Conférence de presse du 27 mai 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/05/27

Reuters : Tsai Ing-wen a dit hier que Taiwan n’avait pas pu conclure un accord avec la compagnie allemande BioNTech sur l’achat de vaccins contre la COVID-19 à cause de l’obstruction de la partie continentale de la Chine. Pourriez-vous le confirmer et en présenter la raison ?

Zhao Lijian : Vous n’avez peut-être pas assisté à la conférence de presse d’hier au cours de laquelle j’y ai déjà répondu.

Reuters : Ce matin, un tribunal de Beijing n’a pas autorisé l’Ambassadeur australien en Chine à assister au jugement de l’affaire du citoyen australien Yang Jun. Pourriez-vous en présenter la raison ?

Zhao Lijian : Le 7 octobre 2020, après avoir enquêté conformément à la loi, la deuxième branche du Parquet populaire de la municipalité de Beijing a officiellement poursuivi le prévenu Yang Jun, de nationalité australienne, devant le deuxième Tribunal populaire intermédiaire de la municipalité de Beijing pour crime d’espionnage. Celui-ci a ouvert le procès le 27 mai pour juger l’affaire conformément à la loi. Pour le moment, l’affaire est en cours de jugement et le tribunal rendra son verdict à une date qui convient. Les autorités judiciaires chinoises traitent les affaires dans le strict respect de la loi et ont bien protégé tous les droits de procès de Yang Jun. Elles ont pleinement respecté et assuré les droits consulaires de la partie australienne, y compris la visite et la réception des notifications.

Conformément à la loi chinoise, les procès impliquant des secrets d’État ont lieu à huis clos et personne n’est autorisé à y assister. Cela se pratique dans beaucoup de pays. Comme l’affaire du citoyen australien Yang Jun implique des secrets d’État, il est tout à fait légal et légitime de le juger à huis clos et de ne pas autoriser d’audience. La Chine s’oppose fermement à l’intervention injustifiée dans l’enquête légale de la Chine et à l’ingérence grossière de la souveraineté judiciaire chinoise de la partie australienne, et a effectué une démarche solennelle auprès de celle-ci.

NPR : Le Président américain Joe Biden a ordonné hier aux services de renseignement américains de mener une enquête pour savoir si le nouveau coronavirus provenait d’un animal infecté ou d’une fuite d’un laboratoire chinois. Quels sont les commentaires de la partie chinoise à ce sujet ?

Zhao Lijian : J’ai remarqué les reportages concernés. J’ai aussi remarqué que le Président Biden avait déclaré que les États-Unis continueraient de coopérer avec les partenaires partageant les mêmes visions afin d’exhorter la Chine à participer à une enquête internationale globale, transparente et fondée sur des preuves.

J’ai déjà présenté hier le travail accompli et les efforts déployés par la Chine pour soutenir l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans la recherche pour le traçage de l’origine du virus à l’échelle mondiale. La conclusion selon laquelle une fuite d’un laboratoire chinois est extrêmement improbable a été clairement consignée dans le rapport d’étude de l’équipe conjointe de l’OMS. Il s’agit d’une conclusion faisant autorité, officielle et scientifique. Les experts internationaux de l’équipe conjointe ont apprécié positivement, à maintes reprises et à différentes occasions, l’attitude ouverte et transparente de la partie chinoise.

Cependant, certaines personnes aux États-Unis ont ignoré complètement les faits et la science, ainsi que les nombreux doutes sur leur propre traçage de l’origine du virus et la réalité amère de l’échec de la lutte américaine contre la pandémie, et ont fait du tapage à plusieurs reprises autour du lancement d’une enquête sur la Chine. Cela démontre pleinement que les États-Unis ne se soucient point des faits ni de la vérité, et n’ont aucun intérêt de mener un traçage sérieux et scientifique de l’origine du virus, mais qu’ils veulent faire de la stigmatisation et des manipulations politiques sous prétexte de la pandémie de COVID-19 tout en rejetant les responsabilités sur autrui. C’est un manque de respect envers la science, une attitude irresponsable vis-à-vis de la vie du peuple et une atteinte aux efforts mondiaux dans la lutte solidaire contre la COVID-19. Avec leur nombre de cas confirmés et de décès de la COVID-19 ayant dépassé respectivement 33 millions et 600 000, les États-Unis se placent au premier rang mondial en la matière. Au lieu d’y réfléchir en profondeur, les États-Unis tentent de rejeter les responsabilités sur la Chine. Je voudrais demander quelles sont leurs réelles intentions ? Ne vont-ils pas souffrir d’une condamnation de leur conscience ?

