notre temps et faire de la prochaine réunion du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) un succès. Deuxièmement, nous devons faire preuve de solidarité et travailler ensemble pour vaincre rapidement l'épidémie de COVID-19. Troisièmement, nous devons poursuivre un développement commun et promouvoir une coopération pragmatique solide et durable. Quatrièmement, nous devons nous en tenir à l'équité et à la justice et renforcer la coordination dans les affaires internationales. Les diplomates africains ont chaleureusement félicité le Parti communiste chinois (PCC) pour le centenaire à venir de sa fondation, hautement apprécié les résultats de la coopération sino-africaine et exprimé leurs grandes attentes envers un bel avenir des relations Chine-Afrique. On peut dire que cette réception est une nouvelle incarnation importante de l'amitié traditionnelle sino-africaine et démontre la solidarité et la coopération entre les deux parties sur fond de COVID-19.

La Chine attache une grande attention à l'Afrique et au développement de ses relations avec le continent. Dans le monde aujourd'hui, la communauté internationale ne peut maintenir sa crédibilité morale sans se soucier de l'Afrique et de l'aide au développement africain, et n'arrivera pas à réussir les affaires internationales sans le soutien et l'engagement des pays africains. La Chine et l'Afrique ont lancé ensemble l'Initiative sur le partenariat pour le développement de l'Afrique. Nous serons heureux de voir davantage de pays et d'organisations internationales participer à cette initiative, afin de soutenir conjointement le relèvement, le développement et le redressement en Afrique dans la période post-COVID-19, et favoriser le renforcement solidaire et un plus grand développement dans le processus de son intégration. La Chine est prête à approfondir constamment la coopération pragmatique sino-africaine à travers des plateformes telles que la coopération dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route » et le FCSA, en vue d'apporter une plus grande contribution au développement de l'Afrique, de sauvegarder ensemble l'équité et la justice internationales, et de défendre les intérêts communs des pays en développement.

Agence de presse Xinhua : Le 25 mai, à la demande du Pakistan et de la Palestine, coordinateurs de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), le Conseil des droits de l'homme de l'ONU tiendra une réunion extraordinaire sur le conflit palestino-israélien le 27 mai. Les pays musulmans concernés ont rédigé un projet de résolution appelant à la formation d'une Commission internationale indépendante chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme dans ce conflit palestino-israélien. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La Chine soutient la convocation de cette réunion extraordinaire par le Conseil des droits de l'homme. Nous sommes gravement préoccupés par le grand nombre de victimes, y compris des femmes et des enfants, causées par le récent conflit israélo-palestinien, et nous condamnons tous les actes de violence contre les civils et les attaques contre les installations civiles, notamment les hôpitaux et les écoles. Nous sommes également préoccupés par la détérioration continue de la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés au cours des dernières années. La Chine se félicite du cessez-le-feu entre les deux parties au conflit et espère que les parties concernées cesseront effectivement le feu et mettront fin aux violences. La Chine soutient fermement l'appel juste de la partie palestinienne et appuie tous les efforts visant à mettre en œuvre la « solution à deux États ».

Associated Presse du Pakistan : Le Premier Ministre pakistanais Imran Khan a hautement apprécié, lors d'une rencontre avec l'Ambassadeur de Chine au Pakistan, le leadership exceptionnel du Président Xi Jinping et du Premier Ministre Li Keqiang. Il a réaffirmé que le gouvernement pakistanais attachait une grande importance à la construction du Corridor économique Chine-Pakistan (CECP) et achèverait le projet CECP dès que possible. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : La Chine a pris note de la déclaration positive du Premier Ministre Imran Khan et l'apprécie.

En tant que projet pilote important dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », le CECP a réalisé des progrès significatifs dans les domaines des infrastructures de transport, de l'énergie, des ports et des parcs industriels depuis son lancement. Cela a non seulement promu le développement économique et social à un rythme plus rapide au Pakistan, mais a également joué un rôle positif dans la promotion de la connectivité régionale. Les statistiques montrent que depuis son lancement, la coopération du CECP a permis de créer 75 000 postes d'emploi au Pakistan. La Chine est prête à travailler avec la partie pakistanaise pour promouvoir la construction de qualité du CECP, qui jouera un rôle plus important dans l'amélioration des conditions de vie du peuple et la promotion de la connectivité régionale et de l'intégration économique.

Global Times : Le 25 mai marque le premier anniversaire de la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué sous le genou d'un policier américain. Des manifestations ont de nouveau éclaté à travers les États-Unis pour protester contre la question de la discrimination raciale aux États-Unis. Cependant, le problème de la haine contre des minorités ethniques telles que les Asiatiques et les Afro-Américains aux États-Unis existe toujours, et il semble que cette situation n'a pas changé à la suite de l'affaire George Floyd. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Comme vous l'avez dit, de nombreux internautes posent aux États-Unis des « questions d'âme » : Un an après, les États-Unis ont-ils changé ? Les « Floyd » peuvent-ils respirer librement ?

La famille de M. Floyd a dit tristement : « Cela a été une longue année. Cela a été une année douloureuse ». Un an plus tard, des cris désespérés de « je ne peux pas respirer » résonnent encore et des incidents violents tels que des fusillades contre des minorités ethniques continuent de faire les gros titres. Selon des reportages, rien qu'au cours des 21 jours du procès de Floyd, un total de 64 personnes aux États-Unis ont été tuées par balle par la police, et la plupart d'entre elles étaient des personnes de couleur. Selon le sondage publié par le site Web Axios-Ipsos, la relation entre les Afro-Américains et la police ne s'est pas améliorée au cours de l'année écoulée, mais s'est progressivement évoluée vers « une crise profonde et en pleine escalade ». 72% des Afro-Américains interrogés estiment que les tirs des policiers sur des jeunes Afro-Américains et d'autres minorités ethniques se sont aggravés.

L'affaire George Floyd n'est qu'une « partie émergée de l'iceberg » du racisme aux États-Unis. Selon les dernières données publiées par l'Associated Press-Center de recherche sur les affaires publiques NORC, 60% des Américains pensent que le racisme est un problème « très ou extrêmement grave ». Selon les données publiées par l'association à but non lucratif « Arrêtez la haine contre les Américains d'origine asiatique et des insulaires du Pacifique », depuis le début de la pandémie, plus de 6 600 incidents de haine contre les Américains d'origine asiatique ont été signalés aux États-Unis. Les États-Unis sont depuis longtemps connus dans le monde pour leur bilan déplorable de violations des droits de l'homme dans des domaines tels que la discrimination raciale et les crimes de haine. Le dirigeant américain a également admis cette année que les crimes haineux et la discrimination raciale sont un « poison vilain » qui hante la société américaine.

Les États-Unis doivent s'occuper de leurs propres affaires, résoudre leurs propres problèmes et assurer la sécurité à leur propre peuple, lui accorder le droit de respirer librement et d'être à l'abri de la peur et de la discrimination, au lieu de s'obstiner à répandre des mensonges et de fausses informations contre d'autres pays, à semer des troubles partout et à s'ingérer dans les affaires intérieures d'autrui.

Phoenix TV : Le « Ministre des Affaires étrangères » de Taiwan Joseph Wu a dit lors d'une interview accordée à la Société Radio-Canada que la partie continentale de la Chine tentait d'élargir son influence par ses activités militaires en Mer de Chine orientale, dans le détroit de Taiwan et en Mer de Chine méridionale. Il a dit espérer que les autres « États » partageant la même vision pourront prêter attention à Taiwan et le soutenir. Il a également indiqué que Hong Kong ne jouissait plus de la même liberté économique et politique qu'auparavant et qu'il ne laisserait pas Taiwan devenir le « deuxième Hong Kong ». Quelle est la réponse du Ministère des Affaires étrangères à cela ?