Je tiens également à souligner que Fort Detrick est entourée de doutes, et que plus de 200 laboratoires biologiques américains sont présents dans le monde entier. Combien de secrets y sont-ils cachés ? En juillet 2019, des maladies respiratoires inexpliquées sont apparues dans le nord de la Virginie, une épidémie massive de la « maladie pulmonaire liée au vapotage » (EVALI) s’est produite dans le Wisconsin, qu’est-ce qui s’y cache ? Quand les États-Unis publieront-ils à la communauté internationale les données et les informations détaillées sur les cas de ces maladies ? Les États-Unis doivent une explication à la communauté internationale.

La partie américaine réclame tout le temps à la Chine une enquête internationale globale, transparente et fondée sur des preuves, nous leur demandons donc, à l’instar de la Chine, d’entamer immédiatement une coopération scientifique en matière de traçage de l’origine du virus avec l’OMS en adoptant une attitude scientifique, de mener une enquête internationale globale, transparente et fondée sur des preuves aux États-Unis et de répondre pleinement aux préoccupations de la communauté internationale afin d’apporter une contribution positive à la victoire rapide de l’humanité contre l’épidémie et à une meilleure réponse aux futures urgences de santé publique.

Enfin, je tiens également à dire que cette fois, les États-Unis tentent de mobiliser leurs forces de renseignement pour mener une soi-disant « enquête », leurs motivations et objectifs sont très évidents. En fait, l’histoire sombre des services de renseignement des États-Unis est bien connue de tous depuis longtemps. À l’époque, ils ont pris un petit tube de lessive en poudre pour justifier que l’Iraq disposait des armes de destruction massive, et ont fait monter par des « Casques blancs » une soi-disant vidéo sur l’« attaque chimique en Syrie », tout cela relève des « chefs-d’œuvre » des services de renseignement des États-Unis. L’ancien Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré de manière éhontée : « J’étais directeur de l’Agence centrale du Renseignement (CIA), nous avons menti, nous avons trompé, nous avons volé. Nous avions tout un cursus de formation. Cela vous rappelle la gloire de l’expérience américaine. » Que peut-on attendre des résultats d’une soi-disant « enquête » menée par un tel organe de renseignement sans aucune crédibilité ?

AFP : Des responsables dans le domaine du commerce de la Chine et des États-Unis ont mené récemment un dialogue franc et pragmatique. Quels signaux ce dialogue émet-il sur la relation commerciale et la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ? Les mesures de taxes douanières supplémentaires prises auparavant seraient-elles annulées ?

Zhao Lijian : Le matin du 27 mai, Liu He, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d’État et coordinateur chinois pour le dialogue économique global sino-américain, a eu un entretien téléphonique avec la Représentante américaine au Commerce Katherine Tai. Dans un esprit d’égalité et de respect mutuel, les deux parties ont eu des échanges francs, pragmatiques et constructifs. Les deux parties ont trouvé très important le développement du commerce bilatéral, échangé des points de vue sur les questions d’intérêt commun et sont convenues de maintenir la communication. Concernant les informations précises, veuillez vous informer auprès des autorités compétentes.

China Review News : Selon des reportages, le Ministre de la Santé et du Bien-être de la République de Corée Kwon Deok-cheol a prononcé un discours lors d’une visioconférence de l’Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue le 25 mai, exhortant le gouvernement japonais et la communauté internationale à vérifier strictement les informations relatives à la sécurité de la décision de rejeter l’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima dans la mer. Récemment, le Sénateur pakistanais Dr. Afnan Ullah Khan a également pris la parole pour condamner la décision unilatérale du Japon de déverser l’eau contaminée dans la mer et a exhorté le Japon à retirer cette mauvaise décision. En outre, des pêcheurs pakistanais ont organisé une manifestation à Gwadar pour protester contre la mauvaise décision de la partie japonaise. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Nous avons remarqué les reportages concernés. Les déclarations de la République de Corée et du Pakistan prouvent une fois de plus que la soi-disant « sécurité » dont se targue unilatéralement la partie japonaise ne suffit pas à convaincre la communauté internationale. Les pays sont de plus en plus nombreux à s’opposer à la mauvaise décision du Japon.

J’ai quelques questions à poser au Japon : premièrement, la sécurité et la fiabilité des prétendues méthodes de traitement que le Japon ne cesse de vanter ont-elles été approuvées par les parties prenantes de cette affaire ? Deuxièmement, étant donné que la Compagnie d’électricité de Tokyo (TEPCO) fait souvent l’objet des scandales liés à la dissimulation et à la falsification des données, comment la partie japonaise peut-elle garantir l’authenticité des informations et des données fournies unilatéralement par cette entreprise ? Troisièmement, un politicien du Japon a ouvertement dit que l’eau contaminée serait buvable après le traitement, mais pourquoi n’ose-t-il toujours pas en boire lui-même afin de se justifier ? Quatrièmement, face à la vague de contestation dans le pays et à l’étranger, quand le Japon retirera-t-il sa mauvaise décision ?