Zhao Lijian : Tout d'abord, je tiens à corriger votre expression erronée. Taiwan fait partie inaliénable du territoire chinois et il n'y a pas de prétendu « Ministre des Affaires étrangères ». Les autorités de Taiwan ne cessent de diffamer et de dénigrer de façon malveillante la partie continentale de la Chine sur les affaires de Hong Kong sous prétexte de la démocratie et de la liberté. Leur objectif réel est de poursuivre l'« indépendance » en perturbant Hong Kong. Cette manœuvre politique maladroite, qui ne recherche rien d'autre que l'attention et ne vise qu'à faire du bruit, ne réussira pas et ne s'attirera que la honte.

China News Service : Cette année a été déclarée l'Année internationale pour l'élimination du travail des enfants par l'Assemblée générale des Nations Unies. Depuis des années, l'Organisation internationale du Travail (OIT) a exprimé à de multiples reprises sa préoccupation sur le problème du travail des enfants aux États-Unis et les graves accidents du travail qui en découlent. En outre, des médias ont dénoncé plusieurs fois l'exploitation des enfants dans l'industrie du tabac aux États-Unis. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Les enfants sont l'avenir du monde. Protéger et promouvoir les droits des enfants font partie importante de la cause de différents pays pour promouvoir et garantir les droits de l'homme. En tant que « phare des droits de l'homme » autoproclamé et pays le plus développé du monde, les États-Unis demeurent le seul pays au monde à ne pas ratifier la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE). Ce soi-disant « phare » se cache pourtant dans une ombre épaisse en ce qui concerne son grave problème de travail des enfants.

Selon des statistiques officielles américaines, en 2019, les forces américaines de l'application de la loi ont détecté 858 cas de travail des enfants violant la Loi sur les normes du travail équitable, et un total de 544 employés mineurs sur des lieux de travail dangereux. En plus, les données récoltées par certaines associations industrielles s'avèrent beaucoup plus frappantes. Le rapport d'une organisation concernée révèle qu'environ 500 000 enfants américains travaillent dans l'agriculture. De nombreux enfants commencent à travailler à l'âge de 8 ans, avec un travail hebdomadaire de 72 heures. Il n'est pas rare de voir des enfants travailler plus de 10 heures par jour. Les travailleurs mineurs sont trois fois plus exposés aux effets cancérigènes des pesticides que les adultes. Aux États-Unis, l'agriculture est responsable de plus de la moitié des décès d'enfants au travail. Entre 2003 et 2016, 237 enfants sont décédés dans des accidents de travail liés à l'exploitation agricole, soit quatre fois le nombre de décès dans les autres secteurs.

La prévalence du travail des enfants dans l'industrie du tabac aux États-Unis est particulièrement préoccupante. D'après certaines organisations de défense des droits de l'homme, un grand nombre d'enfants sont impliqués dans la récolte et le séchage des feuilles de tabac ainsi que la manipulation des machines lourdes dans des plantations de tabac dans plusieurs États américains. Dans le même temps, le travail dans les plantations de tabac nuit gravement à la santé physique et mentale des enfants. Selon des reportages, beaucoup d'entre eux présentent des symptômes d'intoxication à la nicotine, notamment des nausées et des maux à la tête, et certains sont même atteints d'infections pulmonaires.

Au fil des années, la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations (CEACR) de l'OIT ne cesse de faire entendre sa voix sur le problème du travail des enfants aux États-Unis et a maintes fois exprimé ses préoccupations sur le nombre élevé d'accidents du travail enregistrés chez les enfants travailleurs. La CEACR exhorte l'administration américaine à renforcer la surveillance sur le travail des enfants dans l'agriculture et à en fournir des statistiques détaillées, en particulier le nombre de cas d'accidents du travail ainsi que les informations concernant les enquêtes et le traitement des cas d'utilisation illégale d'employés mineurs.