La question du traitement de l’eau contaminée issue de l’accident nucléaire de Fukushima touche à l’environnement écologique mondial, ainsi qu’à la vie et à la santé des peuples de tous les pays. Des avis doivent être sollicités dans toutes les parties prenantes, notamment dans les pays voisins du Japon, et d’amples consultations entre eux sont nécessaires. Cette question doit également être évaluée et discutée dans des cadres tels que les Nations Unies, l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Actuellement, l’AIEA travaille sur un groupe de travail technique et a confirmé que des experts de la Chine et de la République de Corée seraient invités à y participer. La Chine soutiendra avec tous ses efforts les travaux en la matière et encouragera le Japon à répondre aux préoccupations de la Chine, des autres parties prenantes et du reste de la communauté internationale. Le Japon doit faire preuve de sincérité, assumer ses responsabilités, protéger l’environnement dont dépend l’humanité tout entière, et s’abstenir de faire tout ce qui portera préjudice aux générations actuelles et futures.

Bloomberg : Premièrement, l’un des moyens pour tracer l’origine du nouveau coronavirus est que la Chine fournit toutes les données concernées aux scientifiques du monde, y compris ceux des États-Unis. La Chine prendra-t-elle en compte cette option ? Sinon, pourquoi ? Deuxièmement, le plus haut responsable des affaires de l’Asie de la Maison Blanche Kurt Campbell a dit que les États-Unis entraient dans une période de concurrence intense avec la Chine. Selon lui, la période qui a été largement décrite comme la période d’engagement est révolue, la concurrence deviendra le modèle principal. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères ? Troisièmement, concernant le procès à Beijing du citoyen australien Yang Jun. Le tribunal a dit à l’Ambassadeur d’Australie en Chine qu’il n’était pas autorisé à y assister en raison du contrôle sanitaire. En même temps, le Ministère des Affaires étrangères a dit que le procès était à huis clos à cause de la sécurité nationale. Pourriez-vous expliquer quelle est la vraie raison ?

Zhao Lijian : En ce qui concerne le cas de Yang Jun, nous avons bien informé la partie australienne : il s’agit d’une affaire liée à la sécurité nationale et aux secrets d’État. Comme je l’ai déjà dit tout à l’heure, la Chine s’oppose fermement à l’obstruction australienne injustifiable du traitement de l’affaire par la Chine conformément à la loi, et à son ingérence grossière dans la souveraineté judiciaire de la Chine. La Chine a formulé des représentations solennelles à la partie australienne.

Concernant votre première question, comme nous l’avons présenté à plusieurs reprises, du 14 janvier au 10 février de cette année, la Chine, dans un esprit ouvert, transparent et coopératif, a répondu à la demande du groupe d’experts internationaux en organisant des visites sur le terrain dans différentes sortes de laboratoires de biosécurité, y compris l’Institut de virologie de Wuhan, lors desquelles le groupe d’experts internationaux a mené des discussions approfondies, franches et scientifiques avec les experts des laboratoires concernés. Ils ont appris en détail la gestion des laboratoires, leurs protocoles de travail et leurs recherches récentes sur les virus. On peut dire que le groupe d’experts internationaux est allé à tous les endroits qu’il voulait voir.

La Chine a donné un exemple dans les recherches internationales pour le traçage du virus. La question pour le moment est de savoir si les États-Unis ont la confiance et la volonté d’inviter des experts internationaux à Fort Detrick, ainsi que dans ses plus de 200 laboratoires biologiques dans le monde entier. Nous espérons que les États-Unis suivront l’exemple de la Chine et coopéreront avec l’OMS dans les recherches sur l’origine du virus avec une attitude scientifique, afin de répondre aux préoccupations de la communauté internationale.

Quant à votre deuxième question, la Chine et les États-Unis, en tant que deux grands pays, partagent de larges intérêts communs dans les domaines du maintien de la paix et de la stabilité mondiales et de la promotion de la reprise et du développement de l’économie mondiale. Les deux parties ont tout à gagner à coopérer et tout à perdre à se battre. Il est tout à fait naturel que la Chine et les États-Unis, comme tout autre grand pays, sont parfois en position de concurrence dans leurs relations. Cependant, il est totalement erroné d’utiliser la « concurrence » pour définir ou dominer les relations sino-américaines, ce qui ne mènera qu’à la confrontation et au conflit. Bien qu’il y ait de la concurrence, elle doit être positive, permettant à chacun de s’améliorer et de se développer ensemble, au lieu de devenir un jeu à somme nulle où le gagnant prend tout. La Chine rejette fermement les mesures américaines visant à exclure et à contenir la Chine au nom de la concurrence.

La partie américaine devra répondre au courant de l’époque, renoncer aux mentalités démodées de la guerre froide et du jeu à somme nulle, envisager la Chine de façon objective et rationnelle, prendre des politiques positives à l’égard de la Chine, aller dans le même sens que la Chine, renforcer le dialogue, gérer les divergences et se concentrer sur la coopération, afin de faire avancer les relations sino-américaines sur la voie du développement sain et stable.