Cependant, l'administration américaine fait la sourde oreille aux préoccupations et aux suggestions de l'OIT, sans manifester la moindre amélioration sur le plan du travail des enfants. À l'occasion de l'Année internationale pour l'élimination du travail des enfants, nous espérons que la communauté internationale accordera plus d'attention à la question du travail des enfants aux États-Unis, et poussera l'administration américaine à ratifier le plus rapidement possible la CIDE, à prendre des mesures efficaces pour éliminer le grave problème du travail des enfants dans le pays et à appliquer sérieusement la Convention sur les pires formes de travail des enfants de l'OIT.

Bloomberg : Hier, l'acteur américain John Cena s'est excusé d'avoir appelé Taiwan un « pays », ce qui a été critiqué par le Parti républicain et des médias conservateurs des États-Unis, en disant que cet acte consistait à céder à la Chine. Le Sénateur républicain Tom Cotton a dit que cette excuse était pathétique. Quelle est votre réponse aux propos de Cotton ?

Zhao Lijian : La critique de ces personnes que vous avez mentionnées est sans le moindre fondement. Tout le monde sait quel genre de personne Cotton est. Ses paroles ne sont rien d'autre que ce qui est écrit sur un papier bon à jeter.

Beijing Daily : Le Département d'État des États-Unis a publié le Rapport 2020 sur la liberté de religion dans le monde, annonçant des sanctions imposées à un fonctionnaire chinois. Quelle est la réponse de la Chine en la matière ?

Zhao Lijian : Le soi-disant rapport publié par les États-Unis est plein de préjugés idéologiques, ne tient pas compte des faits, dénigre arbitrairement les politiques religieuses de la Chine et s'ingère gravement dans les affaires intérieures de la Chine. La Chine s'y oppose fermement.

Face aux sanctions unilatérales basées sur des mensonges et de fausses informations prises par les États-Unis contre un individu chinois et au soutien flagrant de ceux-ci à des sectes, la Chine a décidé de sanctionner le membre de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) Johnnie Moore. Il est interdit à Johnnie Moore et à sa famille d'entrer dans la partie continentale de la Chine, et dans les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao.

La Chine exhorte les États-Unis à corriger leur erreur, à supprimer les soi-disant sanctions et à cesser d'utiliser les prétendues questions religieuses pour s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine.

Quotidien du Peuple : Kishore Mahbubani, chercheur à l'Institut de recherche sur l'Asie de l'Université nationale de Singapour, a déclaré lors d'un entretien récent avec Lianhe Zaobao qu'un des grands malentendus des États-Unis sur la Chine était que le peuple chinois souffrait beaucoup de l'oppression du PCC. Selon une étude faisant autorité menée par la Kennedy School de Harvard, « le PCC possède un taux de soutien étonnamment élevé ». Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : En effet, comme le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi l'a montré dans son discours lors d'une session sur la Chine à la Conférence de Munich sur la sécurité, pour comprendre le développement de la Chine, la clé est d'avoir une connaissance objective de l'histoire chinoise et d'évaluer correctement le PCC. En tant que nation ancienne ayant une civilisation cinq fois millénaire, la Chine a eu des moments glorieux et traversé des souffrances. Depuis l'époque moderne, pour sauver la patrie et assurer sa subsistance, le peuple chinois a essayé presque tous les modèles politiques, mais aucun n'a réussi. Finalement, c'est le PCC qui a combiné le marxisme et la réalité de la Chine, a uni et dirigé l'ensemble du peuple chinois pour réaliser l'indépendance et la libération nationales, et a trouvé enfin une voie correcte vers la prospérité et la puissance. Voilà le socialisme aux caractéristiques chinoises. Notamment au cours de ces dernières années, sous la direction du Comité central du PCC rassemblé autour du camarade Xi Jinping, le développement de la Chine a enregistré de nouvelles réalisations historiques, et le socialisme aux caractéristiques chinoises est désormais entré dans une nouvelle ère.

Le PCC met en pratique son engagement initial et sa mission par ses actions concrètes, qui consistent à apporter le bonheur au peuple chinois et à œuvrer au renouveau de la nation chinoise. Il représente toujours les intérêts fondamentaux de l'immense majorité de la population chinoise, sert le peuple de tout son cœur et prend l'intérêt du peuple comme le point de départ et d'arrivée de tout son travail. C'est pourquoi le PCC est profondément soutenu et aimé par le peuple chinois. Selon des enquêtes menées par des institutions internationales faisant autorité, le taux de satisfaction du peuple chinois envers le gouvernement chinois dépasse 90% depuis des années consécutives. Nous sommes convaincus qu'avec le temps, davantage de personnes auront une connaissance objective et correcte sur le PCC.

Reuters : La « Présidente » taiwanaise Tsai Ing-wen a déclaré aujourd'hui que Taiwan n'avait pas réussi à signer un contrat d'achat de vaccins avec la société allemande BioNTech en raison de l'obstruction de la partie continentale de la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Tout d'abord, je dois vous corriger sur un point. Nous ne reconnaissons pas la soi-disant « Présidente » que vous avez mentionnée. Elle n'est qu'une dirigeante d'une région de la Chine. Je ne suis pas au courant des détails de ce que vous avez mentionné. Ce que je peux vous dire, c'est que les canaux permettant à Taiwan d'obtenir des vaccins en provenance de la partie continentale de la Chine sont ouverts. La tentative des autorités de Taiwan visant à profiter de la pandémie pour rechercher l'indépendance ne mènera qu'à une impasse.

Beijing Youth Daily : Le prétendu « Tribunal ouïgour » mis en place par certaines forces antichinoises en collusion avec des organisations du « Turkestan oriental » telles que le Congrès mondial des Ouïgours (WUC) tiendra bientôt une « audience » sur le prétendu « génocide » lié au Xinjiang. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Hier, le gouvernement de la région autonome ouïgoure du Xinjiang a tenu une conférence de presse à Beijing sur les questions liées au Xinjiang, lors de laquelle il a spécialement révélé en détail la nature du prétendu « Tribunal ouïgour » que vous avez mentionné. Je tiens à souligner que le prétendu « Tribunal ouïgour » n'est ni représentatif de la majorité de la population ouïgoure, ni en aucun cas un « tribunal », mais une machine à fabriquer des mensonges. Cette machine à mensonges, bricolée par le WUC, une organisation séparatiste antichinoise de triste renom, en collusion avec d'autres forces antichinoises, est spécialement dédiée à produire et vendre des mensonges, à attaquer et salir le Xinjiang et à s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, dont l'objectif ultime est de « contenir la Chine par le Xinjiang ».

Ce prétendu « Tribunal ouïgour » n'est pas un « organe judiciaire » ou un « processus judiciaire » au sens où nous l'entendons. Il a été fondé par des personnes ayant des arrière-pensées et ne porte aucune rigueur ni aucune autorité. Il s'agit essentiellement d'un spectacle maladroit de l'opinion publique sous l'apparence de la loi. Sous le couvert du mot « tribunal » visant à détourner l'attention, il a recours à la démagogie pour attaquer et salir le Xinjiang et s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine, ce qui est à la fois absurde et illégal.

La création de ce soi-disant « tribunal » n'a aucune base juridique. Selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, les affaires de génocide relèvent soit de la juridiction du tribunal compétent de l'État où l'acte a été commis, soit de la Cour pénale internationale, dont la compétence a été acceptée par les États parties. Les tribunaux de quelques pays ont également jugé des affaires de génocide survenues sur leur propre territoire. En dehors de cela, aucun État, organisation ou individu n'est qualifié ni autorisé à déterminer arbitrairement qu'un autre pays a commis un génocide. Ce soi-disant « tribunal » est une organisation illégale créée en collusion par le WUC et les forces antichinoises de l'Occident, qui n'a aucun droit de tenir une quelconque « audience », et encore moins d'inculper et de déterminer un crime international extrêmement grave. Un tel acte n'est pas seulement une calomnie et une provocation à l'encontre du Xinjiang, mais aussi une grave atteinte au droit international et une profanation flagrante de toutes les victimes de génocide à travers l'histoire.

Fondé sur une position de « présomption de culpabilité », ce prétendu « tribunal » a falsifié des preuves et recruté des acteurs. Les soi-disant « témoins » regroupés ne sont, encore et toujours, que quelques éléments antichinois qui ne font que mentir. Nous avons dénoncé et critiqué ces soi-disant « témoins » à de nombreuses reprises. Peut-être pour couvrir les frais de recrutement des « acteurs », ce prétendu « tribunal » a voulu lever 50 000 livres sterling, mais n'a reçu que plus de 7 000 livres sterling en trois mois. Cela montre à quel point ils sont impopulaires.

Cette machine dédiée à mensonges pense pouvoir faire ce qu'elle veut et faire de grands discours démagogiques sous le camouflage de la loi. Ceux qui en sont à l'origine déclarent ouvertement qu'ils veulent « attirer l'attention et faire pression ». Tout prétendu « verdict » qu'ils produiront ne fera qu'ajouter aux preuves de leur culpabilité dans la propagation de rumeurs. Un mensonge ne peut jamais devenir une vérité, même s'il est répété des milliers de fois. Peu importe les efforts qu'ils déploient pour vendre le spectacle, ils ne peuvent pas changer ni la merveilleuse situation marquée par la stabilité, le développement et la prospérité du Xinjiang, ni le magnifique paysage des personnes de tous les groupes ethniques y vivant dans la paix et le bonheur.

Reuters : Le Président et le Premier Ministre du Mali sont détenus par l'armée depuis lundi soir. Les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont condamné leur détention. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : La Chine suit l'évolution de la situation au Mali et a pris note des reportages concernés. Toujours soutenant le Mali dans sa poursuite de la paix et du développement, la Chine appelle toutes les parties concernées au Mali à agir dans l'intérêt fondamental du pays et de son peuple, et à résoudre leurs divergences par le dialogue et la consultation, afin de maintenir la stabilité et l'unité du pays. La Chine est prête à travailler avec le reste de la communauté internationale pour jouer un rôle constructif à cette fin.

Reuters : Le projet de loi « Ensuring American Global Leadership and Engagement Act » a été présenté mardi à la Chambre des représentants des États-Unis. Ce projet de loi appelle les États-Unis à se coordonner avec leurs alliés pour concurrencer la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Le projet de loi concerné du Congrès américain, au mépris de la réalité, a calomnié et dénigré la voie de développement et les politiques intérieures et extérieures de la Chine, et s'est ingéré dans les affaires intérieures de la Chine et a porté atteinte aux intérêts chinois sur les questions touchant à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Chine. La Chine s'y oppose fermement et défendra résolument ses propres intérêts.

La question de Taiwan est le fondement politique des relations sino-américaines et une ligne rouge à ne pas franchir. Aucune force étrangère n'est autorisée à s'y ingérer. Hong Kong appartient à la Chine. Ce n'est qu'après le retour de Hong Kong à la Chine que les compatriotes de Hong Kong ont véritablement commencé à devenir maîtres de leur destin et à exercer pleinement leurs droits démocratiques. Le prétendu « génocide » des Ouïgours au Xinjiang est un mensonge éhonté fabriqué par quelques forces antichinoises occidentales et il est déjà révélé faux par d'innombrables faits. Les États-Unis abusent du concept de sécurité nationale pour réprimer des entreprises chinoises et endiguer le développement de la Chine. Ces pratiques nuisent à autrui et ne profitent pas aux États-Unis. La Chine poursuit une politique extérieure d'indépendance et de paix et la stratégie d'ouverture mutuellement bénéfique et promeut la construction d'un nouveau type de relations internationales et d'une communauté d'avenir partagé pour l'humanité. Les États-Unis se liguent partout dans le monde, forcent d'autres pays à prendre parti et créent un « petit cercle » contre la Chine. Leurs pratiques sont impopulaires. Nous avons remarqué que le projet de loi concerné comprenait le contenu en matière de soutien au renforcement de la coopération sino-américaine dans les réponses aux défis planétaires tels que le changement climatique. Mais il faut souligner que la coopération ne doit et ne peut être menée que sur la base du respect mutuel.

La Chine exhorte les parlementaires concernés du Congrès américain à abandonner la mentalité de la guerre froide et les préjugés idéologiques, à arrêter de faire des manipulations politiques sur les questions concernant la Chine en fabriquant de fausses informations, à mettre fin à des propos et actes nuisant aux intérêts chinois sous prétexte de la « démocratie » et des « droits de l'homme », à cesser d'examiner et de faire avancer le projet de loi négatif concernant la Chine, à supprimer les articles négatifs relatifs à la Chine et à faire davantage de choses favorables au développement des relations sino-américaines, à la confiance mutuelle et à la coopération entre les deux pays pour créer des conditions propices à leur coopération dans des domaines tels que le changement climatique.

China Daily : Le 25 mai, après que Yuan Keqin, ancien professeur de l'Université d'Éducation de Hokkaido, ait été arrêté par le gouvernement chinois pour espionnage présumé, son fils aîné Yuan Chengji et ses partisans ont organisé une conférence de presse. Ils ont dit espérer que Yuan Keqin pourra être réhabilité et libéré le plus tôt possible et que le Japon et la Chine pourront reprendre des échanges sûrs et rassurants. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Yuan Keqin est un citoyen chinois, mais il se livre depuis longtemps à des activités d'espionnage et de renseignement à la demande d'espions des services de renseignement japonais. Il est soupçonné d'espionnage et a fait l'objet d'une enquête par les autorités chinoises de sûreté de l'État conformément à la loi. Il a avoué sa culpabilité. Avec des faits clairs et des preuves irréfutables, son cas avait été enquêté par le parquet et fait l'objet d'une poursuite. Ce cas a été remis au tribunal pour le jugement.

Je veux poser une question à ceux qui réclament justice pour Yuan Keqin. Ne savez-vous pas les faits ? Ou faites-vous l'innocent en sachant parfaitement de quoi il s'agit ? La Chine est un État de droit. Ceux qui mettent en danger la sécurité nationale seront certainement soumis aux punitions de la loi. Toute tentative de profiter de ce cas pour ternir l'image de la Chine et s'immiscer dans la justice chinoise est vouée à l'échec.

Cela me rappelle plusieurs cas survenus ces dernières années où des citoyens japonais ont violé la loi chinoise pour soupçon d'espionnage. Il n'est pas difficile de voir qui a entravé les échanges humains normaux entre la Chine et le Japon. Je tiens à souligner que la Chine ne changera pas sa position consistant à soutenir les échanges humains normaux entre les deux pays. Dans le même temps, la Chine lutte résolument contre les activités illégales et criminelles mettant en danger la sécurité nationale de la Chine conformément à la loi.

AFP : Selon des reportages, le Secrétaire américain à la Défense a tenté de prendre contact avec son homologue de l'armée chinoise mais en vain. Il semble que la partie chinoise lui a refusé un entretien téléphonique. Pourriez-vous le confirmer et présenter des informations concernées ?

Zhao Lijian: Je ne suis pas au courant de ce que vous avez mentionné. Veuillez poser votre question au Ministère de la Défense nationale.